‹ Voyage en terre sainteChapitre 35 sur 53 · PRÉPARATIFS DE DÉPART · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE DÉPART

m'offre une lettre de recommandation, ce qu'on appelle un bouyourouldou , pour les autorités du pays où je vais. J'ai l'air d'accepter avec empressement, mais cette fois encore je sais bien ce que je ferai de cette lettre; elle restera dans ma poche, et n'en sortira, ma foi, pas. Tout ainsi terminé de la façon la plus aimable de part et d'autre, nous prenons congé du pacha, et nous regagnons l'hôtel Hauser, jusqu'à la porte duquel Barrère, avec son cortège, nous fait l'honneur de nous accompagner.

Une fois rentré, je me suis dépéché de reprendre mon costume de voyageur, et de mettre bas les décorations. Ouf! j'en avais assez. Jusqu'à l'heure du dîner, j'ai eu la conversation la plus agréable avec le père révérendissime et avec le père Bassi, qui sont venus me rendre une visite. Quelles excellentes et dignes gens! Vraiment je me suis pris pour eux de la plus sincère amitié. Comme je me trouve déjà beaucoup mieux, j'ai diné avec une extrême réserve, bien entendu, mais enfin j'ai diné sans le moindre inconvénient. Mauss était des nôtres, il vient avec nous et nous sommes convenus qu'il laissera des instructions au monde dont il dispose; chaque jour on ira voir au Qbour-el-Molouk si des ouvriers y travaillent par l'ordre du pacha. Si dans six jours personne n'y a paru, on se mettra à la besogne pour mon compte. Disons tout de suite que le septième jour j'avais sur ce terrain une demi-douzaine de fouilleurs, et le double d'enfants, chargés d'emporter dans des couffes les terres des déblais.

5 novembre.

\jd lendemain j'ai passé toute ma matinée dans le repos

le plus complet, mettant mes notes de voyage à jour, et causant avec le cheikh Qablan qui est venu me revoir, et de qui j'ai tiré le plus de renseignements possible sur le pays que je vais parcourir. Il me promet de me faire visiter toutes les ruines qui y existent. Une chose me chiffonne dans ses réponses. J'ai, comme on le pense bien, le plus vif désir de voir Machéronte, que les Arabes, au dire de Seetzen, appellent M'kaour. Mais toutes les fois que je lui parle M'kaour il me riposte Nâour, ce qui ne me fait guère l'effet d'être la même chose. Nous verrons bien quand nous serons sur place.

Comme je me sens tout à fait remis , j'ai profité de mon après-midi pour aller visiter au delà des terrains des chevaliers de Saint-Jean , dans la rue qui croise à angle droit celle qui longe l'escarpement nord de Sion, l'archivolte d'une porte encastrée dans un mur moderne, et découverte par mon ami

Pierotti , qui y voit la porte Djennat de l'Ecriture. Je ne sais pas encore si c'est bien la porte Djennat, mais ce que je saîs, c'est que cette porte en plein cintre, construite en blocs de très-grande dimension, a tout à fait la tournure d'une construction de la plus haute antiquité.

De là je suis allé chez Mgr le patriarche, avec lequel j'ai passé une heure très -agréable. Après notre dîner nous avons été au consulat achever notre soirée , et j'ai eu le bien vif plaisir de donner l'accolade à Barrère , en le recevant oflicier de l'ordre impérial de la Légion d'honneur. Avant dix heures nous étions tous couchés, prenant des forces pour la chevauchée du lendemain. Toutes mes provisions sont faites; Antoun est prêt, ses dispositions sont bien prises pour que nous ne manquions de rien. Et maintenant, à la grâce de Dieu!

Ce matin, de très-bonne heure, nous étions tous sur pied, et, après avoir pris le café, nous sommes allés, comme de

BÉTHAN1Ë. 494

coutume, chercher nos chevaux à la porte de Jafla. Nos tentes, nos bagages de toute espèce sont déjà chargés, et enûn je donne avec bonheur le signal du départ. Il fait un temps magnifique, et la chaleur sera certainement dure à supporter dans le milieu du jour, d'autant plus que nous allons coucher à Er-Riha, et que le Rhôr n'est pas précisément inventé pour qu'on s'attende à y prendre le frais.

