RETOUR DE LA MER MORTE, PAR MAR-SABA
Tandis que la plus grande partie de la Palestine est d'un climat tempéré, la vallée du Jourdain et surtout la plaine de Jéricho et le bassin de la Mer morte ont le climat des tropiques. Ce fait est dû en partie à leur situation, beaucoup au-dessous du niveau de la Méditerranée, — en partie aussi aux parois de rochers nus dans lesquels ils sont encaissés. Pendant l'été, la chaleur y est insoutenable et les habitants de Jérusalem osent à peine s'y aventurer; l'hiver est le seul printemps de Jéricho. On peut se figurer de quel agrément devait être jadis pour les Juifs la proximité de ces deux villes, qui ne sont guère plus distantes l'une de l'autre que Paris ne l'est de Versailles. En passant l'été sur les fraîches montagnes de Jérusalem ou de Bethléhem et l'hiver sous les palmiers de Jéricho, à l'abri de ces grands rochers réchauffés par le soleil, on pouvait se procurer sans grande peine les délices d'une température toujours douce et bienfaisante et d'un éternel printemps.
JUDÉE
Quand nous quittons les bords de la Mer morte, — à 8 ou 9 heures du matin, — les rayons du soleil commencent déjà à être accablants. Nous ne prenons pas pour retourner à Jérusalem le chemin par lequel nous sommes venus; nous suivons une autre ligne, plus au sud, et qui doit nous faire passer par le couvent de Mâr-Saba. Nous montons par des chemins rapides et étroits, taillés en biseau au penchant de hautes montagnes, plus hautes et plus arides encore que celles que nous avons traversées hier. Ici, pendant longtemps, nous n'apercevons plus aucune végétation; du sable, toujours du sable. De loin, sur un de ces sommets, on me fait remarquer une pyramide que les Mahométans considèrent comme le tombeau de Moïse. Enfin, par-ci par-là apparaissent quelques brins d'herbe, — non pas quelques touffes, mais quelques brins seulement. Sur un large plateau paissent épars une centaine de chameaux, sous la surveillance d'un seul berger; — plus loin, des troupeaux de moutons et de chèvres. Nous arrivons à un campement de pasteurs nomades : leurs tentes, rangées en cercle, sont faites de laine noire ; c'est à ces tentes de bergers arabes que la Sulamithe compare son teint bruni par le soleil : «Je suis noire comme les tentes cle Kédar. »4 C'est ici (ou plutôt un peu plus au sud) que les bergers d'Abraham et ceux de Loth faisaient paître leurs immenses troupeaux. D'ici aussi, du haut de la montagne que nous traversions tout à l'heure, Loth aurait vu cette plaine du
4 Cant. I, 5. Kédar était fils dlsmaël (Gen. XXV, 13). Ses descendants furent bergers (Esaïe LX, 7) et habitant sous des tentes, c'est-à-dire nomades (Esaïe XLII. 11).
JUDÉE
Jourdain, alors si bien arrosée1 . On comprend quelle fascination devaient exercer sur lui ces riantes campagnes, contemplées du haut de ces rochers arides. Le contraste n'aurait pu être plus complet : ici c'était le désert, là-bas la végétation luxuriante des régions tropicales.
Je parle de végétation luxuriante, et pourtant ce que j'ai dit de la plaine de Jéricho n'a pas dû en donner l'idée; la végétation n'y est puissante que sur les bords immédiats du Jourdain. Mais il est aisé de voir que l'humidité seule y manque, et l'on peut se figurer quelle était la fertilité de cette contrée dans le temps où Jéricho avait encore sa grande forêt de palmiers, et plus de pluie par conséquent qu'elle ne peut en avoir aujourd'hui. Au reste, l'Arabah, c'est-à-dire la partie de ce pays où s'élevait jadis Sodome, le sud de la Mer morte, le Ghôr, est de nos jours encore remarquable par l'exubérance de la végétation. Quelque temps après mon retour de Jéricho, j'ai rencontré chez M. Gobât un naturaliste suisse, le docteur Jost, de Schaffhouse, qui a beaucoup exploré la Palestine et les pays environnants. Il arrivait précisément du pays de Moab et de l'Arabah, et était encore tout émerveillé de la puissance que déploie la végétation dans cette belle oasis du sud delà Mer morte; Yasclépias, par exemple, me disait-il, qui n'est à Jéricho qu'un arbuste, est là-bas un arbre magnifique.
