‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 41 sur 85 · MONUMENT EXPIATOIRE · texte numérisé non relu

MONUMENT EXPIATOIRE

du grand escalier ne marche pas assez rapidement à mon gré. Elle devrait être unie, et le seuil de la porte déjà nettoyé. J'offre donc à mes ouvriers un bakhchich de cent piastres si tout est déblayé au Mogrheb. A partir de cette annonce, tout mon monde a été saisi d'enthousiasme, et certainement si terminer en quelques heures n'eût pas été une besogne surhumaine, la chose eût été faite. Rien n'était plus curieux que l'entrain des vieux et des jeunes, chantant à tue -tête et alternativement le refrain suivant, que la circonstance leur avait fait improviser dans leur patois :

Khaouadja, hât el -bakhchich Ma tanti-hou, ma nedjich!

« Monsieur, donnez le bakhchich !

« Si vous ne le donnez pas, nous ne viendrons pas. »

Certes, ils ont bien gagné les cent piastres que je leur ai données de bon cœur, mais au coucher du soleil il restait encore énormément de terre à enlever. Dans les déblais on a ramassé devant moi, au niveau des marches, un quart de sicle de bronze de l'année IV de l'autonomie accordée aux Juifs par Alexandre, lors du pontificat de Iaddous.

Dans la matinée , j'ai fait fouiller .le terrain au-dessus du vestibule, et reconnu l'assiette du monument expiatoire d'Hérode. Bonne constatation de plus! Quant aux murailles de rochers qui dominaient la grande cour intérieure, il paraît évident, à cause des entailles que présente presque partout leur crête, qu'une ornementation quelconque, comme une balustrade , par exemple, y avait été adaptée.

La nuit était presque venue quand nous avons regagné la ville, et peu s'en est fallu que nous ne trouvassions portes closes

Aujourd'hui Gélis. Gaillardot et moi, nous avons rédigé le procès-verbal de noire découverte d'une chambre inexplorée au Tombeau des Rois. Déjà les juifs allemands de Jérusalem ont essayé de forcer la consigne et de s'introduire dans nos fouilles; mais ils ont été sans façon chassés par nos ouvriers, ensuite de quoi ils ont été se plaindre au pacha. Celui-ci, auprès duquel j'ai envoyé Hanna-Carlo, m'a fait prévenir qu'il allait se rendre en personne aux Qbour-el-Moloui. Il y est en effet venu suivi de son cortège habituel et d'un ralibin délégué par les juifs. Lorsqu'il s'est retire, toutes les difficultés semblaient aplanies, maigre les insistances du rabbin à qui, de toute évidence, la leçon avait été faite par quelque personnage probablement étranger a la croyance judaïque. Ce qui est certain, c'est que je ne quitterai pas Jérusalem avant que mon sarcophage ne soit en lieu sur.

- Voilà que les tergiversations du pacha ont encore recommencé, l'ai eu une longue conférence avec Hanna-Carlo, que j'ai chargé de parler haut et ferme de ma part, en prévenant Son Excellenceque j'attendais toujours sa visite, à mon grand étoonement. Que de tribulations, mon Dieu, pour être mis en possession de ce dont je possède déjà de plein droit les deux tiers !

Barrère et Ledoulx sont venus dîner et passer la soirée avec nous. Hier au sou* il faisait un vent terrible; gare la pluie!

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