Nous avons contourné toute la partie occidentale et septentrionale de la ville, un peu gênés dans notre marche par la masse de nos bêtes de charge, dont nous avions hâte de nous séparer, afin de pouvoir cheminer à l'aise dans les routes déplorables que nous avions à parcourir. Salzmann, qui a quitté l'hôtel en même temps que nous, a disparu, et Mauss n'a pas paru du tout. Aurait-il pris les devants? Gela me tourmente un peu, bien qu'il n'y ait pas moyen de faire fausse route. Une fois descendus au fond de la vallée de Cédron, devant le Bab-Setty-Maryam, nous prenons la route d'El- Azâarieh, ou Béthanie, c'est-à-dire celle qui longe le flanc du mont des Oliviers, en passant au-dessus des beaux monuments sépulcraux de la vallée de Josaphat. 11 nous faut une demi-heure pour atteindre Béthanie. Le village est devenu un peu plus propre, un peu plus joli qu'il ne l'était il y a treize ans ; mais en revanche la vieille construction judaïque, ou tour carrée, qui le domine, a été fortement dégradée. Les gros blocs à encadrements qui en ornaient encore la base ont été " arrachés , et probablement débités pour entrer dans les constructions récentes. Pauvres ruines ! En Orient, leur sort commun est toujours de servir de carrière à qui veut.

A Béthanie, nous avons trouvé Cheikh-Mahmoud, d'Abou- Dis, et son frère Moustapha, qui nous attendaient, et se sont joints immédiatement à nous pour nous faire escorte jusqu'à Jéricho. Leur présence ne nous est nullement nécessaire,

mais elle est utile à eux-mêmes, et cela leur suffit amplement pour s'imposer. Patience! c'est l'affaire de deux ou trois napoléons.

Quand on a dépassé El-Azàarieh depuis un quart d'heure, on aperçoit, sur le sommet du flanc droit de la vallée au fond de laquelle se trouve l'Ayn-el-Uaoud, le village d'Abou- Dis, capitale des Etats de Cheikh-Mahmoud. Ni celui-ci ni son frère n'ont rajeuni depuis treize ans , et je les trouve un peu racornis. Nous atteignons enfin le tronçon détraqué de voie antique dont les lacets nous amènent, non sans difficulté, au fond de l'ouad, et auprès de la fontaine qui, parmi les Arabes, est l'Ayn-el-Haoud (la source de l'Auge), et parmi les chrétiens, la Fontaine des Apôtres. Nous y faisons une halte d'un quart d'heure pour attendre nos deux retardataires, et pour laisser à nos bagages le temps de nous dépasser. Mauss arrive, mais tout seul. Que diable est devenu Salzmann? Je commence à avoir peur qu'il ne lui soit arrivé quelque accident. Ce n'est qu'un peu plus tard que j'ai su la cause de ce retard , tout volontaire de sa part. Afin d'avoir de l'eau convenable pour sa cuisine photographique, il a dû se munir d'une énorme dame-jeanne remplie d'eau de citerne de Jérusalem, et la dame-jeanne en question fait la charge d'une mule. Or, Salzmann a une peur affreuse que quelque culbute de la bote ne lui enlève ce précieux liquide, et en conséquence il ne la quitte pas de l'œil, et marche du même pas que le moukre qui conduit l'animal. Après une halte d'un quart d'heure à la Fontaine des Apôtres, nous nous sommes remis en route.

A six kilomètres au delà , nous apercevons sur notre gauche le Khan-Ibrahim, et enfin, après avoir traversé une petite plaine sur laquelle vient déboucher l'Ouad-el-Haoud, nous nous engageons dans la montée du Khan-el-Ahmar.

