‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 14 sur 85 · SECONDE ENCEINTE · texte numérisé non relu

SECONDE ENCEINTE

couverte, et mise à l'abri des insultes de l'ennemi. S'il en est ainsi, on a dû nécessairement adopter un nouveau tracé, suivant, à partir d'un point de la première enceinte bien voisin de la tour actuelle de David ou tour Phasaël. une direction telle que celle de la rue où se trouve le palais du patriarche, c'est-à-dire sud-nord, et tournant à angle droit vers l'est, en couvrant le Birket-Hammam-el-Bâtrak, pour aller se relier à la muraille dont Pierotti a retrouvé un fragment dans les

« de Jérusalem , pour suivre l'imagination chrétienne , qui , de très-bonne « heure, voulut que la mort du Christ eût eu lieu sur une montagne. »

Où donc trouve-t-on des traces de cette tradition due à l'imagination chrétienne, qui aurait placé la scène de la cruciOxion sur une montagne? Je l'ignore. Mais, en ce cas, c'eût été une bien autre affaire ! Que seraient devenus- les deux textes de saint Jean et de l'Épître aux Hébreux? Comment M. Renan ne voit-il pas, avec sa perspicacité habituelle, que tout, dans ces récits, se tient et s'enchaîne à merveille?

« Mais la difficulté des enceintes est très- grave. » Pour ceux qui n'ont pas étudié la question par eux-mômes et sur place, pour ceux qui se sont contentés des négations d'autrui, dont ils ont fait leurs propres affirmations, c'est possible. Pour les autres, la difficulté des enceintes n'existe pas, elle ne peut pas exister.

o Ajoutons que l'érection du temple de Vénus sur le Golgotha prouve peu « de chose. Eusèbe [Vila Const., ni, 26), Socrate (//. E., i, 17), Sozomène « (H. E., h, 4), saint Jérôme {Epist. XLIX ad Paulin.), disent bien qu'il « y avait un sanctuaire de Vénus sur l'emplacement qu'ils croient être celui « du saint tombeau. »

Ceci a besoin d'être examiné de près, puisque nous sommes mis en face de témoignages historiques à consulter. Commençons par le dernier des passages cités : a Ab Hadriani temporibus usque ad imperium Constantin) , per « annos circiter centum octoginta, in loco resurrectionis simulacrum Jovis; * in crucis rupe, statua ex marmore Veneris a gentibus posita colebatur; « existimantibus persecutionis auctoribus, quod tollerent nobis fidem resur- « rectionis et crucis, si loca sancta per idola polluissent. » (Epistola XLfXeid Paulinum; éd. Martianay, t. IV, p. 563.) Y a-t-il au monde une assertion plus nette et plus précise que celle-là? Saint Jérôme dit-il, par hasard, que les lieux qu'il désigne, il les croit le lieu de la résurrection, et le lieu où fut plantée la croix? Point 1 La chose était si. claire pour tous les habitants du pays, à l'époque où il écrivait sa lettre à Paulinus (vers 395), qu'il affirme sans se donner la peine de justifier son affirmation. La réserve qu'implique la phrase de M. Renan, lorsqu'il s'agit de saint Jérôme, ne revient donc qu'à

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