‹ Voyage en terre sainteChapitre 28 sur 53 · TOMBEAU D'HÉLÈNE · texte numérisé non relu

TOMBEAU D'HÉLÈNE

Dans les Antiquités judaïques nous lisons (XX, iv, 3) : « Monobaze ayant envoyé à Jérusalem les os de celle-ci (d'Hé- « lène) et ceux de son frère, les fit ensevelir dans les Pyra- « m ides que sa mère avait fait élever, et qui, au nombre de « trois, étaient situées à trois stades de la ville. » D'Anville, dans son excellent morceau sur la topographie antique de Jérusalem, a démontré que le stade judaïque était de cent quarante mètres; trois stades font donc quatre cent vingt mètres; c'est la moitié de la distance de la porte de Damas aux Qbour-el-Molouk , si c'est un peu plus que la distance de cette même porte au pâté de roches qui nous occupe. Remarquons d'ailleurs en passant que les trois pyramides en question n'ont rien de commun avec les immenses excavations des Qbour-el-Molouk.

Reste enfin un passage de saint Jérôme (Ep. lxxxvi ad Eustochium virginem, Epitaphium Paulœ matris, édition Martianay, t. IV, p. 673), décrivant l'itinéraire suivi par Paula pour venir à Jérusalem. Elle part de Béryte, passe à Sidon, à Sarepta, à Tyr, à Ptolémaïs, à Acco; se rend, par la plaine de Mageddo, à Dora, puis à Césarée, à Antipatris, à Lydda- Diospolis, à Arimathia (la Ramleh moderne, très-probablement), petit village de Joseph, qui ensevelit le Seigneur (nciilum Joseph qui sepelivit Dominum), à Nobe ( Kafr-Xouba) , et de là à Joppe (Jaffa). Elle repart de Jalfa par la même route {repetitoque itinerc) pour Nicopolis, anciennement Emmaûs (apud quam in fractione panis cognitus Dnmiims, Cleophœ domum in ecclesiam dedicavit). De là elle gagne Beït- Horon, l'inférieure et la supérieure, apercevant, à droite, Ayalon etGabaon, où Josué, combattant contre cinq rois, arrêta le soleil et la lune, etc. (Gabaonitas ob dolos et insidias fœderis impetrati , in aquarios lignariosque damnavit.) C'est donc bien la Djebaû, placée sur cette route, et que j'ai

Ul VOYAGE EN TERRE SAINTE.

vue en passant, qui était pour saint Jérôme la patrie des fourbes Gabaonites. Ceci est bon à noter, puisque Ton a cherché, tout près de Khouraïb-er-Ram, cette Djebaà biblique qui n'y a jamais été. Paula s'arrête quelque peu à Djebaâ, et reprend sa route. Quid diu moror? ajoute saint Jérôme. Ad lœvam mausoleo Helenœ derelicto, quœ Adiabenorum regina in famé populum frumento juverat, ingressa est Jerosolymam. En suivant cette route, on laisse forcément à gauche le pâté de roches sur lequel fut l'église de Saint-Étienne. Ce récit est donc encore e\act, et le renseignement topographique donné par saint Jérôme, en prouvant implicitement que ce mausolée était fort près de la ville, confirme pleinement la nouvelle opinion que m'a suggérée Barrère, et que j'adopte sans le moindre scrupule. C'est là , je crois , un point de la topographie hiérosolymitaine mis définitivement hors de question.

Est-ce bien en cet endroit qu'étaient l'église de Saint- Étienne et le tombeau de l'impératrice Eudocia? Cela est très-probable, mais ne me semble pas démontré, bien que, sans aucun doute, l'église de Saint-Étienne ait du se trouver dans le voisinage immédiat. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le récit du pèlerinage d'Antonin de Plaisance, dit Antoninus martyr (édition de Tobler, Saint-Gall, 1863, p. 28) : « Eudocia , imperalrix ipsa , addidit muros in civitate , et ipsa « munivit basilicam et sepulchrum sancti Stephani, et ipsa a suum habet sepulchrum juxta sepulchrum sancti Stephani; « inter sepulchra sunt gressus vi. Et ipse sanctus Stephanus « requiescit foris portant, sagittac jactu, ad viam, et illa « porta quai descendit ad Joppem et Cœsaream Palestine vel « Diospolim civitatem. » Ce témoignage semble bien placer la basilique et le tombeau de Saint-Étienne vers le pâté de roches en question, et il nous apprend que la porte actuelle, dite de Damas, ou El-Aamoud, s'est appelée aussi porte

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