ENCEINTE D'AGRIPPA
moi aussi je l'ai promise, et si Ton me sert bien, je tiendrai ma promesse.
Nous sommes sortis du Haram par la ruelle qui va déboucher en avant du Birket-Israïl , contre le Bab-Settv-Marvam.
Le déjeuner, que nous offre Barrère , nous attend à la grotte de Jérémie, où nous nous rendons en suivant le large et profond fossé, taillé dans le roc, qui couvre tout l'angle nord-est de l'enceinte actuelle, comme il a couvert jadis l'enceinte d'Hérode-Agrippa.
Lorsqu'on examine avec soin cette partie des fortifications de Jérusalem , lorsqu'on apporte à cet examen les notions les plus simples de l'art militaire, on a véritablement peine à comprendre comment des hommes, ayant d'ailleurs un véritable mérite, ont entassé les unes sur les autres les suppositions les plus inadmissibles, pour faire passer bien au delà, vers le nord, l'enceinte d'Hérode Agrippa. Il suflit de voir une fois le terrain et les immenses coupures de rocher qui supportent l'enceinte actuelle, pour comprendre que ces coupures, qui n'ont jamais été l'œuvre des Arabes, ni des croisés, ni des Turcs, appartiennent à une époque bien plus reculée, et que là, sans aucun doute, a passé l'enceinte hérodienne. Ajoutons d'ailleurs qu'il est facile de reconnaître en certains points, et notamment en face de la piscine de la Pèlerine, des portions basses de la muraille qui sont incontestablement des restes de cette enceinte hérodienne. Celles-ci seront levées et photographiées plus tard; mais disons, dès à présent, que le récit de Josèphe touchant l'énormité des matériaux employés par Agrippa est empreint d'une exagération déplorable. C'est un peu l'habitude de cet historien, et quand il parle de dimensions, il y a toujours à peser ses assertions avec grand soin , avant de se décider à les accepter comme positives.
Le fils du derviche habitant et gardien de la grotte de Jérémie est derviche lui-même. En l'absence de son père, c'est lui qui nous fait les honneurs de sa demeure étrange. Le temps est splendide, et nous trouvons la table dressée en plein air, ce qui nous convient à merveille; nous prenons donc place à l'ombre de quelques beaux grenadiers chargés de fruits, et notre conversation roule, ainsi qu'on peut le deviner, sur les merveilles que nous venons d'admirer, aussi bien que sur celles que nous avons encore à voir, après le déjeuner. Je veux parler des fameuses grottes royales, les 2I1HAAIA BA2IAIKA de Josèphe, que beaucoup de voyageurs, et moi tout le premier, ont cherchées à tort dans le tombeau des rois, Qbour-el-Molouk. Ces cavernes royales sont trèscertainement les carrières qui ont fourni à Salomon les matériaux de ses immenses constructions. Découvertes depuis mon premier passage à Jérusalem , ces carrières méritent grandement qu'on les visite avec soin. Comme il serait trop difficile de les décrire minutieusement, je me contenterai d'en donner un aperçu général.
Lorsqu'on sort de la porte de Damas, en suivant la branche droite des murailles, on ne tarde pas à arriver au-dessus d'une vaste excavation taillée à pic dans le rocher, et au-dessus de laquelle, vers Test, se trouve un trou assez bas, naguère muré, et qu'on a débouché afin de pouvoir pénétrer plus à Taise dans les vastes souterrains sur lesquels il ouvre. Un peu plus loin se voit une seconde ouverture, encore murée aujourd'hui, et qui avait jadis la même destination. Il faut se baisser beaucoup pour franchir cette entrée ; une fois à l'intérieur, on suit d'abord une rigole coupée par l'ordre de M . de Barrère , et qui permet d'accéder sans trop de fatigue aux carrières proprement dites, dont les plafonds sont parfois très-hauts, suivant le plus ou moins