‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 15 sur 85 · M TOTALE E* TEBBE SAI5TE · texte numérisé non relu

M TOTALE E* TEBBE SAI5TE

(omîtes fastes par toi derrière le Snt-Sépalcre. dans le terrain appartenant a la Russie. On le voit, faute de renseignements préc», lorsqu'il § agit de b deuxième enceinte, nous sommes réduits à faire de pores hypothèses. Si Ton admet que le roi Ézékhias ?'e>t borné â rapprocher le pire posaMe des mordilles la piscine destinée à recevoir les eaux de l'étang sapérieur, sans se préoccuper de b couvrir, parce que son voisinage même de b muraille rendait les insultes de l'ennemi sur cette piscine fort dangereuses, tout se simplifie extrêmement. On n'a plus alors, pour b seconde muraille, que le tracé déterminé par les fragments alignés du terrain de Saint-Jean, du terrain russe, et de la porte Judiciaire. En ce cas, b porte antique placée à droite de la rue David, à vingt ou vingtcinq mètres de l'angle sud-est du terrain de Saint-Jean, pourrait être prise à la rigueur pour la porte Gennath. et cette porte aurait été placée de façon à occuper un rentrant flanqué, pratiqué dans la première muraille. J'avoue que cette seconde solution est celle à laquelle j'aurais le plus de propension à me rallier , parce qu'elle ne contrarierait rien d'essentiel dans la topographie de Jérusalem, et qu'elle donnerait un tracé d'une simplicité extrême, n'ayant qu'un défaut, celui d'avoir été destiné à couvrir une bien médiocre étendue de

M. Renan seul. Les trois autres écrivains mentionnés sont-ils moins explicites? Vérifions. Eusébe est beaucoup plus précis encore que saint Jérôme. 11 fait ressortir en termes nets le dessein des constructeurs du temple de Vénus, d'anéantir jusqu'au souvenir des lieux consacrés par la passion du Christ ; je cherche vainement le point où il dit : Je crois, et dans toutes ses phrases je ne trouve que des assertions positives. Socrate est plus concis, sans employer non plus la moindre expression dubitative. Enfin Sozomène, au point de vue de l'affirmation, ne le cède en rien aux trois autres. Où donc les doutes de ces quatre écrivains se sont-ils fait jour? Je défie qu'on cite un mot tombé de leur plume, qui justifie l'assertion hasardée que je combats. Je me suis dispensé de reproduire intégralement les textes invoqués par M. Renan à l'appui de sa thèse. Ils lui donnent tous les quatre complète-

terrain. Mais un passage de saint Jérôme nous condamne, pour ainsi dire, à abandonner cette solution commode. Le voici : « Narrât quomodo obsidioni paraverint civitatem, et « aquas superioris (le texte porte à tort : inferioris) piscinae « quae capi poterant, ad superiorem (lisez cette fois : inferio- « rem) munitionem transtulerint , destructisque domibus, « muros aedificarint... fecerintque cisternam inter duos mute ros, etc. » (Comment, in haiœ cap. xxni; édit. Mart., t. III, p. 140.) Ces mots piscinam inter duos muros semblent tout à fait décisifs en faveur de la création d'une nouvelle branche de la seconde enceinte , couvrant le Birket-Hammam-el-Bâtrak.

Passons à la troisième enceinte, et copions toujours le récit de Josèpbe :

« La troisième enceinte commençait à la tour Hippicus, « à partir de laquelle, s'étendant du côté nord jusqu'à la tour « Psephina et passant ensuite devant les monuments d'Hélène « (celle-ci était reine d'Adiabène, mère du roi Izates), puis « s'étendant à travers les cavernes royales , elle se courbait à « la tour angulaire (ou à une tour d'angle) dans le voisi- « nage du monument dit du Foulon, et, rejoignant l'antique « péribole, elle se terminait contre la vallée nommée la vallée

« du Cédron (etç tyjv Ke&pôva xa^oujiivnv çapayya xaTe^yjyev) . Le

ment tort, et il a fallu à ce dernier une grande bonne volonté pour y trouver quoi que ce fût qui eût l'air de justifier son opinion sur leur compte. Ces textes, du reste, trouveront leur place dans un autre travail.

