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CHAPITRE CINQUIÈME

dans ses plaines arides, sur ses froides montagnes, suffit à tous ses besoins.

L’habitant des Cordilières attache un grand prix à l’alpaga et à la vigogne.

L’Arabe chante dans ses poésies, avec enthousiasme, les qualités du cheval.

« Mon cheval, dit un de ces chants, est le seigneur des chevaux; il est blanc comme le pigeon sous l’ombre, et ses crins noirs sont ondoyants; il peut la soif, il peut la faim, il devance le coup d’œil, et, véritable buveur d’air, il noircit le cœur de nos ennemis; aux jours où les fusils se touchent, mon cheval est l’orgueil du pays. »

« Les biens de ce monde, dit un autre poëme arabe, seront jusqu’au jour du jugement dernier pendus aux crins qui sont entre les yeux de nos chevaux. »

De nombreuses tribus des régions de l’Orient rendent le même hommage à la patience et à la vigueur des chevaux.

Des races indiennes professent une sorte de culte pour l’éléphant.

LesTartares adorent le lama.

Sans aller si loin, ne voyons- nous pas notre grave voisin d’Angleterre se passionner pour ses chevaux de course, étudier leurs qualités, observer avec un vive sollicitude leur développement, et constater avec soin leur filiation dans son stud-book?

Ils méritent bien aussi d’être loués et aimés les iidèles, les courageux chiens du Saint-Bernard! Comme les lines juments de l’Arabie, comme les plus agiles coursiers de l’Angleterre, ils doivent avoir leurs titres généalogiques; cependant on ne peut dire comment leur noble race s’est formée. Selon quelques naturalistes, ils proviennent du croisement d’un dogue anglais avec un chien d’arrêt espagnol; selon d’autres, du croisement d’un chien de berger bergamesque avec un chien danois, qu’un comte napolitain ramena du Nord. Pour moi, je ne voudrais point, si je le pouvais, rechercher leur origine; il me plaît, au contraire, qu’elle

soit si incertaine : il me semble que la Providence les a lait naître dans la sauvage montagne pour secourir les voyageurs, et il me semble qu’ils ont eux-mêmes l’intuition de leur devoir, le sentiment de leur utilité. A peine les petits commencent-ils à se mouvoir, qu’ils plongent leur museau dans la neige et la flairent comme s’ils y cherchaient quelque chose. Quand ils sont arrivés à leur entier développement, non seulement, comme lions l’avons dit, ils accompagnent on devancent le marronnier et le prêtre dans ses charitables excursions, mais ils entreprennent d’eux-mêmes de longues courses dans les ravins et les abîmes. S’ils trouvent un homme gelé, ils retournent rapidement vers le cloître, aboient de toutes leurs forces et ramènent les religieux vers l’endroit où ils ont fait leur découverte; quand ils passent près d’une avalanche récemment écroulée, ils la flairent pour s’assurer qu’elle 11e recouvre personne, et s’ils 'distinguent quelques traces humaines, ils les fouillent avec leurs ongles vigoureux jusqu’à ce qu’ils atteignent la victime qui est enfouie. S’ils 11e peuvent y parvenir, ils vont à l’hospice chercher des auxiliaires.

U11 raconte des traits de leur sagacité que l’on ne pourrait croire, s’ils n’étaient attestés par des gens dignes de foi : en voici un entre autres qui révèle chez ces animaux un instinct vraiment prodigieux. U11 matin, des religieux, ayant fait leur descente accoutumée, remontaient a ers le couvent par le sentier qu’ils avaient péniblement frayé. Les chiens pourtant couraient d’un autre côté, puis revenaient vers leurs maîtres en jappant et en les tirant par leurs vêtements; les religieux les suivirent, et quelques instants après, sur le chemin par où ils voulaient passer, s’écroulait une avalanche dans laquelle ils eussent été infailliblement engloutis s’ils avaient persisté dans leur première résolution. Par quel flair, par quelle sorte de divination, ces chiens avaient-ils reconnu le danger menaçant? C’est un de ces problèmes d’histoire naturelle que la science 11e peut expliquer.

Ces vaillants, ces intelligents chiens, ont leur héros, leur

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