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voulaient pouvaient le voir, et il est plus que probable qu'après sa résurrection, il alla luimême plus d’une fois à Jérusalem qui n'était qu'à peu de distance de Béthanie, comme nous l'avons vu plus haut. Trois mois plus tard, le temps de sa mort approchani, le Sauveur revint sur ses pas à Jérusalem, dans le dessein de s'immoler pour le salut du genre humain. C'était seulement six jours avant la fête de la Pâque. Quand le bruit se fut répandu que le Christ était à Béthanie, un grand nombre de la ville et aussi de Jérusalem y vinrent le voir, i!s étaient aussi curieux de voir Lazare. Le matin du même jour, il partit pour Jérusalem, en passant par Bethphagé et la montagne des Oliviers. Une grande foule, venue de Béthanie et de Jérusalem, le suivait dans sa marche ; et la multitude, saisie d'enthousiasme au souvenir des prodiges qu'il avait accomplis, l’acclamait en disant : ‘“ Il est bien le Fils de David. Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel, et gloire au plus haut des cieux.” (St. Luc, x1x, 88.)
Quand il fut dans la ville, un grand émoi régna dans la population. “ Qui est celui-ci ? disait-on,” et la réponse était : “ C’est Jésus, le prophète de Nazareth, en Galilée. Jésus se rendit alors au temple et en chassa tous ceux qui y vendaient ou achetaient, aussi bien que les ‘changeurs d'argent dont il renversa les comptoirs en disant : “ Ilest écrit : Ma maison sera appelée la maison de la prière, mais vous en avez.
fait une caverne de voleurs ; ” et les aveugles et les boiteux vinrent le trouver au temple, et il les renvoya guéris. (Matt. xx1, 10, etc.)
Nous en avons assez dit pour prouver que le Seigneur a attesté la divinité de sa mission par les prodiges sans nombre qu'il accomplit en Judée et à Jérusalem. Enfin, par sa mort à Jérusalem, et sa Résurrection, il donna encore de nouvelles preuves de sa divinité.
Mais que reste-t-il maintenant dans ces lieux qui nous rappellent tous ces prodiges d'amour ‘et de miséricorde ? Sur les bords du Jourdain, à l'endroit même où le Saint-Esprit se manifesta visiblement lors du baptême du Sauveur, il y avait jadis un édifice qu'on appelait Théophanie, mais depuis bien, bien longtemps cet édifice a disparu. Dans le cours du fleuve il y avait aussi une croix en bois, marquant la place même du baptême, et des pavés de marbre formaient un chemin pour le pèlerin qui venait visiter l'endroit dont nous parlons, soit pour y recevoir le baptême, soit pour en renouveler les promesses au pied de la croix. Aujourd’hui la croix et les pièces de marbre ont disparu de ce lieu où Notre-Seigneur reçut le baptême.
Au moyen-âge, des moines qu'on appelait “les frères de la Quarantaine ” avaient leur demeure dans la grotte où le Seigneur jeüna, et un grand nombre de pèlerins vinrent visiter ce lieu consacré. Une église fut bâtie au sommet
de la montagne, à l'endroit dit de la “ fentation.” Aujourd’hui la grotte est occupée par des moines de l'Eglise grecque. Le prêtre catholique ne peut pas y célébrer la messe. Quant à l’ancienne église, dite de la “ Tentation,” elle a pres-que disparu, on ne voit plus que quelques pans des murs qui formaient le sanctuaire. En gravissant le sentier presque impraticable qui mène à la grotte de la Quarantaine,on peut voir çà et là quelques marches creusées dans le roc, ce qui donne à conjecturer qu’il y eut jadis un chemin plus commode menant de la plaine au sommet de la montagne.
À Béthanie il y a trois Keux spécialement chers aux cœurs chrétiens, à savoir : l’emplacement de la maison de Lazare ; celui de la maison de Simon le Lépreux, qui reçut le Sauveur ; enfin la tombe même de Lazare. On sait encore où se trouvaient les maisons que j'ai mentionnées; mais elles ont disparu depuis des siècles ainsi que les autres édifices qui s’y élevèrent dans les siècles suivants et qui furent l’ouvrage des catholiques. En face de Béthanie, à notre retour de Jéricho à Jérusalem, le guide distingué qui nous conduisait (c'était le frère Livinio) s'arrêta à environ un demi-mille du village, et nous montra du doigt la “ Pierre de l'entretien.” Sur cette pierre, Jésus ét: :ssis quand Marie et Marthe vinrent le trouver et lui dirent en pleurant : “ Seigneur, si vous aviez été ici, notre frère ne serait pas mort.” La tombe de Lazare,
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comme celle de Notre-Seigneur,fut creusée dans le roc; elle consistait en une chambre mesurant à peu près dix pieds carrés. La tombe proprement dite était sous cette chambre, dans une cave. L'Evangile ne l'appelle pas autrement.
