‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 56 sur 85 · NAZARETH · texte numérisé non relu

NAZARETH

déplorable souvenir de certain point où les chevaux ont bien de la peine à passer sans mésaventure. Mauss seul a payé le tribut à ce mauvais pas, mais heureusement sans autre mal que la peur. Un peu plus loin sont arrivés au-devant de nous, et à fond de train, six ou sept parents de Mohammed, qui nous ont régalés d'une fantasia endiablée. Comment tout ce monde-là ne se casse-t-il pas le cou en cinq minutes? je n'en sais rien. Enfin , nous avons atteint le pied des montagnes , gravi l'espèce de lit de torrent qui est la grande route de Nazareth, et été prendre gîte à la Casa-Nuova.

Une fois reposé , je me suis fait conduire chez les dames de Nazareth, oii je savais devoir trouver la mère Devaux, que j'avais eu l'extrême plaisir de voir à Jérusalem quelques semaines auparavant. Ces excellentes femmes m'ont fait visiter leur maison en détail, et j'ai sincèrement admiré les résultats auxquels peut arriver la persévérance, aidée des ressources les plus faibles. De retour à Casa-Nuova, j'ai reçu la visite du P. Gesualdo, gardien de la maison de terre sainte de Nazareth, accompagné d'un autre Père et d'un prêtre français qui est l'aumônier des sœurs que je venais de voir. Après leur départ, nous nous sommes tous rendus chez Mohammed, qui nous offrait à dîner. Son fils Ahmed, beau garçon, ressemblant trait pour trait à son père, était venu nous chercher, muni d'une lanterne qui n'était pas de luxe , vu l'état des rues de la ville. Tous les chefs de la famille de notre hôte nous attendaient, et le café et la pipe ont été offerts à la ronde à tout le monde, avant que le dîner ne nous fût annoncé. Ce dîner, entièrement composé de mets arabes, était servi avec tout le petit mobilier de Mattiah, et il avait véritablement très-bon air. Mes amis y ont fait honneur; pour ma part , j'étais trop fatigué pour ne pas me contenter d'un peu de potage et de coubbeh.

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Après le festin, nous avons fait une nouvelle et longue station au divan de Mohammed. Lii nous attendaient loua les amis de celui-ci , et entre autres un digne homme pour lequel je me suis immédiatement senti une très-grande sympathie : c'est le cheikh Einyn-EITemly-el-Fahoum, cadhi de Nazareth. Nous avons longueaienl causé du pays et de notre ami commun. Quand tous les invites musulmans ont ete partis, Mohammed a fait venir sa femme et ses eufants. tous à visage découvert, et nous sommes restés encore une heure à bavarder.

Il était plus de dix heures quand nous Sommes rentrés à la Casa-Nuova. Le temps était splendide, et la lune, accompagnée des étoiles, brillait du plus vif éclat; il n'y a plus un nuage au ciel. Cela durem-l-il? C'est ce que nous verrons demain en gagnant Thabarieh.

Avant le départ, je suis allé revoir, avec l'abbé, le sauctuaire de Nazareth, et faire ma visite d'adieu au Père gardien. A peine étions-nous à cheval, que le temps s'est gâté. Le vent a sauté au sud; la pluie ne peut donc manquer d'arriver.

Les roules sont déjà détestables; que serait-ce donc après quelques jours de pluie? Nous avons marché assez rondement, et passé à Errcineh, à El-Mecbhed et à Kafr-Kenna, sans nous y arrêter. L'heure du déjeuner étant arrivée, nous avons fait halte à onze heures et demie, auprès d'un puits comblé, situé à la hauteur de Toui'ûn, gros village qui se voit à gauche de notre route.

A la sortie de Kafr-Kenna, Louis nous a fait assister à

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