KHAN - EL - AHMAK. 493

devant lequel nous faisons la halte du déjeuner. Quelques roches, qui bordent le chemin, nous servent d'abri, et nous donnent, grâce à Dieu, un peu d'ombre, dont nous avons grand besoin. En nous appuyant contre ces roches, nous avons devant nous, c'est-à-dire au nord, sur un sommet, les ruines auxquelles on donne le nom de Khan , et qui sont bien certainement celles d'un véritable fortin. Les vraies ruines du Khan sont sur la route même et à quelques pas de nous. Les flancs déchirés que nous apercevons, surtout à l'ouest du fort, présentent de grandes taches d'un rouge assez vif pour trancher sur le ton jaunâtre de tout le terrain environnant, et j'avoue que je suis fort tenté de croire que ces larges plaques rouges, que l'on aperçoit parfaitement du mont des Oliviers, ont donné son nom à la localité; j'aime mieux croire que la dénomination antique de Màaleh-Adoumim, aussi bien que celle de Tour-Rouge, portée par cet endroit au moyen âge, et de Khan-el-Ahmar, qu'il porte de nos jours, vient de cette cause purement géologique, plutôt que d'attribuer cette épithète au sang qu'ici les voleurs de grand chemin répandaient trop souvent. Que la route ait été peu sûre, jadis comme maintenant, cela ne fait pas de doute; mais que cette teinte rouge exceptionnelle n'ait pas fait choisir la dénomination de ce vilain endroit, c'est beaucoup moins certain. Dans YEpitaphium Paulœ (éd. Mariianay, t. IV, p. 676), saint Jérôme s'exprime ainsi à propos de cet endroit : « Et « locum Adomim, quod interpretatur sanguinum, quia multus « in eo sanguis crebris latronum fundebatur incursibus. »

Au Khan-el-Ahmar, Salzmann nous a rattrapés ; il prend donc sa part du repos de deux heures que nous nous donnons en ce point, afin de laisser passer la forte chaleur de midi. Aussi est-il une heure et demie lorsque nous remontons à cheval. Très-certainement, s'il ne nous restait pas une bonne

moitié de notre étape à fournir, nous resterions une heure de plus à l'abri de ces roches bienfaisantes. Mais Jéricho est loin encore, et il faut bien s'efforcer d'y arriver le moins tard possible.

Je reconnais à merveille cette route, qui était restée présente à mon souvenir comme si je l'avais parcourue il y a un mois. Ici sont les mêmes traces de voie antique, là les mêmes ruines d'habitations, dont il ne reste que d'informes tas de pierres; plus lom, je revois le tronçon de borne milliaire que les Arabes ont appelée la Massue du Diable ( Dabbous-ech-Cheïtan) ; puis je reconnais le flanc que j'avais escaladé, pour apercevoir le fond de l'Ouad-el-Kelt, de cet ouad étroit, déchiré, et à parois verticales, que quelques jolis bouquets de verdure font apparaître parfois comme une riante oasis au milieu du pays désolé que nous traversons; mais je me dispense de risquer de me rompre le cou pour ne revoir que de loin ces ruines qui se nomment Deïr-el-Kelt. Il serait bien plus sage d'aller les chercher en partant de la plaine de Jéricho, mais il faudrait deux, heures pour y arriver, deux heures pour en revenir, et cette excursion exigerait, pour être fructueuse, l'emploi d'une journée entière, même s'il était possible de l'effectuer tout entière à cheval, ce dont je ne suis pas certain. Il me faut donc y renoncer, ayant bien d'autres courses plus importantes à faire. D'ailleurs je me console en pensant que le premier touriste venu pourra facilement dépenser une journée pour tenter cette exploration facile, et je n'ai pas de regrets, parce que je suis assuré que ce point étrange sera visité avant qu'il ne soit longtemps. Je dois rappeler de plus que le nom de Deïr, couvent, semble désigner une construction religieuse du moyen âge, et ce n'est pas là ce que je viens chercher en Judée. Quoi qu'il en soit, je me bornerai à dire que c'est à sept kilomètres environ au delà du

ER - RtHÀ, JÉRICHO. 495

Khan-el-Ahmar, et à Test de ce point, que la route de Jéricho passe au-dessus du Deïr-el-Kelt.