Les bergers nous reçoivent avec hospitalité sous leurs tentes, ils nous présentent du lait de chamelle et nous demandent du tabac. Après une courte halte et quelques
4 Genèse XIII , 10.
JUDÉE
heures de marche, pendant lesquelles nous n'apercevons aucune trace de vie, nous arrivons à un chemin taillé dans le roc et bordé d'un mur en pierres brutes. Bientôt nous apercevons à nos pieds un ravin profond et étroit, au fond duquel une ligne de cailloux blancs dessine, entre des rochers de calcaire jaune, le lit desséché du Cédron. Ceci est d'un aspect tout différent de ce que nous avons vu hier. Au lieu des montagnes de sable arrondies en coupoles, ce sont des rochers à pic d'une hauteur qui donne le vertige, des gorges affreuses, — en un mot, ce qu'on nomme un paysage romantique. La route suit le sommet d'une des montagnes qui bordent le ravin et bientôt on aperçoit — sur la pente quasi-verticale du rocher — le monastère grec de Saint-Saba.
Cet antique couvent a l'air d'une forteresse et en est une en effet. Obligé de se protéger contre les voleurs et contre les infidèles, il est fortifié du côté du sommet de la montagne par un mur crénelé , flanqué de deux grosses tours ; du côté opposé , le précipice le défend suffisamment.
Sur les flancs escarpés du ravin, — des deux côtés, — on aperçoit les ouvertures d'un grand nombre de grottes, en apparence inaccessibles; on dit qu'il y en a des milliers et qu'elles se trouvent sur l'espace de plusieurs lieues dans la vallée du Cédron. Quelques-unes ont été taillées par la main de l'homme, d'autres sont naturelles et on n'a fait que les agrandir. Ces grottes sont un trait caractéristique de la géographie de ce pays, aussi bien que de son histoire . Il en est sans cesse question dans la Bible . Ainsi , par exemple, — sans parler des autres grottes
JUDÉE
sépulcrales, — la caverne de Macpéla où fut enterré Abraham1, celle où Loth se retira après le désastre de Sodome2, celle de Makkéda où s'étaient cachés le roi de Jérusalem et ses alliés après la bataille de Gabaon3, enfin celles qui servaient de forteresses à David et à ses gens pendant leur vie d'aventures4. Nous voyons par ces exemples et par d'autres comment, de bonne heure déjà, on en tira parti non-seulement pour la demeure des morts, mais souvent pour celle des vivants; il paraîtrait même par un passage du livre des Juges que, pendant une époque de leur histoire, les Israélites se virent contraints par la crainte des Madianites à augmenter encore le nombre de ces grottes et à se faire troglodytes5. Quand Gédéon les eut délivrés de la tyrannie de Madian, chacun sortit peu à peu de son trou, mais le souvenir de ce genre de vie ne se perdit pas entièrement et , dans les moments de panique, le peuple retrouvait bien vite ses cachettes souterraines6. Aussi cette image est-elle toujours vivante dans les menaces des prophètes, où elle représente le degré le plus extrême de la frayeur et de la détresse7.
A une époque toute différente, sous le règne des Asmonéens et des Hérodes, ces cellules se repeuplèrent
1 Gen. XXIII, 9 et suivants; XXV, 9.
2 Gen. XIX, 30.
3 Jos. X, 16.
" 1 Sam. XXII. 1 ; XXIV, 4.
3 Juges VI , 2.
6 1 Sam. XIII, 6.
7 Esaïe II. 19. Apoc. VI , 15.
JUDÉE
de pieux Israélites , qui vinrent chercher un abri contre les maux de la civilisation, dans ces mêmes lieux où leurs pères avaient trouvé un refuge dans des temps de barbarie. Les montagnes à l'ouest de la Mer morte furent, au dire de Pline, le principal séjour des cénobites esséniens. Plus tard, dans les premiers siècles du christianisme, elles devinrent l'asile des ermites chrétiens : on prétend qu'il y en eut là jusqu'à onze mille !
