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Ajoutons tout de suilc qu'il n'y a place dans leur admiration pour aucune critique. Us ne connaissent que les œuvres romaines : ce sont, par conséquent. les seules qu'ils admirent. Les Thermes de Dioclétien, le Panthéon, le Colisée, les ruines du Forum, le Scplizonium de Sévère détruit depuis, les Théâtres; voilà en quoi se résume le beau. Leur professeur est Vilruve, lequel n’a donné les recettes que de Fart romain et qui connaissait si mal le style grec — quoi, pas même Paestum. considéré sans doute comme une ruine barbare! — qu'il a écrit ceci : « Les anciens ont dit que l'ordre dorique n'était pas propre à être employé pour la construction des temples... ; c'est pourquoi les anciens ont eu coutume d'éviter le mode dorique dans les demeures sacrées. »
En fait, le dorique a été le style religieux grec par excellence. Pour Vitruve. l'àge d’or est celui des Ptolémées qui, en réalité, est une décadence. Nous savons aujourd'hui distinguer l'art grec du romain et depuis que nous connaissons le premier. nous ne nous passionnons plus autant pour le second, dont la beauté n'est que d emprunt et qui n'apporte dans l’emploi des éléments constitutifs grecs aucune intelligence profonde des principes mêmes de ce style. L'architecture romaine, formée de styles divers qu elle combine ingénieusement, est surtout remarquable dans les travaux d'utilité publique. Envisagée en tant
LA TOSCANE
qu’art, il faut convenir qu’elle lit dévier de leur sens si précis les membres organiques grecs qui. dans l’architecture mère, avaient un rôle parfaitement défini. Qu'on en fasse l'analyse sur les frontons, colonnes et entablements, à Rome et à A thènes.
Tels qu’ils étaient, ce sont les monuments romains qui ravissent l’admiration des hommes de la Renaissance.
Les architectes qui dirigent le mouvement sont les florentins Bruxellesco (1377-1446), Miciielozzo (1391-1472), Léon Battista Alberti i 1404-1472). un des grands hommes de son temps, à ce que l'on dit communément; ceux-là pour la première Renaissance. La haute Renaissance a Bramante (1444-1514), Léonard de Vinci (?) (1452-1519), Raphaël (1483-1520). Fr a Giocondo(?) (1435-1515), Micuel-Anoe (1475-1564). Enfin Vic.nole (1507- 1573), Palladio (1508-1580) sont les maîtres les plus importants qui inaugurent l'ere baroque, dans laquelle émine le Berxix (1599-1680). Nous n'indiquons partout que les chefs de ligne.
C’est, comme il est naturel, l'ornement, que les hommes de la première Renaissance s’approprient d’abord. Ils avaient des modèles à portée que l'on pouvait faire passer directement dans la décoration des édifices ; il n'y avait pas de monument antique que l'on pût copier tel quel
et qui répondit aux besoins du temps. C'est ainsi l’expression du détail qu’ils demandent à l'antiquité. L’on voit revenir les rinceaux, les ovos, les mis de cœur, les denticules, les masques, les guirlandes, les trophées, toute cette parure morte depuis tant de siècles, à laquelle l'habileté des décorateurs italiens redonne une vie d’emprunt pour des siècles encore.
Reparaissent aussi les colonnes, les demicolonnes. les pilastres, les bases, les caissons, l'architrave, la frise et la corniche. Quant à l’emploi que l’on en fait, il est tout à fait libre. Manifestement, jamais les architectes sréniaux de
la Renaissance n'ont pensé que les membres de l'architecture avaient une précise raison d'être et que leur forme ne dépendait pas du caprice, mais du rôle qu'ils jouaient dans l'édilice. Rome avait déjà oublié la meilleure partie de la logique essentielle à l'architecture grecque. La Renaissance laissera de côté le peu que Rome avait retenu.