Voici la un de la note de M. Renan : a Mais il n'est pas sûr : 4° qu'Adrien « l'ait élevé ; 2° qu'il l'ait élevé sur un endroit qui s'appelait de son temps « Go I gotha » ; 3° qu'il ait eu l'intention de l'élever à la place où Jésus souf- « frit la mort. » C'est là, je le crains, la conclusion à laquelle M. Renan voulait en venir. Si tout cela n'est pas sûr, comme il le dit, rien de ce que nous ont transmis les historiens n'est sûr. Je le veux bien. Mais ce qui est sûr pour qui lira cette note, c'est que ce qui paraissait blanc à M. Renan lorsqu'il commença à la rédiger, lui a paru noir en la terminant. Certes ce n'est pas la fixité et la constance d'opinion qu'on sera tenté de lui reprocher ici.

roi Agrippa entoura de cette muraille la partie de la ville dont s'était accrue la ville antique, et qui auparavant était ( restée entièrement ouverte. La cité, en effet, ne pouvant contenir la multitude qui y affluait , s'était peu à peu étendue au delà de son enceinte ; et comme le côté septentrional du temple, voisin d'une colline, s'était rempli de maisons, la ville prit un grand accroissement au dehors des anciennes collines, de telle sorte qu'il y en eut une quatrième, couverte d'édifices, que l'on appelait Bezetha, et qui était située en face d' Antonia ; elle en était séparée par un fossé profond (ce fossé avait été creusé de main d'homme) , dans la crainte que les fondations d' Antonia, si on les laissait adhérentes à la colline, ne fussent d'un accès facile, et trop peu élevées. Il arriva par là que la profondeur du fossé augmenta considérablement la hauteur des tours. La partie de la ville ainsi annexée à l'ancienne fut appelée en langue du pays Bezetha, qui en grec veut direxatv^ inftiç, ville neuve. Comme ceux qui habitaient dans cette partie de la ville avaient besoin de la protection d'une muraille, le père du roi actuel, nommé Agrippa comme lui, commença la bâtisse de cette muraille; mais craignant que Claudius César ne s'émût de la grandeur de cette construction , et n'y vît un indice d'aspiration à un changement ou même de sédition , il se contenta d'en jeter les fondements et interrompit l'œuvre. La ville, en effet, eût été inexpugnable, s'il eût achevé cette muraille, comme il l'avait commencée; car les blocs qui en constituaient l'appareil étaient longs de vingt coudées et larges de dix , de façon qu'il n'était pas facile de les entamer avec le fer, ni de les arracher de leur place. La muraille elle-même reçut une largeur de dix coudées, et il lui eût été donné naturellement une hauteur plus considérable , si la magnanimité de celui

a qui l'avait commencée n'en eût empêché la continuation. « Plus tard ce même mur fut achevé avec soin par les Juife, a et élevé jusqu'à la hauteur de vingt coudées. Il avait de « plus un parapet de deux coudées de hauteur, et des cré- « neaux de trois coudées, de sorte que la hauteur totale « de la construction était de vingt-cinq coudées. » (Bell. jud. y V, iv, 2.)

Nous avons dit quelle est la tour Hippicus; c'est toujours sur elle que s'appuie l'enceinte actuelle de Jérusalem, à partir de la porte de Jaffa, ou Bab-el-Khalil. Plus loin je démontrerai que cette identification est légitime. Josèphe nous fait comprendre que cette première branche de la troisième enceinte s'étendait directement jusqu'à la tour Psephina, dont il dit un peu plus bas (au paragraphe suivant) qu'elle occupait un angle, en étant au nord et en faisant face à l'occident (xarà

yamav (Jopetoç Te xat irpoç £u<ytv 6 *Frfçtvo; iropyoç) . Cela est parfaitement exact, si nous mettons la tour Psephina à sa vraie place, qui est au Qasr-Djaloud, la tour deTancrède des chrétiens. Dans le voisinage de ce saillant occupé par le Qasr- Djaloud, on retrouve fréquemment la base antique du mur d* Agrippa, dont le tracé, en ces points mêmes, ne diffère que de bien peu du tracé actuel. A partir du Qasr-Djaloud la muraille se redresse au nord-est, après avoir jusque-là couru au nord-ouest; elle va passer devant le pâté de rochers sur lequel était l'église de Saint-Etienne, et, avant celle-ci, le tombeau de la reine d' Adiabène ; puis elle court vers l'est , entre la grotle de Jérémie et les cavernes royales qui jadis n'ont fait qu'un tout , et qui n'ont certainement été séparées que par la construction du mur de Bezetha.

Cette longue branche de la muraille était percée de deux portes, celle qu'a remplacée la porte de Naplouse actuelle, ou Bab-el-Aamoud, et la porte murée aujourd'hui, nommée par

les chrétiens « porte d'Hérode » (sans doute du nom d'Hérode Agrippa) et par les musulmans Bab-ez-Zaharieh, « porte des Fleurs. » A partir de celle-ci un large fossé , creusé dans le roc vif, couvre l'enceinte de la ville, et ce fossé, le long de l'escarpe, présente des avances de rocher sur lesquelles les tours carrées de l'enceinte d' Agrippa ont été assises, comme y sont toujours assises aujourd'hui les tours de l'enceinte moderne. Ce qui me permet d'affirmer ce fait avec une entière assurance, c'est qu'il y a une de ces assiettes rectangulaires de roc qui existe toujours en saillie sur une courtine , et qui ne supporte plus de tour.

