TOMBEAU D'HÉLÈNE
c'est incontestablement la masse de rochers sur laquelle fut l'église de Saint -Etienne, dont il ne reste plus la moindre trace aujourd'hui. Dans ces rochers sont creusées quelques grottes sépulcrales dont l'une a pu parfaitement servir de tombe à la reine d'Adiabène. Chaque année, les Juifs de Jérusalem, en souvenir d'un personnage qui est venu au secours de leurs ancêtres dans un temps de disette, personnage dont ils ignorent d'ailleurs le sexe, et qu'ils croient un homme, bien qu'ils l'appellent assez ridiculement Kelbah-Cheboua, « la chienne qui rassasie; » les Juifs, dis-je, célèbrent, à une époque déterminée de l'année, une fête commémorative qu'ils commencent sur ce rocher, et qu'ils vont terminer aux Qbourel-Molouk. C'est Barrère qui, le premier, a recueilli ce renseignement précieux. La tradition est donc d'accord avec l'hypothèse qui placerait là le tombeau de la « chienne » qui rassasia les Juifs, de la bienfaitrice à laquelle, dans leur reconnaissance, ils ont appliqué une si aimable qualification. Voyons maintenant si les diverses mentions que Josèphe fait du tombeau de cette reine généreuse s'accordent suffisamment avec l'opinion de Barrère, opinion que j'adopte pleinement, après mûr examen.
Dans le récit de la sortie exécutée par les Juifs contre la reconnaissance de cavalerie dirigée par Titus en personne, et se rendant de son camp du Scopus vers la tour Pséphina,
nous lisons (Bell. jud.s V, II, 2) : 'Erel Se ex. zrt; 6$o0 Trpo; tov Wyfyivov TOÎpyov onrox^ivaç T&ayiov r.ye to twv irraœv gtÎço; , Tcpoxr.^rïaavTeç 8?;ai<pvY)ç a7ceipot xarà touç Tuvaixeiouç xa'Xouptivouç 7Uupyouç £tà tîÎç avTixpû tûv fE>évr,ç [/.v*/îf/.eia>v iru^nç, ^lexTraiouci
txs ÏW1C0U, x. t. \. « Mais dès qu'il s'écarte de la route pour « aller du côté de la tour Pséphina, en faisant faire à sa « cavalerie un mouvement de flanc, d'innombrables combatce tants s'élancent des tours nommées « tours des Femmes. »
« en sortant par la porte qui est en face du tombeau d'Hé- « lène, et ils coupent la colonne de cavalerie. »
Mettez, comme je le fais aujourd'hui, les tours des Femmes au monument judaïque sur lequel est bâtie la porte de Damas, voyez dans cette porte elle-même, ou mieux dans la porte dont j'ai décrit plus haut Tare énorme encore existant, la porte que désigne Josèphe, et enfin le tombeau d'Hélène, sur le massif de rochers qui nous occupe en ce moment , et tout est, dans ce récit, d'une exactitude pour ainsi dire mathématique.
Passons à la seconde phrase, où il est question de ce célèbre monument (Bell, jud., V, iv, 2). Josèphe décrit lé" tracé de la troisième enceinte, celle d'Hérode Agrippa, et il nous apprend que cette enceinte « commençait à la tour Hip- « picus, et s'étendait, à partir de là, vers le nord, jusqu'à la « tour Pséphina, puis passait en face du monument d'Hélène, « puis à travers les cavernes royales , etc. , etc. » Ceci encore est d'une exactitude mathématique. La tour Hippicus, ou du moins celle qui la remplaça, est toujours à sa place. La muraille se dirige directement en inclinant vers le nord, jusqu'au Qasr-Djak>ud , qui est la tour Pséphina, et à partir de là , une longue branche rectiligne va passer vis-à-vis des roches de l'église Saint-Etienne, pour aboutir à la porte de Damas.
Remarquons que, dans les deux passages précités, la porte prise parla sortie des Juifs est àvTixpJ, « en face » du tombeau d'Hélène, comme la branche de l'enceinte elle-même, et cette expression, employée deux fois, implique forcément un voisinage assez rapproché des trois choses. Cette expression n'aurait plus le sens commun , si l'on cherchait le tombeau d'Hélène aux Qbour-el-Molouk, qui sont à huit cents mètres de la porte de Damas, plus près, par conséquent, du camp de Titus que de l'enceinte de la place assiégée.