A un kilomètre plus loin, commence l'infernale descente qui conduit à Jéricho. Dès le sommet, il faut mettre pied à terre. Faire ce bout de roule à cheval, en montant, c'est possible, mais en descendant, ce serait insensé. Enfin, à force de sauter de roche en roche, on arrive à une petite ruine, située à gauche de la route, et qui se nomme Beït- Bent-el-Djebel , maison de la Fille de la Montagne, et dès lors on est pour ainsi dire arrivé à la plaine ; la rampe, en effet, devient tout à fait douce, et Ton ne tarde pas à marcher en terrain plat. Presque aussitôt après avoir franchi le point où se voit le Beït-Bent-el-Djebel , on aperçoit, sur sa droite, un monticule que couronnent des ruines fort apparentes ; c'est Kherbet-Kakoun, peut-être la forteresse nommé Aoyc&v par Josèphe.

Dès que nous sommes au bas de la montagne, et à l'entrée de la plaine, nous voyons arriver au-devant de nous un groupe de cavaliers. Ce sont mes amis les Adouàn qui m'attendaient, et l'agha du Bordj d'er-Riha. Après les saluts d'usage, nous continuons notre chemin, et nous nous dirigeons vers nos tentes, dressées à proximité du village moderne qui a probablement prisL la place de la dernière Jéricho; de celle-ci on ne voit pas la plus petite trace. En longeant le lit du Xahr-el-Kelt, on aperçoit bien, à plusieurs reprises, quelques arcades ogivales d'un aqueduc qui apportait probablement l'eau de la fontaine d'Elisée à la ville du moyen âge. Voilà tout.

Ce qui est beaucoup plus ancien, sans aucun doute, c'est un magnifique tumulus, de dimensions considérables et d'une régularité parfaite, a proximité duquel nous passons. J'en demande le nom, et je reçois la réponse suivante : Tell-

Abou-'s-Salaït , le tertre père des écorchures. Singulier nom , qu'il sera peut-être intéressant de discuter. Le radical «ILJLi , entre autres significations, a les suivantes : Detergendo, vel decûriicando eduxit, extraxit rem ex altéra quadam. — Eœcoriavity ita ut mnguis apparent, amputavit, rcsecuit*. (Dict. de Freytag.)

Lorsque Josué eut fait passer le Jourdain aux Israélites, ceux-ci vinrent camper dans la plaine de Jéricho (maiy ^k irPT»). « Leur camp fut placé à Gilgal, à l'extrémité de l'orient de Jéricho » (iivt mîD nspD). » (Josué, iv, 19.) Voilà une singulière expression, sans doute. Gomment faut-il l'entendre? est-ce l'extrémité la plus éloignée, ou la plus rapprochée de cette région orientale? Saint Jérôme traduit : « Contra « orientalem plagam urbis Jéricho; » ce qui ne nous apprend pas grand'chose sur le site de Gilgak Là furent dressées les douze pierres que les Israélites avaient recueillies, par l'ordre de Josué, dans le lit du Jourdain. Ce fut encore dans ce campement qu'eut lieu la circoncision de tous les hommes qui avaient franchi le fleuve. Cette cérémonie eut lieu sur le tumulus d'Aralout ( rnb^n rwaj bac.) Je traduis rwaa par tumulus, parce que ce mot vient incontestablement du radical ma edilus, isque rolundus seu conglobatus fuit. Que signifie Wh, gilgal? une roue, c'est-à-dire quelque chose de rond. Or voilà que le nom de notre tell énorme, qui est le tertre père des choses coupées, a juste le même sens que le mot Djebâat-Hâaralout, et que djebàah signifie une élévation ronde, et gilgal une roue. Tout cela ne peut être fortuit. Où chercher d'ailleurs, dans toute la

1. Mohammed, interrogé par Gélis sur le nom de ce magnifique tumulus artificiel , a écrit sous sa dictée : tell-el-âlaïk. Lequel des deux noms est le vrai? peut-être tous les deux. Ce qui est certain, c'est que le pluriel âlaïk, du mot âlak ^Jlx, signifie caillots de sang.

