C - \nuiy de ru in
liôçciido.
<1 Ouvertures de Citernes wSittv £ Grande Colonne c /-.'rurinte deamndesa.oi*es. h Tembetuur.
C Carrières, i h'seine .
■ i|ni 1-4. -
Rebelle* Métrique (9.060)
**W .TrV 4«W
Al*»
HESBÀN. 281
sommes suivis et épiés par une bande de quarante bédouins , venus on ne sait d'où, mais qui éprouvent le besoin de nous attaquer et de nous dépouiller. Tout d'abord, à l'apparition du chiffre quarante , ce chiffre sacramentel des menteurs arabes, je me sens pris d'une invincible incrédulité; d'ailleurs, les assaillants fussent-ils quarante, avec nos bonnes armes nous leur ferions passer un quart d'heure des plus désagréables. Je prends donc le parti de rire au nez d'Antoun et de le congédier en lui disant purement et simplement : Laisse-les faire, et rira bien qui rira le dernier. Une fois débarrassé d'Antoun, je m'entretiens avec Qablan de la nouvelle qui vient de m'être transmise, et Qablan, avec le calme qui ne le quitte jamais, me prend la main et me dit : Nous sommes là, ne te donne pas la peine de penser aux mensonges qu'on colporte; avec nous, tu n'as rien à craindre. Toute cette belle histoire était enjolivée de la venue d'un Arabe arrivé en toute hâte pour prévenir ceux de ses frères et amis fixés a Hesbàn du danger qui les menaçait. Conclusion : il n'y a certainement pas un mot de vrai en toute cette affaire ; ce qui n'empêche pas Antoun de faire le bravache et de montrer une grande détermination. Comme tous ces détails prêteraient à rire, s'ils n'étaient pas si ennuyeux !
Cependant le soir est venu, et mes amis rentrent, amplement pourvus de notes intéressantes recueillies par eux touchant les restes d'Hesbân. En voici la description sommaire. Le plateau le plus septentrional est entièrement couvert d'amas de ruines informes, au milieu desquelles paraissent de nombreuses piscines. Au centre de ce plateau se trouve une enceinte rectangulaire qui semble avoir entouré un temple. Cette enceinte, formée de grandes assises, et qui a une quarantaine de mètres de longueur sur trente environ de large, est à peu près orientée du nord au sud, comme celle d'Aaraq-el-
émyr. A l'extrémité sud est un soubassement d'édicule de petites dimensions (quinze mètres environ sur huit). Celui-ci est orienté de l'est à l'ouest. Ce plateau a deux cent cinquante mètres de longueur sur cent de largeur à peu près ; et il est entièrement couvert, ainsi que la naissance des pentes, de monceaux de décombres. Le second plateau, celui qui est au sud -ouest, est aussi long, mais plus étroit de moitié que le premier. Il est aussi couvert de ruines, mais dans la portion la plus rapprochée du nord. Là se trouve encore l'emplacement d'un temple de vingt mètres de longueur sur quinze de largeur, orienté aussi de l'est à l'ouest. A cinquante mètres à l'orient de ce temple se voient les restes d'une tour carrée, et entre ces deux monuments une grande colonne est couchée à terre; elle est d'un travail grossier. L'extrémité sud de ce second plateau présente des carrières précédées d'amas de décombres. Ceux-ci sont séparés du reste des ruines par un intervalle libre de près de deux cents mètres.
En résumé, les ruines d'Hesbàn sont bien ce que nous les avions jugées à première vue, c'est-à-dire fort peu intéressantes. Ainsi, l'enceinte formée de grandes assises, dont j'ai parlé d'abord, est certainement de construction arabe, à en juger par la nature des matériaux qui y ont été employés. Quant au temple qu'elle renferme, son emplacement n'est marqué que par les bases de quelques colonnes restées en place, et ces bases, qui sont romaines, paraissent d'une assez basse époque. Cette reconnaissance n'était pas faite pour nous donner le désir de passer un jour entier à Hesbàn; il a donc été décidé que nous en repartirions dès le lendemain matin.
J'ai raconté à mes amis la belle nouvelle de l'attaque qui nous menaçait, au dire d'Antoun. Comme moi, ils n'ont fait