LA CONSTRUCTION
Au point de vue des matériaux, que voyonsnous ? — La Renaissance succédait à une époque qui avait été remarquable pour le côté technique de la construction. Dans le style gothique, la préparation de la pierre de taille et sa mise en place dans l'édifice sont l'objet d'un soin particulier. Rien de mieux appareillé que les claveaux des
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arcs ogives. Au point de vue technique, on ne peut aller plus loin.
En Italie, il est vrai que le gothique emploie surtout la brique.
Avec la Renaissance, il y a ici non pas le progrès clamé dans les manuels, mais un recul caractérisé. « Au beau temps de la Renaissance, qui ne peut bâtir qu’en mortier — elle l'avoue— et borne aux cornichesct aux encadrements l’emploide la pierre travaillée... » dit Burckhardt. l’admirateur le plus passionné et le plus intelligent de la Renaissance.
Voyez le beau développement à faire que nous infl igeraient les professeurs, si seulement était le contraire , si la Renaissance avait marqué dans le traitement des matériaux et dans le développement rationnel des principes constructifs un pas en avant, au lieu d'en faire deux en arrière.
J’indique tout de suite qu'il ne faut accepter que sous bénéfice d’inventaire les éloges qu'on fait de la probité de la Renaissance en ce qui concerne les matières. Comme il est facile de le vérifier, on truqua toi. et de bonne heure le mortiersimula des bossasresde çranil. le stuc imita le marbre, etc. On accorde ces laits pour la haute Renaissance. et l'on se rejette sur l'honnêteté de la première. Or il me souvient bien avoir vu à Sant' Andrea de Mantoue «immortel chef-d'œuvre de l’immortel Alberti ». les caissons de la voûte peints en trompe-l’œil, de façon à simuler la sculpture.
Pour les palais, les bossages seuls sont en pierre
de lui lit* cl constituent nn plaçage sur le mur de mortier. Le palais Pitti. le palais Strozzi n'ont que l'apparence de constructions cvclopéennes. Bramante inventa les façades en Béton coulé, justifiant ainsi les pires procédés de la construction moderne. Le truquage des matières devint bientôt la règle, le trompe-l'oul, la loi. Et avec l'école baroque, c'est le règne «les gâcheurs déplâtré, des ornemanistes à la grosse qui commence. — Regarde, ô lecteur, le plafond au-dessus de ta tête et, s'il te plaît de vivre sous ces ornements moulurés, remercie l'Italie qui te lit ces délices.
Pour la solidité, la haute Renaissance n'est pas à l'abri de la critique.
Plus de <lcux cents lézardes crevassèrent la coupole de Saint-Pierre, qui ne tient que par des tirants en fer, et pour l'église elle-même, Raphaël et F ni (liocondo furent occupés principalement à consolider la faiblesse des parties construites par Bramante.
Ces premières remarques générales faites, venons-en aux monuments principaux et à leur chronologie. A Florence, la coupole de la cathédrale. San Lorenzo. la chapelle des Pazzi, le portique de la maison des Enfanls-Trouvés, la Badia de San Domenico di Ficsolc, sont de Brunellesco, qui mourut en 1446. A Léon Datlista Alberli ( 7 1472), on doit Sant' Andrea de Man tou e, San Sebastiano. même ville, ruiné, le clneur de
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l'Annunziata à Florence et le palais Ruecellaï. A Michelozzo le palais Riccardi ou Médicis (milieu xv'). A Bencdelto da Majano revient l'honneur du Palais Strozzi (1480). Si l’on ajoute à cette liste la petite MadonnadelleCarceri(14$8-1492),à Prato. de Giui.iaxooa Sangau.o, et la MadonnadeirUmillà à Pistoie, de Ventera Vitoni (fin du siècle) on aura indiqué les monuments les plus importants de la première Renaissance, ceux sur lesquels il est loisible de se former une opinion raisonnée et qui valent pour caractériser l'ensemble.