‹ Voyage idéal en ItalieChapitre 25 sur 99 · ASSISE · texte numérisé non relu

ASSISE

Vous vivrez dans un monde où la simplicité de cœur, la honte qui s'ignore, la pitié abondante, la poésie, l'amour de la nature, se montrent de la façon la plus naïve, la moins préméditée, la plus ravissante.

L'action de saint François fut immense. Nous n’avons pas à en parler au point de vue religieux; mais par l'élan qu'il donna à l'àme italienne, il exerça une action décisive sur l'art de son temps. Saint François lit entrer un Ilot de vie spirituelle dans le corps misérable de l’Eglise. Un des premiers, il ouvrit les yeux sur l’univers, œuvre «le Dieu. Il semble que la beauté des montagnes, des soleils «pii s'abaissent sur les vallées de l'Ombric, des arbres frissonnant aux brises du soir, des réveils glorieux du malin, aient été soudain découverts par le maître ingénu. Et il faut noter aussi un caractère important de saint François, qui restera celui de tout l'art italien : c'est la joie. Sa religion n'est point attristée et morose; il laisse aux races scptenlrionah's la douleur des cœurs qui se rouirent. Ici tout est lumière et gaieté; la terre est belle; Dieu est amour; qu<* l'homme vive dans la joie divine.

L'histoire et la légende de saint François devinrent aussi populaires dans l'art que celles «le Jésus-Christ. C’est sur son tombeau que sont peintes les premières grandes fresques italiennes. Aux murailles «les églises et des cloîtres, c'est sa

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vie que les Treccntistes racontent, ses louanges qu’ils célèbrent.

La double église tic S. François est le seul monument qui nous intéresse à ce moment.

L’église inférieure, avec l’énormité de scs piliers.

scs arcs de voûte

écrasés, son obscurité sacrée.

produit une impression que vous ne retrouverez nulle part en Italie. Si une église doit, par son aspect, frapper l’esprit de celui qui y pénètre et

l’incliner au respect des mystères qui y sont célébrés, certes l’église inférieure d’Assise remplit

ces conditions essentielles.

Nous y sommes entrés, quittant la place que brûlait le soleil. L’ombre l’emplissait toute et la fraîcheur. Nous nous assîmes au pied d un pilier sur une marche «le pierre. Après notre course dans la ville es«;arpée et chaude, il semblait que l’on plongeât dans un bain parfumé. A l’autel, un prêtre célébrait la messe : les mêmes paroles ôtaient prononcées, qui dans le monde entier réalisent chaque jour le même miracle. De ces gestes lents et consacrés, des siècl«?s avaient vu les

pareils sous ces voûtes massives: ces mots, quo depuis si longtemps l’Eglise répète avec une foi qui ne se lasse pas, ils retentissaient pour nous à ce moment. Il y a dans celle continuité quelque chose d’impressionnant pour l'esprit où se marque fortement l’unité du sacrifice. Dans la crypte profonde d’Assise, nous sentîmes en nous ce besoin d'absolu auquel satisfait l'Eglise. Hier et aujour-

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