Arrivée au point extrême vers l'est, l'enceinte fait un retour à angle droit vers le sud, toujours munie de son fossé large et profond entaillé dans le roc vif, pour aller se relier au delà du Bab-Setty-Maryam à l'enceinte du Haram-ech- Chérif. Pour moi , la tour angulaire moderne a remplacé la tour angulaire antique dont parle Josèphe, et qui se trouvait auprès du monument dit du Foulon. Evidemment il y avait là, dans les escarpements du flanc droit de la vallée de Josaphat, une excavation sépulcrale qui avait reçu le nom du personnage pour lequel elle avait été creusée, et qu'il ne m'a pas* été possible de retrouver. Là, en effet, des carrières ont été exploitées, et à Jérusalem, partout où il y a des cavernes sépulcrales, on est tout disposé à exploiter la pierre, par économie d'abord, et un peu aussi par mépris des monuments antiques. De plus, les décombres de la ville sont incessamment rejetés partout sur le flanc occidental de cette même vallée de Josaphat , et si le tombeau du Foulon n'a pas été dépecé , il peut fort bien avoir été recouvert à tout jamais par des masses de gravas et de décombres. La conclusion de tout ce que je viens de dire, c'est qu'il n'est pas possible de conserver de doutes sur l'identité du tracé d'Hérode Agrippa et du tracé

actuel. Un soir, Barrère m'a lu, sur ce fait capital, une note des plus intéressantes et des mieux raisonnées , et il y démontre pour ainsi dire mathématiquement que, du côté du nord, l'enceinte de la Jérusalem moderne est assise précisément sur l'enceinte -d'Hérode Agrippa. Je désire vivement qu'il publie cet important travail.

Lorsque je rédigeai mon premier voyage en terre sainte , j'étais complètement imbu des idées de Schulz, de Robinson et consorts, et je croyais à l'enceinte impossible d'Hérode, que ces derniers savants avaient imaginée. Je ne tardai pas à revenir de cette erreur profonde , et en étudiant , à l'aide de mes souvenirs personnels, tous les plans de Jérusalem que j'avais à ma disposition, j'en vins assez promptement à être convaincu que l'enceinte actuelle avait pris exactement la place de l'enceinte d'Hérode. Je ne me vanterai pas d'avoir eu la priorité sur ce point, puisque notre illustre d'Anville avait déjà soupçonné la réalité de ce fait ; mais je constaterai par une date précise l'époque dès laquelle j'avais déjà rejeté les idées de Schulz et de Robinson. Mon ami Aug. Salzmann a terminé en d 856 la publication de son beau et bon livre intitulé Jérusalem y et aux pages 17 et 18 il a placé une note où se trouve textuellement ceci : « J'ajouterai encore que le « travail de M. de Saulcy nous démontre que l'enceinte « actuelle de Jérusalem suit absolument le même tracé que « celle d'Hérode Agrippa. » Ceci dit, revenons aux diverses enceintes de Jérusalem.

L'emplacement de la tour Antonia est aujourd'hui déterminé avec toute la précision désirable, et le massif de rochers qui la supportait est naturellement resté à sa place. Josèphe nous parle de la coupure , ou fossé profond , qui séparait le massif d'Antonia du nouveau quartier de Bezetha. La contrescarpe de ce fossé a été retrouvée par les Dames de Sion dans

la construction entreprise par elles, et au roc vif se relient encore quelques blocs judaïques restés en place. Ce sont là des points de repère qui nous rassurent pleinement sur l'exactitude des descriptions de Josèphe, acceptées en faisant cette réserve qu'il faut souvent se méfier des chiffres qu'il emploie et qui sont toujours d'une exagération ridicule. Quand on y regarde de près , on ne tarde pas à soupçonner que Josèphe se sert indifféremment de l'amah ou coudée royale hébraïque (hdk) de m ,525 millimètres et de l'autre coudée (toj), djamed, qui n'était que la moitié de la première, et qu'il a bien soin d'employer quand il veut se donner le plaisir de jeter à l'esprit de son lecteur une exagération ridicule qu'il gardait en quelque sorte le moyen de justifier, en arguant de ce qu'on l'avait mal entendu.

