ER-RIHA, JÉRICHO
le tertre factice qui était Yacervus prœputiorunij afin d'être en vue de tous les quartiers du vaste camp occupé par le peuple d'Israël, lequel, soit dit en passant, fit dans ce camp un séjour assez long pour qu'un semblable tumulus ait pu très-aisément être construit par lui.
Enfin le récit d'Antonin de Plaisance (Antoninus martyr), tout en parlant des mêmes douze pierres qui sont déposées dans une basilique non loin de la ville « non longe « a civitate positi sunt in basilica, » ne nous apprend qu'une chose : c'est que de son temps (vers 570) Galgala était hors de la ville, aussi bien que l'arbre de Zachée, dont saint Jérôme vient de nous parler.
Je demande pardon à mes lecteurs de cette longue digression, un peu trop hérissée de citations, et je me hâte de revenir au récit de notre voyage.
Il était environ quatre heures lorsque nous sommes arrivés à nos tentes, que nous avons trouvées dressées. Toute la population de Riha est en fête. On célèbre une noce, et nous assistons à la fantasia qu'exécutent les hommes , jeunes et vieux, en l'honneur de la mariée. Le fiancé, revêtu de ses plus beaux habits, est à leur tête. Tout ce monde est à cheval, et se dispute au galop une espèce de mannequin accoutré de nippes de femme, représentant la future épouse. Jusqu'à la tombée du jour, cette course passablement grotesque a fort réjoui les assistants. Devant nos tentes est une sorte de terrasse sur laquelle est planté un bâton orné d'une guenille; c'est là que se tient un groupe de femmes tatouées, couvertes de simples guinées ou chemises de grosse toile bleue, et d'enfants absolument nus. Tout ce petit monde-là salue de salves de leur cri guttural habituel , lou , lou , lou , lou, le passage du fiancé et de ceux qui s'efforcent de lui enlever le mannequin, qu'il défend contre tous. Ce sont des
passes qui s'exécutent avec une rapidité forcenée, et acteurs et les spectateurs s'amusent, les pauvres cl» qui sont en nage, doivent prendre à la chose un plaisir coup moindre. Le* plus enragé des jouteurs est un bonhomme, qui a certainement dépassé la soixantan qui n'en paraît pas moins infatigable. J'ai bien vile as ce spectacle, plus grotesque que divertissant, et, avec nous allons à la chasse aux insectes dans les aleni notre camp. Je recommande les haies et les buii Jéricho à ceux qui aiment les épines; on ne sait plus ment se dépêtrer dès qu'on est pris par elles, car cela à chaque pas que l'on fait. Tous ces buissons, formés bustes assez élevés, entourent des champs cultivés, dans quels, à cette époque de l'année, il n'y a plus rien chaumes grillés et des herbes épineuses. Il semble que. ce terrain, un végétal n'a pas le droit de vivre s'il hérissé de pointes comme un porc-épic. Un petit mi boueux, qui vient on ne sait d'où, ou, pour parler plus e: tement.lpii est une dérivation de l'Ayn-es-Soullhan ( taine d'Elysée), coule à la droite de notre camp. Partout le terrain on ramasse de gros cubes de mosaïque, soi indices de la Jéricho d'Hérode et du moyen âge. Le Baffl qui domine le misérable hameau qui s'appelle aujourd'hui Jéricho, est tout ce qui reste d'une ville splendide. Où les pierres ont-elles passé? C'est ce qu'il serait bien ilillicilç de dire. Itobinson a trouvé par là un unique débris de colonne en granit rose, mais je ne l'ai pas aperçu.
Après notre dîner, nous avons eu le spectacle d'une danse aux flambeaux, que sont venues exécuter, en mon lionueur, ou plutôt en l'honneur de nia bourse, les belles dames de la noce. C'est toujours la même danse chantée, où les coryphées se démènent comme des possédés devant un rang de femm<