CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Fribourg. — Scs premières annales. — Sa physionomie. — Sa situation. - — La terrasse de l’hôtel Zaehringen. — Le pont suspendu. — Les anciennes tours. — Veit Vebcr. — Le vallon de Gotteron. — Le voyageur et l’ambitieux. — Le tilleul de. Fribourg. — Le pensionnat des jésuites. — La cathédrale. — Le portail. — L’orgue. — Le poëme des Alpes. — M. Vogt. — Fribourg ville littéraire. — Le ranz des vaches. — Caractère et mœurs des Fribourgeois. — Amusements et fêtes populaires. — Le Moléson. — Les sorcières. — Gruyères. — Ancienne tradition — La grue. — Les comtes de Gruyères. — Leur prospérité. — Leur décadence.
liaient sua fa ta libelli! disaient les anciens; et des villes, et des États grands et petits, et de toutes les choses humaines, ne devons-nous pas dire à tout instant : liaient sua fatal J’ai quitté
Berne, et en une heure le chemin de fer m’a transporté à Fri-
bourg. Entre les premières pages de l’histoire de l’une et de l’antre de ces deux villes, quelle analogie! Et ensuite quelle dillérence! En 1179, un duc de Zaehringen fonde sur une colline, baignée de trois côtés par laSarine, la ville de Fribourg . En 1191 , un autre duc de Zaehringen fonde sur une colline, baignée de trois côtés par l’Aar, la ville de Berne. Si, pour créer cette nouvelle cité, il eût cherché une situation semblable à celle de Fribourg, il n’aurait pu mieux réussir. Fribourg fut dotée d’une constitution qui justifiait son nom de Freiburg (bourg libre). Berne reçut de son fondateur une pareille constitution. Les deux villes furent successivement soumises au protectorat des comtes de Savoie, des