A quelle époque appartient le squelette t
Peut-on, enfin, par l'état dans lequel on a trouvé les os, établir l'époque à laquelle appartient le squelette? Passons rapidement en revue les données de l'expérience relatives à cette question. Quant aux ossements recueillis dans les terrains, il est constaté aujourd'hui que leur état de conservation et même leur degré de fossilisation dépend tout autant, sinon plus, de la qualité de la matrice, du sol en général et même du climat, que de l'antiquité de leur existence. Ainsi, nou9 voyons dans le sol sablonneux du désert des os. modernes se fossiliser, c'est-à-dire s'imbiber de silicates sous nos yeux, tandis . qu'au fond des couches quaternaires de l'Europe nous rencontrons des ossements d'animaux du diluvium qui, loin d'être fossiles dans le sens précité, retiennent encore bonne portion de leur gélatine. Il en est de même des. squelettes humains. Couchés, par exemple, dans le plâtre ou même dans le gravier du diluvium, ils se conservent plus facilement que dans les couches superficielles de l'humus , etc.
Après ces considérations sommaires relatives aux couches terrestres, passons à l'examen de l'influence des tombeaux. En Egypte comme au Pérou, les grottes et les hypogées sépulcrales nous rendent les corps momifiés ordinairement à l'état où ils étaient au moment de l'enterrement. Ici la double action conservatrice de l'embaumement et de l'air sec nous explique parfaitement l'état des choses. Même dans le Danemark, on a retiré des chambres sépulcrales construites en grosses pierres au moins des crânes intacts appartenant à l'âge de la pierre. Il n'en est pas toujours ainsi des restes osseux contenus dans les dolmens, les kistraens, etc., qui couvrent l'aire celtique de la France, des îles Britanniques, etc. Les localités paraissent ici exercer une grande influence. Car la désagrégation se produit souvent sous les yeux de l'observateur aussitôt que les os sont exposés au contact de l'air. Par contre, on a pu détènfer dans les grottes des ossements humains appartenant à l'époque diluviale, qui sont bien conservés, surtout là où ils sont couverts par des stalagmites.
Ainsi, l'état pur et simple de leur conservation ne nous fournit point de règle absolue, point d'échelle graduelle dans l'appréciation de l'époque à laquelle appartiennent les os découverts dans les tom-
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VOYAGE EN TKHQfi SAINTE.
beaux. Pour fixer leur daie plus on moins approximative ou certain il faut ici recourir aux données île In pal limnologie, en ce qui concerr
s terrains, et aux lumières de l'archéologie, en ce qui louche aux tombes.
Quant h la Palestine. l'usage d'embaumer les cadavres paraît a disparu avec les patriarches; du moins les dépouilles mortelle» qui nous occupent ici exclusivement n'ont offert aucune trace de ce procédé. Le clitnni de la terre promise n'offre pas, il est vrai, les mém chances pour ta conservation des corps organiques que ceux de l'Egypte, des hauts plateaux des Andes et de l'Atacama péruvien. Toutefois nous trouvons dans les faits relatifs au sépulcre royal, faits q ont été notés, dans leurs moindres détails, avec l'exactitude intei genta et scrupuleuse qui distingue l'éminent rapporteur, des pointe d'appui pour assigner aux ossements contenus dans le cercueil V date approximative. En effet, les squelettes entassée dans le v de la chambre sépulcrale datent, d'après les médailles trouvées e leur compagnie, au moins du commencement de notre ère; el quoiqu'ils aient subi, par le contact de l'air, la désagrégation en grande partie, ils se sont infiniment mieux conservés que les os contenus dans le cercueil. M. de Saulcy en a pu rapporter deux visages avec leur os frontal parfaitement intact; les dents y paraissent être d'hier. Cette circonstance, a elle seule, nous autorise à porter en arrière de bien des siècles le contenu du sarcophage. Oui, ce rapprochement nous permet d'établir sa haute antiquité. Toutefois, une autre circonstance grave nous impose ici une certaine réserve. C'est que le sarcophage a été incontestablement ouvert dans un temps, et il est à présumer que l'influence de l'air, provoquée par cette opération, a dû hâter la désagrégation des os. La science est tout aussi impuissante pour apprécier o priori les différences individuelles à l'égard de la décomposition plus ou moins rapide du squelette. C'est donc, en dernière instance, à l'archéologie que revient la parole décisive pour fixer la date positive de l'enterrement de la reine judaïque. L'anatomie ne peut qu'établir l'identité des restes osseux avec le personnage qui figure dans l'inscription.
Prunea-Bëï.
Paris, la 2ï février 1864.
hPITAPHE JUDAÏQUE DE THABARIEH,
Je dois à l'amitié de MM. J. Oppert et Kalisch, hébraïsants dont on ne sera pas tenté, j'imagine, de contester la compétence, l'explication de l'épitaphe judaïque que j'ai rapportée de Tibériade, et sur l'âge de laquelle je n'avais émis qu'un doute pur et simple dans le cours de cet ouvrage. Voici la transcription du texte :
rwmn nvx '2 'd
'u nao 't '2 DV3 'n'a'x'yn '2'Eh 'aspnn
Les deux premières lettres de la première ligne sont les initiales des mots mapJ ns, « Ici est enterrée, » ou djdb: ne, « Ici gît. » La première lettre de la deuxième ligne est l'initiale de mo, (( Darqe. »
Les deux dernières lettres de cette même ligne représentent trèsprobablement les mots woî "p3D, « que sa mémoire soit bénie. »
A la troisième ligne, le mot KT1K3TD nous donne le nom d'une localité de Pologne, Zabarova, de laquelle était originaire Rabbi Isaac, père de la défunte Rachel.
Les deux dernières lettres de cette troisième ligne représentent le mot mEBJt «elle a été retranchée (du nombre des vivants) »; à la quatrième ligne, V est l'initiale du mot ri2V » « l'année. »
Voilà qui n'offre plus de doute. Celle épitspbe date de 1823. Comment a-t-elle roulé dans le lac? Comment le cimetière juif de Thabarieh ne présente-t-il pas dopitaphes analogues? Voilà deu* questions auxquelles je ne me charge pas de répondre.