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L'ARCHITECTURE GOTHIQUE

à un moment qui va décider du caractère de l'art italien pour des siècles.

Comme on le sait, le gothique français n’offre aucune place à la peinture. Il n’y a pas pour elle dans les églises les grandes surfaces planes qui lui sont nécessaires. Il manque l’éclairage aussi. I.o mur extérieur est percé de larges verrières qui ne laissent filtrer qu’une lumière diffuse. Ce sont les verrières qui font tableau, et l’on n’ignore pas les admirables effets que les maîtres verriers en ont tirés. Au contraire, les tympans des larges portes s'ouvrent à la sculpture qui, pour les remplir, est obligée de traiter des scènes importantes, où la dimension des personnages est commandée parla hauteur à laquelle ils sont placés. Avec les tympans de l’époque dite romane, la France voit revivre la grande sculpture monumentale. Moissac, Yczelay, Autun, Chartres bientôt, et Paris, ont des écoles locales qui abordent ces problèmes avec un sens plastique aussi puissant qu’en montra jadis la Grèce pour décorer les frontons de scs temples. L’épanouissement de la statuaire coïncide avec celui de l’architecture. EUcs sont inséparables l’une de l’autre. A l’époque gothique, la statuaire garde le cadre que lui donne l’architecture. On sait comment elle le remplit.

Mais en Italie. les modifications profondes que l’on fait subir au stvle français changent les conditions d’existence de la peinture et de la sculpture. Le gothique italien rétablit le mur et offre

LA TOSCANE

de vastes surfaces à la décoration pointe. D'autre part, le tympan, le fronton ne s'ouvrent jdus à la décoration sculptée : le déplorable revêtement de marbre ou de mosaïque s'en empare. Il reste à la sculpture les portes, chaires, autels, fontaines. C'est le bas-relief plus que la ronde-bosse qui devient nécessaire; la sculpture se rapproche de l'orfèvrerie avec qui. à Florence, elle a toujours été intimement unie. Ainsi la forme méridionale du gothique ou, pour mieux dire, les erreurs d'adaptation commises par l'Italie ont ce double etfet de donner naissance à la peinture monumentale. qui avait existé en France à l'époque romane, mais non dans le style gothique, et d'empêcher l'épanouissement de la statuaire monumentale qui reste, elle, française exclusivement. On touche ici. comme au doigt, les rapports qui unissent les arts plastiques entre eux. et l'on voit la dépendance où ils ont été, de l'architecture. On ajoutera encore que les progrès de la sculpture ont toujours précédé ceux de la peinture et, après ces considérations générales, mais indispensables, nous reprenons notre voyage en Toscane, en quête des monuments de la sculpture* du moyen âge.

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