ASSISE
•d’hui, le passe si lointain du christianisme et ses formes présentes, s'abolissaient devant l'identité immuable de la cérémonie, fixée «à jamais dans scs moindres détails; l'Eglise s'affirmait éternelle. Nous restions là, délicieusement accablés, l'esprit en allé, vides et passifs, tandis que résonnaient en nous les répons de la messe.
Les dernières paroles dites, nous nous levâmes, et une simple inspection des fresques du transept et de la voûte au-dessus de l'autel suffit à faire renaître en nous le sens historique un instant évanoui. Ces fresques disent des âmes qui ne sont plus nos âmes, des saints comme n'en ont plus les temps modernes, un catholicisme quin’estplus celui des premiers siècles et qui n'est pas celui d'aujourd'hui. L'unité n'est qu'extérieure et cérémonielle. L'esprit n'est plus le même, lia été ceci, cela, et bien d'autres choses, changeant avec les époques et les hommes, se modifiant au gré des événements et des conditions physiques auxquelles il duls'adapter. Lamoraleest autre quelle n'était: ce qui éüiit licite ne l'est plus, et uous avons des devoirs que nos ancêtres ont ignorés. Lien ne d illere plus d'un catholique du xiu e siècle qu'un catholique de notre temps. Ce qui était vivace alors a disparu ; d'autres germes ont. par contre, poussé sur le sol de l'Eglise. L'histoire de saint François ne se répétera pas. Soyons heureux qu'elle soit si fortement liée à une époque et qu elle nous révèle le xiu' siècle italien.
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Il faut, pour la voir illustrée, monter à l'église supérieure, vidée maintenant de toute importance autre que picturale. Une composition cyclique minutieuse raconte en ses détails la légende du saint et montre ses actes dans des paysages charmants et simpliliés d’Ombrie. C'est le premier ensemble de peinture chrétienne que nous ayons devant les yeux. Les auteurs en seraient pour la première série. Cimakuk f 12W-13U2), dont nous verrons plus tard de belles madones, plus hiératiques et byzantines, et pour la travée inférieure, le maître de la peinture moderne en Italie, Giono (1267-1:137).
On s'v fera une idée assez exacte dos tendances de l'art à ce moment. On l’a dit cent fois, la peinture à ses débuts n'est pas affranchie de l'Eglise; elle est didactique, enseigne les vérités de la religion et commente les actes des saints. Cela est un « „
p.oinl acquis. L'intéressant départ à faire est celuici : tout art religieux est identique quant à son but: les mosaïques byzantines jouent pour les tidèles. dans l'intérieur des basiliques, le même rôle que les fresques. Mais ici le programme est rempli par des moyens tout nouveaux. Il est certain que l'affranchissement de la tradition, l'effort pour rendre la vie telle qu elle apparaît, les personnages connus, l'individualité de leur physionomie, l'état de leur âme et de leurs sentiments, un essai de reconstitution du milieu, un décor, se montrent dès ces premières fresques, de qui l'on fait dater à