‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 69 sur 85 · ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE

paquebot ne devant repartir pour Marseille que le 19 janvier. J'avais donc formé, avec le commandant Stoltz, le projet d'aller passer deux ou trois jours au Caire. Le mauvais temps a été si obstiné qu'il a fallu y renoncer. Ce n'a été qu'au bout de quarante-huit heures que YEuphrate a pu entrer tout à fait dans le port, et venir s'amarrer sur la bouée des Messageries impériales , dont un bâtiment anglais s'était emparé sans plus de façon.

Nous avons tué le temps du mieux que nous avons pu, faisant force visites à nos amis d'Alexandrie, et attendant avec une certaine impatience que le bienheureux jour du départ arrivât. Je renonce à raconter toutes les courses que ■>

nous avons faites pour occuper nos journées , car je n'aurais que des redites à offrir à mes lecteurs. Par-ci, par-là, j'ai r *

examiné quelques morceaux antiques exhumés des fouilles entreprises pour construire les belles habitations de la ville moderne. Je ne citerai qu'en passant la statue décapitée, de porphyre rouge, beaucoup plus grande que nature, et laissée dans la rue à côté du consulat d'Italie; p\iis un bas- relief votif d'un Psammetik, mis à refuge avec tout le respect dû à la plus vulgaire des pierres de taille, dans un i

passage conduisant de la place des Consuls à l'église des franciscains, et enfin une belle inscription gisant aussi dans la rue à droite d§ la banque égyptienne. Voici cette inscription, que je me suis empressé de copier :

3M . VOYAGE Hit TB1RB SAINTE.

Je ne mentionne que pour mémoire une autre inscription . grecque petto fois, et tracée en l'honneur d'Antoine, qui se voit sur une base antique derrière l'hôtel Anhal. M. Qsrie Wescher, le compagnon d'exptoration tle M. de llougé. ayaut , publié cette inscription, qui lui a fourni le sujet de la plus piquante dissertation, je nie dispenserai d'en parler plus longuement.

1 9 janvier.

Enfin, le jour tant attendu est arrivé; VEuphrale doit prendre la mer vers deux heures après midi, et, en attendant le moment de rembarquement, tous les amis que je laisse à Alexandrie viennent partager mon déjeuner d'adieux, en compagnie du commandant Sloitz. Tout allait au mieux, et nous étions pleins de gaieté, lorsqu'un des olliciers du bord accourt >.* annoncer au rummamlanl que le Lalmtnionnais , aulre narire

des Messageries impériales, vient, en quittant son mouillage. de se mettre au plein, c'est-à-dire de s'échouer tout près du point où nous étions venus mouiller nous-mêmes, à notre entrée à Alexandrie. Mauvaise affaire ! 11 faut nécessairement tirer ce vaisseau de la position fâcheuse dans laquelle il se trouve, car on ne sait jamais ce qui peut «ésulter d'un éehouage. Nous nous hâtons donc de partir pour aller porter secours au Labourdonnais en détresse , espérant que ce sera l'affaire d'une ou deux heures, et que nous "pourrons quitter Alexandrie avec très-peu de retard.

Dès que nous avons gagné le bord, VEupkrate largue ses amarres et nous filons , à la grande déconvenue des passagers qui comptaient n'avoir à se faire porter qu'à ia hauteur de la bouée des Messageries. Force leur est de nous suivre dans

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