DÉPART DE SOUR
et nous avons presque décidé que nous remonterions dans la montagne, en partant de Sayda, pour aller franchir le Damour sur le pont qui le traverse à sa naissance, gagner de là Deïrel-Qamar, et enfin Beyrouth. C'est bien ennuyeux, mais qu'y faire? Il vaut mieux un peu plus de fatigue et un grand danger de moins.
2 janvier.
Pendant la nuit la pluie n'a cessé de tomber, et naturellement notre peur du Damour n'a fait qu'augmenter. D'un autre côté, la fatigue, le froid et l'humidité dans laquelle nous ne cessions de patauger depuis Naplouse nous a tous rendus malades. Jusqu'à ce matin j'avais résisté , et me voilà rudement pris. Cela me fait faire de pénibles réflexions. Remonter dans la montagne pour y chercher les neiges, c'est véritablement insensé, si l'on songe à l'état de la plupart d'entre nous. Au moment de monter à cheval , j'ai appris que des voyageurs avaient passé le Damour la veille, sans une ombre d'accident, et la décision prise la veille au soir a été immédiatement cassée par moi, in petto.
De très-bonne heure l'excellent Gaillardot est venu m dire adieu; il nous précède avec son fidèle Aly, et il est convenu que nous allons tous descendre chez lui. Ce brave ami a donc quelques dispositions à prendre, et je ne m'étonne pas qu'il se hâte de nous devancer. Recevoir d'un coup une troupe d'hôtes de notre espèce, ce n'est pas une petite affaire, surtout à Sayda.
Enfin, nous voilà partis de Sour, et comme le voisinage de la Qasmieh n'est pas commode, à cause des terrains effondrés au milieu desquels elle se jette à la mer, nous sui-