C'est une poétique histoire, et qui fait longtemps rêver, — celle de ce peuple de solitaires, suspendus comme des ombres entre la terre et le ciel, sans lois et sans société, — sans autre roi que Dieu, sans autre langue que la prière, — histoire mystérieuse, d'autant plus belle qu'elle n'a jamais été faite et qu'elle ne le sera jamais, et qui n'eut d'autres témoins que les rochers muets de la vallée du Cédron. Aujourd'hui, on voit s'échapper de ces grottes des vols de ces beaux pigeons bleus, à la voix douce et plaintive \ qui font leur habitation dans les fentes des rochers, dans les enfoncements des lieux escarpés-.
À la fin du cinquième siècle , saint Saba rangea à la vie cénobitique les ermites de cette thébaïde. Saint Jean Darnascène et d'autres encore ont illustré ce couvent, qui subsiste jusqu'à aujourd'hui , vénérable monument des anciens âges de l'Eglise. Bien des fois, et de nos jours encore, il a été pris par les Musulmans ; bien des fois, il a eu à souffrir le pillage et les moines qui l'habitaient ont été massacrés ou ont péri dans les tortures.
1 Esaie XXXVIII . 14.
2 Cant. II. 14.
JUDÉE
Nous dressons nos tentes un peu plus haut et , après un moment de repos, nous nous présentons à la porte du monastère. L'entrée en est absolument interdite aux femmes ; s'il en est qui fassent appel à l'hospitalité, on les loge dans une des tours qui défendent la muraille. Quant aux hommes , ils ne sont admis qu'en présentant une lettre de recommandation : nous en avons deux, l'une du consul américain de Jérusalem , l'autre du patriarche grec. Nous sommes accueillis par deux vieux moines , à figure bienveillante et à grande barbe blanche (l'un d'eux est le supérieur), et par un jeune religieux à physionomie douce et modeste. Ils appartiennent à l'ordre de saint Basile ; leur costume consiste en une robe de toile bleue, avec un caftan noir par dessus ; ils sont coiffés d'un bonnet noir, rond et à fond plat, et portent la barbe et les cheveux longs.
Les religieux nous font très-gracieusement les honneurs de leur retraite. L'église est belle, l'iconostase en est fort riche , les peintures dont elle est chargée sont toutes des présents de l'empereur de Russie. Dans la cour, on voit le tombeau de saint Saba.
On nous fait passer devant les cellules des moines : sur la porte de chacune d'elles, on lit uniformément cette inscription, en grec: Christ soit avec nous! Puis on nous conduit à un petit jardin où s'élève un dattier, que l'on nous montre comme la grande merveille de Mâr- Saba ; ses fruits n'ont pas de noyau et donnent des enfants aux femmes qui en sont privées.
Une autre curiosité du couvent, ce sont ses cloches, les seules, nous dit-on, qu'il y ait dans tout l'empire
JUDÉE
ottoman. Ceci a pu être vrai , mais aujourd'hui l'intolérance du gouvernement turc s'est singulièrement relâchée et j'ai vu bien d'autres cloches en Palestine. Ce qui m'intéresse davantage, c'est l'ancienne église du monastère, qui est une grotte, une laura, comme l'étaient jadis les demeures des moines eux-mêmes ; j'y remarque un baptistère très-profond , dont on se sert — ou du moins dont on s'est servi — pour baptiser par immersion, selon l'usage grec , les infidèles adultes convertis au christianisme.
Le monastère de Saint-Saba a , me dit-on , pour vassaux quelques familles de Bédouins, qui se chargent de veiller à sa défense en montant la garde autour de ses murs. Ce sont elles aussi qui lui apportent de Jérusalem, de la part du patriarche, les vivres nécessaires à son entretien. Cette relation féodale , dont on ne m'a pas dit l'origine, se perpétue par le soin qu'ont les moines de placer journellement dans un tour quelques provisions, dont les Bédouins font leur affaire. Peut-être même est-ce là tout le secret de cette prétendue vassalité.
Plusieurs chambres très-propres , couvertes de nattes ou de tapis et entourées de coussins , servent à loger les pèlerins. On nous introduit dans un petit divan, les deux vieillards prennent place à côté de nous et le jeune moine va quérir un flacon de raki. C'est une sorte d'anisette, fort à la mode dans le Levant. Il en remplit un petit verre qu'il présente tour à tour à chacun de nous. Dès qu'un convive en a bu quelques gouttes, réchanson le remplit de nouveau jusqu'au bord et le fait passer à un autre. On boit ainsi à la ronde plusieurs fois de suite.