GILGAL. 497

plaine de Jéricho , un autre endroit qui mérite le nom hébreu de Djebàah, ou tumulus rond? Je crois qu'on serait bien en peine de le trouver, comme on a été dans l'impossibilité de retrouver Gilgal. Or, si maintenant je fais voir, par des textes positifs, que Gilgal devait être précisément vers ce point, il me semble que la question sera bien près d'être résolue. Cherchons donc. Nous lisons dans le même livre de Josué (xv\ 7) : « La limite (de la tribu de Judaj s'élève de la « vallée d'Aakour à Dabour, et, au nord, elle tourne vers « Gilgal » ( W?an. 11 y a ici l'article devant le mot Gilgal, ce mot est donc une appellation significative, et non pas un nom de bourgade ou de ville) , « qui est en face de la montée « d'Adoumim, laquelle est au sud du torrent. » Ce torrent, c'est le Nahr-el-Kelt, incontestablement; la montée d'Adoumim, c'est la route de Jéricho à Jérusalem, tout aussi sûrement. Gilgal, qui est en face, est donc aussi au sud du Nahr-el-Kelt, et c'est précisément notre magnifique tumulus qui occupe la place voulue.

Poursuivons notre recherche. Josèphe {Ant. jud., V, i, 11) dit que ce nom signifie liberté; mais le verbe W?j, forme réduplicative de V?j, volvit, a bien le sens devolvit; je ne lui en connais pas d'autre. Très-probablement Josèphe , en écrivant cette phrase, avait sous les yeux le livre de Josué, où nous lisons (v, 9) : « L'Éternel dit à Josué : u Aujourd'hui, j'ai fait tomber de dessus vous la honte de « l'Egypte (par la circoncision), et on donne à cet endroit le « nom de Gilgal, jusqu'à ce jour. » Franchement, il y a loin de là à l'explication de Josèphe. Nouvel embarras. Dans le même livre (VI, v, 4), Galgala est appelée une ville. Il m'est impossible d'admettre que cette Galgala soit la même. Et je trouve la preuve que j'ai raison au chapitre vi, verset 1, du livre de Josué , où il est dit que Saùl était occupé à faire le siège

d'une forteresse des Philistins, non loin de Galgala. Enfin Josèphe nous parle encore une fois de Galgala (Ant. jud., VII, xi, 4 et 5), quand il raconte le retour de David à Jérusalem, après la mort d'Absalon. Cette fois, c'est bien de notre Gilgal de la plaine de Jéricho qu'il s'agit. Josèphe ne nous est donc d'aucun secours.

Voyons Eusèbe et saint Jérôme ; ils nous disent tous deux que Galgala tomba dans le lot de la tribu de Juda... « Et « ostenditur usque hodie locus desertus in secundo Jerichus « milliario, ab illius regionis mortalibus miro cultu habitus. » Eusèbe, en parlant de ce lieu, l'appelle toxoç epepç, <bç Upoç 3pY)(j5t£uo(JLevo<; , un lieu désert révéré. Saint Jérôme, dans YEpitaphium Paulœ (éd. Mart., t. IV, p. 676), s'exprime ainsi : « Ingressa Jéricho vidit urbem quam fundavit Hiel in « Abiram primogenito suo, et cujus portas posuit in Segub « novissimo filiorum. Intuita est castra Galgalae, et acervum « pRjEPUtiorum , et secundœ circumcisionis mysterium, et « duodecim lapides, qui de Jordanis illuc translali alveo, « duodecim apostolorum fundamenta formaverunt, etc. » Pour moi, cet acervus prœputiorum , c'est précisément le Tell- Abou-'s-Salaït. Il est possible que je me trompe ; mais j'attendrai, pour le croire, qu'on me l'ait démontré; jusque-là, je le répète, la fameuse Gilgal de la Bible me paraît retrouvée.

L'itinéraire du Pèlerin de Bordeaux porte ceci : « Descente dentibus montem in parte dextra rétro monumentum est « arbor sycomori, in quam Zacheus ascendit ut Christum « videret. A civitate passus mille quingentos est fons Helisapi « prophetae, etc., etc. Ex eo non paret nisi locus ubi fuit arca « testament! et lapides xn, quos filii Israël de Jordane leva- « verunt. Ibidem Jésus filius Nave circumeidit filios Israël, et « circumeisiones eorum sepelivit. » Il est très-possible que le Pèlerin ait raison, et que l'Arche d'alliance ait reposé sur

Page 1