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CHAPITRE DIX -HUITIÈME

la nuit en plein air, sur cette troide montagne, dans cette sombre atmosphère, était, il laut le dire, fort peu réjouissante. Api •ès nous avoir conduits encore quelques instants, de long en large, sur la cime rocailleuse, le brave homme, bien sur cependant de 11e pas s’être trompé dans sa direction, poussa de toutes ses forces un cri qui résonna au loin dans le silence des ténèbres. A ce cri d’anxiété, plusieurs voix répondirent par une vibrante acclamation; c’étaient les armaillés duchalet, que la profonde obscurité de la nuit nous empêchait de distinguer. Nous n’en étions qu’à quelques centaines de pas. Nous nous dirigeâmes avec joie du côté de la rustique demeure, où nous allions trouver au moins un asile contre la pluie et un feu bienfaisant. Il était près de minuit. Nous avions marché pendant quatre heures, et nous étions, des pieds à la tête, trempés par une pluie glaciale.

E11 arrivant, nous aperçûmes les bonnes gens de la cabane qui venaient à notre rencontre, et répétaient leur cri pour nous guider dans notre marche. Ils se hâtèrent de nous conduire auprès de leur foyer, où pétillait encore la flamme de deux troncs de sapins, et voulurent eux-mêmes nous ôter nos chaussures. Tandis que deux d’entre eux travaillaient à nous rendre cet humble service, un autre allait nous chercher de gros sabots, et le fruitier nous offrait une jatte de lait frais.

Grâce à tous ces bons soins, nous nous trouvâmes en un instant réchauffés et reposés. Notre conducteur tira de sa besace nos provisions et les étala sur un banc. Nous invitâmes nos hôtes à partager notre souper, à boire une de nos bouteilles de vin, ce qui était pour eux un luxe rare, et, par reconnaissance, ils demandèrent à coucher sur les dalles du foyer et à nous céder leur lit. Ce lit était, je dois T avouer, d’un aspect peu attrayant. Il me rappelait ceux des cabanes d’Islande, où nous n’osions entrer qu’en nous enveloppant le corps d’un sac en toile, muni d’un capuchon qui nous garantissait le visage contre un fâcheux contact. Une botte

de foin ou de paille jetée dans quelque coin de 1 habitation m’eùt

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