PORTE DE DAMAS
tive, Dieu sait à quelle époque! En avant, s'ouvrent deux bouches de citerne où la garnison turque vient à certains jours puiser l'eau qui lui sert à faire sa lessive. Pour voir l'intérieur du monument judaïque , il faut prendre, à droite, la ruelle qui monte aux remparts et qui longe une voûte ogivale effondrée. Là paraissent les gros blocs à demi cachés sous les décombres et les immondices ; puis se présente un trou , par lequel on se laisse glisser sur le plan incliné que forment ces immondices, et l'on se trouve dans une chambre rectangulaire dont toute la base est formée de blocs judaïques à encadrements. On remarque avec étonnement que ces blocs sont parfois engagés dans la coastruction de telle façon que les encadrements taillés à l'avance ont été cachés à l'intérieur de la muraille. Que si l'on voulait conclure de ce fait que tout cela a été remanié, je voudrais bien qu'on m'expliquât alors qui a pu avoir l'idée saugrenue de faire pivoter de pareilles masses sur place pour les réemployer; car on ne persuadera à personne que ces blocs énormes aient jamais été dérangés de leur assiette première. Ce qu'il en faut conclure, c'est que les blocs, tout préparés et amenés delà carrière, étaient ajustés entre eux de la façon la plus convenable, et sans qu'on se préoccupât autrement de ce que devenaient les encadrements. Le plan général de cette chambre est très-curieux, et la disposition des blocs y manifeste parfaitement la direction de l'ébrasement des tours extérieures. EnGn, une ouverture rectangulaire donne accès dans une petite cage d'escalier qui devait conduire aux étages supérieurs. A gauche de la porte actuelle se montre une chambre identique, mais qui a été grandement mutilée, pour qu'on y pût ménager une habitation moderne. Tout cela, hâtons-nous de le dire, sera soigneusement étudié et levé, malgré la vermine qui y pullule et dévore les imprudents archéologues.
Maintenant, qu'était-ce que ce monument? Josèphe va nous l'apprendre. Nous lisons dans les Antiquités judaïques (X, m, 2) : « Manassès s'occupa de la sûreté de Jérusalem. « de telle sorte qu'il répara considérablement l'ancienne ente ceinte, qu'il la recouvrit d'une autre muraille, qu'il construire si t des tours très-élevées, et qu'il approvisionna les forteresses a extérieures de vivres et de tout ce qui était nécessaire pour « les rendre plus propres à la défense. » ( xal tt.ç twv
'l£po<?o>t*Ju.câv acçaAEta; 7rpo£vo*/;<7Ev, co<jt£ Ta TZOLkxik iiiyji |i€Ta 7roXïftç snixeuaaai <rzo\)Sr,ç xal erepov oùtoî; eîTi^aXeiv, avaarf.cai èi xal irJpyo'j; Gj/r4VjTaToyç , Ta te ^po tt.ç iroXeco; çpo*jpia tolç t' aXXoiç xal èr, xal giticov iravTwv Ttov 6iç a'jTa ypy.tjtjiwv eiGXOui^r, ojruptoTepa
•ïTOif.ffat.) Ce passage est extrêmement important, puisqu'il nous apprend l'existence de «pperipta ^po tt.; toXm*;, de forts placés en avant de la ville, forts qui étaient antérieurs au règne de Manassès, puisqu'il ne fit que pourvoir à leur approvisionnement et à leur mise complète en état de défense. On me permettra de retrouver, parmi ces forts extérieurs, la tour ruinée qui est au nord de l'église de Sainte-Anne, et la forteresse dont les restes supportent aujourd'hui la porte de Damas. Quand nous nous occuperons du siège de Titus, nous serons conduits forcément a reconnaître dans cette dernière forteresse ce qui plus tard reçut le nom de tours des
Femmes (Bell. jud. , V, II, 2) . to:j; r'jvaixaou; xa)>o*juivou; iripyou;.
Pour regagner l'hôtel Hauser. nous avons préféré suivre la route extérieure, qui conduit de la porte de Damas à la porte de Jafla , et . chemin faisant , nous avons constaté le long de la muraille l'existence de quatre grands aygeres, qui sont très-certainement restés la depuis le siège de Titus.
RI M. de Barrère, Mauss et Ledoulx sont venus partager notre dîner d'auberge, et la soirée s'est très- agréablement passée à causer de la France et de Jérusalem. En nous quit-