SECONDE ENCEINTE
côté oriental du terrain vague des chevaliers de Saint- Jean , nous sommes conduits à conclure, mais malheureusement sans preuves absolues, que cette seconde muraille a pu être faite en deux fois; que d'abord elle se composa d'une branche s'élevant perpendiculairement sur l'enceinte jébuséenne, vers le point où une porte antique se trouve à droite de la rue de David, à peu près dans la direction des restes de grosse muraille alignés sur le flanc oriental du terrain des
doute, mais il ne ressemble en rien à celui d'Hébron ; pour ma part, je le considère comme un fragment de la seconde enceinte ; et par conséquent ledit emplacement traditionnel, comme l'appelle M. Renan, est bien pour moi en dehors de l'enceinte telle qu'elle était à l'époque de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
« L'existence d'un caveau sépulcral (celui qu'on appelle « tombeau de a Joseph d'Arimathie » } sous le mur de la coupole du Saint-Sépulcre prête- « rait aussi à supposer que cet endroit était hors des murs. »
J'avoue que je ne comprends pas ce timide « prêterait à supposer. » Le caveau avec des tombes multiples, dont parle M. Renan, ne prête rien à supposer ; il fait mieux que cela, il démontre rigoureusement que la roche qui contenait ces tombes était en dehors de la ville. M. Renan connaît trop bien la Bible et le Talmud pour ne pas admettre la valeur de ce fait matériel.
a Deux considérations historiques, dont l'une est assez forte, peuvent « d'ailleurs être invoquées en faveur de la tradition. La première, c'est qu'il t serait singulier que ceux qui cherchèrent à ûxer, sous Constantin, la topo- « graphie évangélique, ne se fussent pas arrêtés devant l'objection qui « résulte de Jean, xix, 20, et de Hébr. xm, 4 2. Comment, libres dans leur « choix, se fussent-ils exposés de gaieté de cœur à une si grande difficulté? »
Après les deux faits matériels cités d'abord, et dont il n'est pas possible de méconnaître ni d'atténuer la portée, il était superflu peut-être de parler de considérations à invoquer en faveur de la tradition ; celle-ci n'en avait que faire. Mais puisque M. Renan discute ces deux considérations, discutons-les avec lui. Que dit l'Évangile de saint Jean? Tcûrov ouv tôvtîtX&v twX- Xgc dtvtpbxjav twv îcu&aîcov, on if(itç riv d t&tcg; tt; TrcXico; oitov caraoptùÔYi & tiiooûç. Que dit l'Épltre aux Hébreux? Atb xoù tr.ooû;, tva'àftacn) $tà toû tôiou ouuaTo; tôv Xabv, fgtt Tîj; itûXy,ç ÉTraôev. Il y a accord parfait entre les mots ryp; & 6 towc; tîîç rcoXfoç, et IÇ» Tïiç tojXyjç. Le lieu où Notre-Seigneur fut crucifié était proche de la ville, s'il souffrit sa passion au dehors de la porte, ££u tâç itûXr,ç. Ce double passage ne pouvait arrêter personne, puisque, dans le premier tiers du i\ 9 siècle, chacun devait savoir à merveille, ce qui est parfaitement démontré aujourd'hui pour tous ceux qui ont étudié sans parti pris la
chevaliers de Saint-Jean; cette branche remontait ainsi, du sud au nord , jusqu'au point que la tradition chrétienne appelle la porte Judiciaire; de là, tournant brusquement à l'est , elle aurait été se relier à la tour Antonia , à peu près en ligne droite. %
Lorsque le roi Ezékhias eut construit la grande piscine destinée à recevoir les eau* de la piscine supérieure ou du Birket-Mamillah, il semble que cette nouvelle piscine dut être
topographie de Jérusalem, que si le Saint -Sépulcre a été enfermé dans l'enceinte de la ville, cela n'a eu lieu qu'à l'époque de la construction de la muraille d' A grippa.
« La seconde considération, c'est qu'on pouvait avoir pour se guider, du « temps de Constantin, les resles d'un édifice, le temple de Vénus, sur le a Golgotha, élevé par Adrien. » Et d'abord je me permettrai de trouver l'expression les resles un peu bien hasardée. Comment! un temple est élevé sur le Golgotha par Adrien, vers 425, et sous Constantin, c'est-à-dire vers 330, soit 205 ans après, un temple construit par les Romains ne présentait plus que des restes! Ceci est, on en conviendra, abuser un peu des licences du style. Certes le temple de Vénus, après 205 ans d'existence passés au milieu d'une population essentiellement païenne et maîtresse du pays, était debout, s'il n'avait pas été construit en papier mâché. Et plus qu'aucun autre le temple bâti sur le Golgotha avait dû, en haine du nom chrétien, recevoir toutes les restaurations désirables, si, ce qui est douteux a priori, il en avait eu besoin. Il v avait des chrétiens à Jérusalem, et des chrétiens nombreux; ceci, on est bien forcé de l'admettre. Qu'ils se soient faits petits, qu'ils se soient cachés autant qu'on le voudra, la tradition chez eux devait être restée vivace, inébranlable. Donc l'impératrice Hélène dut s'adresser, à coup sûr, au point môme qu'elle voulait sanctifier.
« On est donc par moments porté à croire que l'œuvre des topographes « dévots du temps de Constantin eut quelque chose de sérieux, qu'ils cher- « chèrent des indices, et que, bien qu'ils ne se refusassent pas certaines « fraudes pieuses, ils se guidèrent par des analogies. » Le par moments n'est pas généreux. Il y a donc d'autres moments où M. Renan pense que l'œuvre des topographes dévots, à la tète desquels était la mère de l'empereur du monde ancien, n'eut rien de sérieux? 11 leur accorde qu'ils cherchèrent des indices, et qu'ils so guidèrent par des analogies, et il s'agit d'un temple debout, et d'une tradition ininterrompue ! Décidément c'est cette phrase qui n'est pas suffisamment sérieuse.
« S'ils n'eussent suivi qu'un vain caprice, ils eussent placé le Golgotha à « un endroit plus apparent, au sommet de quelqu'un des mamelons voisins