INSCRIPTION HÉBRAÏQUE TRACÉE SUR LE FUT DE LA COLONNE MONOLITHE
SOUS EL-AKSA.
J'ai mentionné une inscription en hébreu carré, de quatre lighes, tracée sur le fût de la colonne monolithe, de galbe égyptien, placée à la porte sous El-Aksa. Je n'ai pas besoin de rappeler ici tout l'intérêt que présente cette inscription, dont la présence en pareil lieu ne peut s'expliquer qu'en admettant qu'elle a été gravée au plus tard avant la destruction de la Jérusalem judaïque par l'empereur Adrien, à moins qu'on ne veuille soutenir qu'elle a pu l'être lors de la tentative de Julien l'Apostat.
Quoi qu'il en soit, cette inscription en hébreu carré, je le répète, est certainement antérieure à la domination chrétienne, et, à plus forte raison, à la domination musulmane.
Encroûté par les badigeons successifs qui ont couvert la colonae, ce texte était fort difficile à copier, lorsque j'étais à Jérusalem. Depuis mon départ, mon ami M. Mauss s'est chargé d'en faire exécuter un moulage que je possède, et c'est sur cette reproduction, dont on ne
peut suspecter la fidélité, que j'ai entrepris, avec l'aide de mon ami
Lee points représentent des lettres qui ne se perçoivent pas bien, très-probablement parce qu'elles sont, sur l'original, empâtées de badigeon, lletreusemenl toutes ces lettres absentes sont faciles à restituer,
et non avons le texte.
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tpin K*"jpx a«na qui se traduit sans difficulté :
Jouas el Sabliyah sa Femme, do Sicile, fortifiés parmi les vivants.
ou, si l'on veut, « rendus forts dans la vie. »
Nous avons là une contre-partie de certains proscynèmes grecs et égyptiens dont les exemples sont nombreux, et il est intéressant de
APPENDICES. 3ï7
retrouver un monument épigraphique de cette classe dans les substructions du temple de Salumon. Rien que la forme de ce texte hébraïque suffirait, ce me semble, pour en établir l'antiquité, quand même on ignorerait le lieu où il est placé, et l'impossibilité absolue, qu'il ait été gravé depuis l'expulsion des Juifs de Jérusalem devenue la colonie £lta Capitolina.
La présence du nom de la Sicile n'a rien qui doive nous étonner. Les Juifs, dès une époque fort reculée, s'étaient répandus dans tout le monde antique. Nous savons, de science certaine, qu'il y en avait un très-grand nombre en Egypte.
D'un autre côté, Cicéron lui-même s'est chargé de nous apprendre qu'ils étaient nombreux à Rome, et que, de plus, ils y exerçaient une grande influence dans les comices. Qu'y a-t-il dès lors de surprenant à ce que la Sicile, cette station intermédiaire entre l'Egypte et Rome, ait possédé une colonie juive ? Rien, je pense.
Noua sommes donc en possession d'un nouveau texte conçu en hébreu carré, et que je n'hésite pas, pour ma part, à considérer comme antérieur au siège de Titus. Ce n'est guère, en effet, après la destruction du temple, que des pèlerinages ont pu s'accomplir et se constater ouvertement, par une inscription tracée librement dans un passage public, donnant accès au sanctuaire de la nation.
J'ai parlé dans mon récit d'un autre texte malheureusement fort incomplet, et tracé au pinceau sur le trumeau faisant face à la colonne monolithe ; voici ce texte, qui est peint en rouge, et que je livre à la curiosité des hébraïsants.
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