I.A PEJNTI RK GOTHIQUE
inexplicable si l'on ne savait avant lui, à coté de lui, une tradition sculpturale qui avait déjà façonné l ame italienne, et l'influence directe de Jean de Pise. U v a bien des réserves à faire sur l'état actuel de scs œuvres à Santa Crocc, mais il faut convenir que c'est de Giotlo que date la peinture italienne et s'étonner que du premier coup elle soit elle-même à ce point, (iiotto lui trace des voies dont elle ne s'écartera plus. Son action s'étend non seulement sur le xiv* siècle, mais sur le xv e et le xvi c dans ce qu’ils ont de meilleur. C'est le sens le plus exact qui se montre des arrangements et de la composition. La première formule est définitive. Chacun y apportera son individualité. sa vision spéciale des choses, personne en Italie ne songera à nier ces modèles, qui satisfont un des besoins les plus impérieux de l'esprit latin, le besoin d'unité.
Mais l'arrangement, l'harmonie des groupes, ne sont qu’une chose extérieure, une forme, dans laquelle peuvent s’exprimer les pensées les plus diverses. Giotto, comme tout son siècle, avait l'àme religieuse. L'art de ce temps est sous l'autorité et l'inspiration de l'Eglise. Il nous est aisé de n'envisager les oeuvres d'art qu’au seul point de vue plastique. La suite des temps nous l'a permis ; mais il ne faut pas oublier que ce sont des conquêtes relativement récentes. Pour Giotto, autant que la forme artistique qu'allaient revêtir ses idées, importait l’idée elle-même. Ses œuvres sont des