JUDÉE
Cette collation est complétée par des figues et des raisins secs, puis par une tasse de café.
A peine de retour à nos tentes , nous voyons approcher le vénérable supérieur. Il s'avance d'un pas appesanti par l'âge, accompagné d'un valet qui nous apporte une bouteille de vin du crû. Le supérieur en boit avec nous. C'est un vin qui pourrait être très-bon , mais qui, comme tous les vins de Palestine , est mal fait , épais et amer, — en un mot, il est détestable.
Le soir venu, je gravis seul le sommet le plus voisin.
— Comme on se représente bien , dans ce pays-ci, cette fréquente retraite de Jésus montant sur la montagne pour être seul afin de prier ! 4 L'air est pur et frais, après une journée brûlante. Les tours et la coupole du couvent , les rochers du Cédron , les sommets des montagnes rondes, la paroi lointaine des monts de Moab , tout s'efface et disparaît dans l'ombre. Le bruit des sonnettes de nos chevaux s'assoupit. Partout la nuit et le silence, — ce silence complet, absolu, que connaît seul le désert et qui ne règne jamais, ne fût-ce que pour un instant, dans notre atmosphère tout imprégnée des agitations humaines. Il me semble que la journée qui vient de se passer,
— que mon voyage entier n'est qu'un rêve ; j'ai quelque peine à me figurer que tout ceci est réel, que je suis bien sur ces montagnes de Juda où ont vécu les ermites des premiers siècles et qu'ont foulées les patriarches.
Je me lève de bon matin, comme on se lève à la montagne. Les moukres se mettent en devoir de fourrager
4 Matth. XIV, 23 et ailleurs.
JUDÉE
les chevaux, pendant que Haslin et ses gens s'occupent à préparer le déjeûner. Au bout d'un instant, les quatre Américains sortent de leur tente et me secouent cordialement la main , en me disant Fine morning et Rather warm, assertions des moins compromettantes sous ce ciel de Palestine d'une implacable sérénité. Après déjeûner, je monte une fois encore sur la cime. Quand je redescends, tout est prêt pour le départ : les Américains sont en selle; les tentes levées et roulées sur les mulets. Je cherche du regard, sans la retrouver, la place où elles s'élevaient. Il a suffi de cinq minutes pour qu'il ne reste plus de trace de notre campement. Son lieu ne le reconnaît plus. Il faut avoir logé sous la tente, pour comprendre le charme de la vie nomade et la douceur incomparable que l'on éprouve à pouvoir emporter son chezsoi, sinon à la semelle de ses souliers, du moins au dos de son cheval.
Il n'y a que trois heures de marche de Mâr-Saba à Jérusalem. On suit toujours, mais en se tenant sur la hauteur, le ravin du Cédron , appelé aussi vallée du Feu (Ouâdi en-Nâr). La nature est toujours déserte et désolée. Par-ci par-là, cependant, à une petite distance de Mâr-Saba, on voit quelques champs labourés. Autant on est heureux en Europe de retrouver de temps en temps une nature sauvage et insoumise, échappée au cordeau de l'arpenteur, aux tuyaux du draîneur et à la hache du bûcheron, — autant et plus encore on l'est ici, en apercevant tout à coup au milieu du désert quelque trace de l'intelligence et de la volonté humaines.
