‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 62 sur 85 · TOMBEAU D'HIRAM · texte numérisé non relu

TOMBEAU D'HIRAM

il y a une bonne demi-heure de marche. Ce tombeau est placé sur la route même de Sour. Il a de magnifiques dimensions, et, à coup sûr, il est d'une très-haute antiquité. Les blocs qui le constituent sont de dimensions énormes, et une des assises est composée de pierres à encadrement assez semblables aux pierres salomoniennes du Haram-ech-Chérif de Jérusalem .

Pour moi, j'avoue que je ne verrais absolument rien d'étonnant à ce que la tradition fût digne de foi. Quelques antiquaires ont prétendu reconnaître dans le tombeau d'Hiram un monument d'une époque récente. Je ne saurais en aucune façon admettre cela. C'est auprès de ce monument que M. Renan, qui en a fait fouiller les alentours , a trouvé la belle mosaïque de deux époques distinctes, qu'il a rapportée en France. Il n'est pas besoin de dire qu'il ne peut être question de rattacher le Qobr-Hiram à la mosaïque en question, au point de vue de l'origine, ni de l'art, ni de l'âge. Essayer de le faire, serait véritablement un acte de folie.

Derrière le Qobr-Hiram , un petit escalier descend à un caveau qui était malheureusement plein d'eau au moment où je l'ai visité. Tout cela n'a été fouillé qu'à demi, et demanderait une exploration intelligente, à la suite de laquelle seulement le tombeau d'Hiram dirait son dernier mot.

Dans le champ voisin se voient encore en place les débris gigantesques d'un pressoir de pierre.

Entre Cana et le Qobr-Hiram, on traverse un plateau de roches offrant à chaque pas des traces énormes d'un travail humain , et on laisse sur sa droite une colline assez élevée , qui est couverte de ces monuments que l'on regarde comme des pressoirs. Le nom de cette localité est chez les Arabes Omm-el-Âamid. On se demande , en voyant cette incroyable multiplicité de monuments analogues, comment tant de près-

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soirs de cotte taille ont pu s'accumuler ainsi les uns sur les autres, c'est-à-dire à des intervalles si petits.

Après avoir passé une lieuif au Qobr-Hiram , nous avons traversé une dernière petite vallée, au delà de laquelle nous avons commencé immédiatement à descendre dans la plaine de Sour, entre le Ras-el-Ayn et Mâaehouq. La pluie avait recommencé de plus belle, et le ciel, noir comme de l'encre du ciité du sud-ouest, ne nous annonçait rien de bon. Nous savions d'ailleurs, DAT expérience, combien, dans la plaine de Sour, les fondrières doivent être à redouter pendant la saison des grandes pluies, et nous n'étions pas parfaitement rassurés. Nous avons eu plus de peur que de mal. et il nousaélé donné enfin d'atteindre sans encombre les sables du bord de la mer. Une fois là. nous élions sauvés. Vingt minutes après, nous mettions tous pied à terre dans la maison de M 4 ' Athanasios. archevêque melchite de Sour. C'était cet excellent prélat qui nous donnait l'hospitalité . et, certes, il était difficile qu'on le fit de meilleure grâce et avec une plus parfaite affabilité. N'eût été le froid abominaMe dont nous avons soulîert toute la soirée, avec nos vêtements trempés jusqu'au dernier El, nous eussions été parfaitement heureux. Aussitôt après le dincr, nous nous sommes réfugiés dans nos chambres, et l'archevêque m'ayanl fait les honneurs de la sienne, je me suis empressé d'y faire dresser mon lit de voyage.

Nous étions bien arrivés jusqu'à Sour, et le lendemain nous irions très-certainement jusqu'à Sayda sans mésaventure. Mais après , entre Sayda et Beyrouth , nous aurions le Damour à traverser, et j'avoue que cette perspective me souriait médiocrement. Il n'y a pas d'année où le Damour n'entraîne quelque victime à la mer, et, par l'affreux temps qu'il faisait depuis tant de jours, le passage devait être impraticable. Nous en avons longuement délibéré avant de nous coucher,

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