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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

considérées et regardées au plaisir de notre seigneur, pour faire le plus de bien et le moins de mal; je vois les grands inconvéniens et les grands malheurs qui jà sont venus au tems passé pour ses mauvais mensonges; dont il appert, que, en ont été gens meurtris et mis à mort; j’ai regardé le temps présent, comment ce qui touche votre personne qui êtes mon souverain seigneur, et vois la tendresse de votre âge, et comment votre pays a besoin de repos, et que, si nous qui sommes vos sujets, fussions bien advisés, nous dussions être tous unis pour vous aider à passer le tems jusqu’à âge d’homme. J’ai regardé le tems à venir, comme vos gens sont en erreurs et en grandes discussions pour celte mauvaise information, et que chacun jour en pourrait advenir si grands maux cl plus grands que messire Gérard deStavayé, ne moi, ne pourrions émander : et pour ce, mon très-redouté et puissant seigneur, j’ai dit au commencement, comment le défendant peut et doit avoir quarante jours de dilation si besoin lui est, je vous signifie que, la mercy de notre seigneur, je n’ai besoin de dilation; car, premièrement, ma querelle est bonne et vraie, et ai grand’cause de moi défendre; et touchant ma conscience et mes péchés, je suis eu la miséricorde de celui qui est plus plein de mercy que je ne puis être peschable, et me lie en lui de cetlui fait, car il me sera vrai juge, et je sens mon corps et mes membres en santé et en haleine, et suis pourvu d’harnois, d’armes et de chevaux en cette ville, et il n’est pas en la puissance de celui qui m’appelle, s’il ne vous plaît, qu’il puisse avoir plus de dilation, et je, qui suis défendant, ne requiers point; et, Dieu le sait! non par orgueil ni par envie que j’ai de tollir la vie de nul chrétien, fors que ainsi je suis contraint de défendre ma vie et mon honneur, et l’état en quoi Dieu m’a convoqué; et aussi, je me offre de moi défendre toutes heures qu’il vous plaira, soit hui ou demain, ou quel jour vous voudrez, et, pour l’ordonnance de vous et de votre honorable et sage conseil, à l’aide de Dieu et de sainte Anne, j’en ferai si* avant et par telle manière, que mon honneur il sera très-

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