‹ Voyage en terre sainteChapitre 29 sur 53 · ÉGLISE DE SAINT-ÉTIENNE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINT-ÉTIENNE

Saint-Étienne , à l'époque du pèlerinage d'Antonin, pèlerinage qui eut lieu vers S70. Un détail curieux qu'ajoute le récit d'Antonin me paraît fixer l'origine du nom moderne Bab-el-Aamoud, porte de la Colonne. Le voici (loc. ci.) : Au milieu de la route, non loin de la ville, est debout une colonne de marbre vers laquelle fut conduit d'abord le Seigneur pour être flagellé-, laquelle colonne fuyant, enlevée qu'elle était par une nuée, fut placée en ce point. Et on reconnaît que ce fait est vrai, parce que cette colonne n'a < pas de base là où elle doit être fondée; elle se tient ainsi debout sur la terre, et elle peut être remuée; au sommet est placée une croix de fer, etc., etc. » La visite de ces roches a dignement clos notre exploration de la journée. Nous étions véritablement exténués par la fatigue et par la chaleur; nous a>ons donc regagné la ville, et à quatre heures nous rentrions à l'hôtel. Le frère Liévin est venu partager notre dîner, et la conversation générale n'a cessé de rouler sur tout ce que nous avions eu le bonheur de voir pendant cette journée si bien employée. Nous avions décidé que, pour ne pas perdre un temps précieux, nous partirions dès le lendemain pour Hébron. J'ai donc donné des ordres en conséquence, et nous avons, avant de nous coucher, fait tous nos préparatifs de départ. Salzmann ayant besoin de quelques jours pour se mettre en mesure de nous accompagner au delà du Jourdain avec son appareil photographique, il est convenu qu'il restera à Jérusalem pendant que nous allons accomplir cette première excursion.

Irr novembre.

Comme nous nous mettions en mute le jour même de la Toussaint, nous avons de très -bonne heure été entendre la messe à l'église de Saint-Sauveur, c'est-à-dire à la paroisse, qui n'est que l'église du couvent des Franciscains. A six heures et demie, le frère Liévin est venu me chercher, et avec Gélis nous nous sommes rendus au couvent. L'abbé, de son côté, était au Saint-Sépulcre. Pendant la messe que j'entendais, Msr le patriarche a fait son entrée de cérémonie dans l'éplise, où il venait célébrer pontilicalement la solennité du jour. Il a une prestance magnifique, un très-grand air, qui fait involontairement penser aux splendeurs du patriarcat pendant toute la durée du royaume latin de Jérusalem. A la sortie de la messe, j'ai été serrer la main du révérendissime et prendre congé de lui.

Le frère Liévin m'avait parlé la veille au soir d'un couteau de silex trouvé par l'abbé Moretain, curé de Beït-Sahour, dans les fondations de la petite église qu'il fait construire. Ce couteau, qu'il prend pour un couteau à circoncision, est probablement bien plus ancien que la venue des Juifs en terre sainte. Quoi qu'il en soit, il m'en a fait don de la manière la plus généreuse , et ce morceau précieux ira reposer au musée du Louvre.

A huit heures et un quart seulement, nous étions à cheval. Nos montures nous attendaient au Bab-el-Khalil. et nous nous sommes immédiatement mis en marche par la plus splendide matinée. Nous n'avons pas été plus tôt en route, que deux piètres bachi-bozouq, deux gamins ne valant pas une chiquenaude, sont venus prendre la tcte de notre petite

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