Les dimensions des blocs employés par Hérode Agrippa, telles que les assigne Josèphe, sont extravagantes, si nous acceptons la coudée de œ .525. Car alors ces blocs auraient 10 m ,50 de longueur sur 6 m ,25 de largeur, la muraille ayant elle-même une épaisseur égale à la largeur des blocs employés. Tout cela est impossible ; c'est déjà bien assez de supposer que la coudée dont il est ici question est le djamed, puisque les blocs auraient eu 5'%25 de longueur sur 2 m ,62 de largeur, ce dont, je le déclare, je ne crois pas un mot. En ce point Josèphe ne mérite aucune confiance; il a voulu exalter la splendeur de la construction d' Agrippa, et, pour cela faire, il a avancé des chiffres ridicules.

Quant au nom Bezetha que Josèphe a traduit par « ville neuve, » j'avoue que je ne devine pas bien comment on arrive à ce sens précis. Y a-t-il dans cette appellation les éléments ma, ov^, maison, et <Xj«>o>-, nouveau? C'est fort possible, mais peu satisfaisant, je le confesse.

Revenons à l'enceinte de Jérusalem. Josèphe continue

{Bell, jud.y V, iv, 3) : « Au-dessus du mur s'élevaient des « tours, larges de vingt coudées, et hautes aussi de vingt « coudées, qui étaient carrées et massives comme le mur « lui-même, et qui ne cédaient en rien au temple pour l'apu pareil et la beauté des pierres. Au-dessus de la partie mas- « sive des tours , qui était de vingt coudées , se trouvaient « placées de magnifiques habitations, au-dessus desquelles « étaient encore placées des salles, et de nombreuses piscines « propres à recueillir l'eau des pluies; de larges escaliers y u donnaient accès. La troisième muraille était munie de « quatre-vingt-dix tours ainsi construites : leur intervalle « était de deux cents coudées. Le mur intermédiaire était « divisé par quatorze, et le mur antique, par soixante de ces « tours. Quant au circuit entier de la ville, il était de trente- « trois stades. »

Arrêtons- nous ici, et analysons tous ces chiffres. Nous n'aurons pas de peine k démontrer qu'ils n'ont aucune espèce de valeur.

Le mille romain était égal à huit stades olympiques. Or le mille romain est de 1,481 mètres; divisant ce chiffre par 8, nous avons pour le stade olympique 185 mètres. Est-ce de ce stade et de la coudée royale de m ,525 millimètres que Josèphe s'est servi ? Quelques simples chiffres vont nous donner la réponse. 33 stades, dit Josèphe, nous représentent le circuit de Jérusalem; donc ce circuit égale 33 fois 185 mètres ou 6,105 mètres.

D'un autre côté, le mur d' Agrippa ou troisième mur est garni de 90 tours de 20 coudées de largeur. 20 fois 90 font 1,800 coudées, soit 1,800 fois ,n ,525 millimètres, ou 945 mètres. L'intervalle qui sépare deux tours consécutives est de 200 coudées, ou de d05 mètres. Le troisième mur comporte 89 de ces intervalles, ou 89 fois 105 mètres, ce qui fait un

total de 9,345 mètres , qui, ajoutés à la somme des largeurs des tours, égale à 945 mètres, nous donne 10,290 mètres. Il ne nous en faut pas plus, j'imagine, pour conclure que les chiffres de Josèphe sont absurdes ou qu'ils ont été outrageusement altérés, car le résultat immédiat qu'ils donnent, c'est que la partie est plus grande que le tout. Donc nous devons rester dans le doute le plus absolu sur la valeur du stade et de la coudée employés par Josèphe, ou du moins nous pouvons affirmer dès à présent qu'il ne s'est pas servi à la fois du stade olympique de 185 mètres et de la coudée de ,n ,525 millimètres.

Conduits par l'invraisemblance qu'offre la largeur de 10 mètres donnée aux tours, supposons un instant que la coudée qu'emploie Josèphe soit le djamed ou la coudée de 262 millimètres (en négligeant un demi-millimètre) , et recommençons nos calculs en conservant toujours le stade olympique, c'est-à-dire 6,105 mètres pour le circuit total de Jérusalem.

Dans ce cas nous avons 1,800 coudées de 262 millimètres, soit 472 mètres pour la somme des faces extérieures des tours. Les 89 intervalles, ou courtines de 200 coudées, nous donnent 4,672 mètres; je néglige les fractions. 4,672 mètres plus 472 nous donnent pour la troisième muraille seule 5,144 mètres, second chiffre aussi absurde et inadmissible que le premier, puisqu'il ne nous reste, en retranchant 5,144 de 6,105, que 961 mètres pour représenter toute la partie de l'enceinte qui, partant de la tour Hippicus, va contourner le mont Sion , celle qui couvre Opbel, et la portion de l'enceinte du Haram-ech-Chérif comprise depuis le milieu de la face sud jusqu'à Bab-Setty-Maryam. Tout cela mesuré sur le terrain , en suivant le tracé certain de la muraille antique, a un développement de 2,100 mètres à peu près; ce qui reste de l'en-

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