Sur cette route, Jérusalem se voit de fort loin, — au
JUDÉE
moins une heure avant qu'on y arrive. Elle apparaît dans toute son élévation, au sommet de sa montagne. Dans la partie supérieure du ouâdi, à gauche du chemin, il y a quelques plantations d'oliviers et de figuiers. Le figuier commence à pousser ses premières feuilles, c'est un signe que l'été est proche l. La plupart des arbres de la Palestine, ne perdant pas leurs feuilles en hiver, ne peuvent guère servir à marquer la différence des saisons : l'olivier, le cyprès, le térébinthe, le grenadier, ne changent pas d'aspect d'une manière sensible; et l'amandier, qui renouvelle ses feuilles toutes les années, les renouvelle bien avant la fin de l'hiver; il n'est, comme l'indique son nom hébreu2, qu'un gage de l'été qui doit venir et non un signe que l'été est déjà proche. — De l'autre côté du chemin, il n'y a que des épines et des chardons. « Cueille-t-on du raisin sur des épines ou des figues sur des chardons?»5 Cet exemple est tout naturel et se présente de lui-même en Palestine. Partout où il n'y a pas de culture, l'épine et le chardon abondent. L'épine dont il est question dans
1 Maîth. XXIV. 32, Marc XIII. 28. Dans le passage parallèle à ceux-ci, saint Luc (XXI, 29). connaissant moins la Palestine et écrivant pour tous les pays, dit : Le figuier et tous les arbres , mais Matthieu et Marc nomment le figuier seul : Apprenez cette similitude prise du figuier.
~ Tp lT> l'amandier, signifie proprement celui qui veille (pendant le sommeil du reste de la nature). Voyez Jér. I, 11-12 (dans le texte hébreu ou dans la Yulgate) .
3 Matth. VII , 16. Luc VI , 44. Si je ne craignais d'être accusé de minutie, je ferais remarquer que . dans ce passage encore, on reconnaît que la Palestine est le pays natal de Matthieu , tandis que Luc trahit son origine étrangère. Celui-ci dit en effet : On ne
JUDÉE
l'Evangile est certainement la petite épine ligneuse et presque rampante, qui couvre le sol aux environs de Jérusalem. On en fait grand usage pour allumer le feu, on en hérisse aussi les murs afin d'écarter les maraudeurs. Je ne doute pas que ce ne soit de cette épine qu'ait été faite la couronne du Sauveur, car il peut venir aisément à l'esprit d'en former des guirlandes; les aiguilles en sont fines , les branches s'arrondissent d'elles-mêmes; les fleurs sont très-petites, mais d'une belle couleur pourprée et le tout a quelque chose de gracieux et d'élégant. Ces épines sont dures et trèspiquantes.
Au bout de la vallée du Feu, à peu près au point où elle se réunit à celles de Hinnom et de Josaphat, dont elle n'est que la continuation, on remarque un puits de construction antique, encore en assez bon état et auquel les gens du pays donnent le nom de puits de Job. Les voyageurs l'appellent aussi puits du Feu, puits de Joab, — de Jacob, — de Jérémie, — de Néhémie, — de Nahum. Aucun de ces noms ne nous apprend grand' chose, je ne les cite que pour montrer la richesse de la synonymie dans la topographie delà Terre-Sainte. Nous som-
cueille pas des figues sur des épines et l'on ne vendange pas des raisins sur des buissons. Un habitant de la Palestine aurait pu à la rigueur contredire la première partie de cette assertion, ou du moins elle n'aurait pas éveillé dans son esprit l'idée de quelque chose d'absolument impossible, comme l'expression dont se sert saint Matthieu : car c'est sur des arbustes épineux que se cueillent les figues de cactus, si communes à Jérusalem. En outre, le buisson dont il est question ensuite est un nom bien général, tandis que les chardons de saint Matthieu sont notés d'après nature.
mes sur un'sol qui appartient à l'humanité tout entière. Conquérants francs et arabes, pèlerins juifs , chrétiens ou musulmans, l'ont foulé dans tous les sens, en ne laissant sur leur passage que de nouveaux noms et de nouvelles ruines. On peut conclure de la position de ce puits que c'est l'ancien En-Rogel ( fontaine du Foulon, — ou de l'Espion) , nommé dans l'Ecriture comme un des points qui devaient servir de frontière entre les territoires de Juda et de Benjamin1. C'est là que, pendant l'usurpation d'Àbsalon , les fils d'Abiathar , Jonathan et Mahatsa se tenaient cachés, n'osant pas entrer dans la ville et cherchant à apprendre ce qui s'y passait pour le rapporter à David2. C'est près de là que, plus tard, Adonija , au moment de se faire proclamer roi , apprit par ce même Jonathan que David avait déjoué son complot3.
4 JosuéXV, 7.8; XVIII. 16, 17.
2 2 Sam. XVII. 17.
3 1 Rois I, 9 , 42 , 43.
JUDÉE