Considérations sur l'origine de la mâchoire
Nous savons, par les révélations dues à l'archéologie, notamment
sur les tombeaux égyptiens, que non-seulement les mêmes chambres
sépulcrales, mais les mêmes cercueils ont servi, pour dernière demeure,
i à des individus appartenant à des générations successives et quel-
* ■ quefois même à des races diverses. T:
Par conséquent ni la localité, ni l'hypogée, ni l'inscription du sarcophage, ne peuvent témoigner d'une façon absolue de l'identité
des reliques osseuses avec le personnage dont l'épitaphe nous indique le nom, le sexe et la dignité.
Mais cette môme relique osseuse nous dénonce que la mâchoire devait appartenir incontestablement à une femme décédée à un âge peu avancé. En effet, cet os, pour avoir appartenu à une personne adulte, est évidemment petit, et de plus, sauf le menton, tous les contours sont remarquablement arrondis; et enûn la dernière molaire, quoique formée, comme on le relève d'une trace de paroi alvéolaire, n'avait probablement pas encore percé, vu que l'indication de la crête, où s'insère le muscle buccinateur, se dessine au niveau de l'avant-dernière dent molaire. Difficilement, chez un jeune homme ou chez une femme âgée, les muscles auraient laissé si peu de traces de leur insertion.
Si nous avons pu, par l'examen anatomique, établir avec un haut degré de certitude l'âge et le sexe de l'individu, en est-il de même de sa race? En d'autres termes, une mâchoire inférieure incomplète* peut-elle nous autoriser à définir catégoriquement son origine? Assurément non, d'une façon absolue, surtout quand les indications secondaires nous font défaut. Mais ici il existe tout un cortège de circonstances qui facilitent notre tâche. D'abord , le volume et l'orthognathisme nous dénoncent une origine ou aryenne orientale ou sémitique, et la forme du menton milite en faveur de la dernière provenance. Ainsi, rien dans la conformation du squelette osseux, ne s'oppose à cette version. Toutefois les données relevant de l'histoire et de l'archéologie, dont l'exposé revient à l'illustre savant auquel nous sommes redevables de cette importante découverte, imprimeront aux faits anatomiques le cachet indélébile d'une certitude apodictique.
;: Note. Pour mettre en relief les différences ethniques qu'on peut relever par le mesurage, j'ajoute à la description ce petit tableau qui ne comprend que des mâchoires féminines. J'ai choisi, parmi les nombreuses pièces à ma disposition, celles qui sont les plus délicates et les plus rapprochées da type que je viens de décrire. Faisons remarquer, toutefois, que les différences se dessinent dafls les détails de la forme beaucoup plus nettement que dab^les proportions.
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