II
dent que ce fragment n'a pas fait partie du monument expiatoire d'Hérode. Matière, style, ciselure, tout le distingue de ceux que j'ai recueillis dans mes fouilles de la grande cour. Ce morceau va partir avec moi, et je n'aurai garde de le laisser à Jérusalem 1 .
J'ai reçu aussi la dernière visite de l'abbé de Quevauvillers que j'ai chargé de transmettre à monseigneur le Patriarche mes plus respectueux hommages.
lecteurs! je vous donne en cent à deviner l'heure à laquelle nous avons enfin pu nous mettre en route, grâce à tous les embarras inséparables d'un vrai départ. 11 était onze heures et demie, ni plus ni moins, lorsque nous avons été enfourcher nos montures sur la place du Qalftah. Là j'ai trouvé, à ma fort médiocre satisfaction, tous les zaptiés, tous les cavas auxquels j'avais eu affaire, ceux même que je n'avais jamais vus. Il a fallu, bon gré mal gré, bakhchicher tout ce monde-là, et nous avons enfin pu franchir le Bab-el-Khalil, après avoir traversé une foule compacte de curieux, accourus de tous les coins de Jérusalem , pour nous souhaiter un bon voyage.
M. Ledoulx et deux cavas du consulat, à cheval, ouvraient la marche. A la sortie de la ville, j'ai pu donner une dernière poignée de main au cheikh des moghrabins, qui était venu , de son coté , pour me souhaiter toutes les prospérités possibles et me remercier du modeste cadeau que j'avais fait à son jeune fils, en échange de son tchibouk de jasmin.
Enfin il nous a été possible de gagner au pied. Nous avons été passer aux cendres dont ce matin même Gaillardot était allé prendre les échantillons que j'ai mentionnés plus haut, et qui sont destinés à être soumis à l'analyse chimique.