Plus tard les catholiques construisirent une église à l'endroit dont nous parlons ; et, comme les pierres commençaient à se détériorer, ils couvrirent de maçonnerie l’intérieur de la chambre, et au-dessus élevèrent l’église. Un temps fut donc où le sacrifice non sanglant de Celui qui est la “ Résurrection et la Vie ” s’offrait tous les jours sur la tombe même de Lazare. Mais de nos jours, les Musulmans ont érigé une mosquée au lieu où était jadis l’église, et ont ainsi fermé l'accès primitif à la grotte sépulcrale. Mais les Pères de la Terre-Sainte ont acheté un terrain par lequel on peut encore se rendre à la cave. Vous descendez vingt-trois marches sous le sol, et vous voyez à vos pieds l’endroit même où Lazare avait reposé quatre jours après sa mort ; vous êtes à la place même où le Sauveur cria d'une voix forte: “ Lazare, sortez du tombeau ! ”
Je me figure aisément quels devaient être les sentiments des pèlerins des siècles passés, lorsqu'après un long voyage, ils avaient le privilège de laver leurs yeux à la piscine du Siloé,. d'offrir la messe ou de communier dans le sanctuaire dédié à Jésus-Christ ‘“ Illmminateur ” ; mais, comme je l'ai dit ailleurs, il ne reste plus.
rien qui nous rappelle le miracle de la guérison de l’aveugle-né.—Mais le temple de Jérusalem ?
Ah! le temple! C'est là que le Sauveur fut présenté à Dieu son Père, et racheté au prix de quelques pièces d'argent quarante jours après sa naissance ; là il enseigna et il écouta les docteurs de la loi à l’âge de douze ans ; au temple il vint sans doute plusieurs fois offrir les sacrifices. Deux fois pendant le cours de sa vie pu- ‘blique, il avait chassé ceux qui en étaient les profanateurs. Dans le temple il avait prononcé le pardon de la femme adultère ; il avait guéri les aveugles et les boiteux, et s'était déclaré le Messie, le fils de David après avoir ressuscité Lazare du tombeau ; là enfin il s'était déclaré la vie du monde, et la source de cette eau merveilleuse qui conduit l’homme à la vie éternelle. Dans cet édifice sacré les prêtres de la loi ancienne avaient glorifié Dieu selon le rite qu'il avait prescrit, ils avaient chanté ses louanges dans les psaumes de David et les écrits inspirés des phophètes, et le Fils de Dieu fait homme y était venu prêcher la doctrine si pure de l’Evangile et annoncer au monde le mystère de l'adorable Trinité.
Mais aujourd’hui, quel contraste, hélas! Ce n’est plus l'Evangile mais le Coran que l'on y prêche. Le nom de la sainte Trinité, le nom du Verbe fait chair en sont bannis. (1) Les dis-
(1) La mosquée d'Omar est bâtie sur le rocher où étaient eutrefois le Saint et le Saint des Saints, Les murs de la ville
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ù pour nous une consolation de savoir que, si
- le Christ a été en quelque sorte banni de la ré-
e gion où il avait demeuré et fait tant de miracles,
- il a trouvé des églises et des autels pour le rece-
- | voir, dans toutes les parties du monde Quoique
s l'âme soit saisie d’une tristesse profonde à la
é vue de la Judée et de Jérusalem, la Judée et
i Jérusalem n'en restent pas moins chères au
e cœur chrétien; car dans ces lieux, par amour
é pour nous, le Seigneur fit de grands prodiges
é et prouva manifestement qu'il était le Maitre et
.. le Rédempteur du monde.
# à l'Est et au Sud protègent les terrains annexés à la mosquée.
il Au Nord et à l'Ouest ils sont encore protégés par des murs
8 très élevés. À la partie Ouest on peut voir quelques rangées
" de pierres, qu'on dit avoir fait partie du temple de Salomon, et grand nombre de Juifs y viennent verser des larmes tous les
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