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Avant l'architectureàlaquelle ils nous mèneront, voyons les jardins de la Renaissance. Ils sont un des charmes de Rome,

Dispose/ des terrasses, des balustrades, un parterre ; au centre, une fontaine : des eaux qui tombent étagées ; des allées qui s'en vont en ligne droite entre des buis taillés et que termine un bassin où s'égrène un fil d’eau silencieux: puis des chênes verts, des pins sombres aux troncs roses, des bancs de marbre, des statues anciennes: ajoutez des perspectives sur des architectures lointaines dans une campagne qu'habite l’homme ; mettez une villa dont les lignes s’harmonisent avec celles du parterre et des ternisses: baignez le paysage dans une lumière dorée: voilà ce que sont les jardins de la Renaissance, à Rome.

Description en grisaille <Jn jardin de la Villa Medicis. — Le jardin de la Villa Médicis est un endroit d'une beauté impérieuse, qui ne vous laisse point libre de suivre vos pensées, mais qui leur impose son caractère et commande leur cours.

Il s'étend derrière la villa jusqu’aux murs cyclopéens qui la séparent du parc Borghèse en contre-bas. Le parterre central, bordé de buis

/•normes, est dominé à droite par une terrasse. Derrière cette terrasse ensoleillée, c’est l'ombre épaisse d'un bois centenaire de chênes-verts dont deux hermès dégradés gardent l'entrée. Les troncs évidés montrent le cœur de l’arbre; ils se tordent pour jeter encore leur frondaison qui ne périt jamais. Entre eux une allée s'en va vers un escalier aux pierres moussues et hésitantes que l'on devine à peine dans l'obscurité des feuillages. Un belvédère, construit an sommet de l'escalier, jaillit d’une mer de verdure dans l'éclat du plein soleil. La vue est immense sur Rome. Mais nous n’avons pas voulu nous y attarder, car le choc est trop brusque entre la réalité de la vie que ce spectacle évoque et le rêve de solitude qui flotte sous les chênes séculaires.

Nous sommes redescendus à la terrasse, puis au parterre; nous avons longé les buis taillés et sommes pénétrés dans la partie gauche du jardin. Les allées vont entre des laurelles, des ifs, des arbres verts et sont terminées à chaque fois au mur extérieur par une fontaine adossée, oii un masque antique souffle dans un bassin un mince filet d'eau qui pleure. Des bancs de marbre aux carrefours, quelques hermès mutilés, complètent ce décor de lignes droites, d’arbres taillés, d'eau comme endormie et de pierres qui semblent vieillies

Telle est la calme disposition de ces lieux, qui inclinent à la méditation intérieure, qui vous

ROME

ramènent à vous-même au lieu «le vous en distraire, qui vous font penser à l'homme plus qu'à la nature, à votre «lestinée plus qu'à lu vie universelle, cadre de mélancolie sereine où nul avenir n'apparail, mais où le passé s'évoque et chuchote à l'oreille des mots à peine reconnus el qui s’évanouissent, dès que précisés, dans l'ombre élysécnne des bosquets.

Un Allemand dirait avec justesse que les jardins de la Renaissance sont laits d’un point de vue subjectif, tandis que les parcs anglais sont plantés objectivement. Mais les créateurs de ces terrasses d auraient point aimé ces termes barbares.

Ces jardins furent adoptés par nos ancêtres du xvir : siècle, avec l’esprit desquels ils sont dans un accord parfait. Comme toute l'œuvre «le nos classiques, ils parlent en effet de l’homme à l'homme : la nature elle-même se prêle à ses «lesseins et sert ses vues intimes.

Lorsque les siècles ont détruit ce qu’il pouvait y avoir d'un peu raide dans ces arrangements, terni l'éclat des marbres et courbé les troncs trop droits : lorsque la mousse a envahi les pierres et tapissé les fontaines: lorsque h* temps a fait son œuvre et que l’on sent sur les huis des parterres et sur les arbres des bosquets le poids «les àg«»s disparus, les jardins de la Renaissance arrivent à une beauhi d’une harmonie grave qui me touche profondément.

l’architecture de la renaissance 259

On verra a ce moment les villas de Rome cl des environs. Le parc Borghèse est un lieu d’une classique beauté ; on ne se lasse pas d'y rêver. La villa Doria-Pamphili a un jardin célèbre. Hors de Borne aura-t-on le temps de se rendre à Ja villa Lantc, près de Vilcrbe ? Je n’en ai vu que des plans et des photographies ; c'est un modèle du

*renre. Mais on ira sans faute à la villa d'Esle. à Tivoli ; l'arrangement des eaux et des allées sur un plan très incliné, les arbres vénérables sur a terrasse inférieure et la vue plongeante sur la campagne et sur Borne, la rendront toujours digne d’admiration.

L'ARCHITECTURE

Nous reprenons ici le développement de l'architecture de la Renaissance. Rome donne les maîtres de la haute Renaissance, Bramante, Raphaël, et l'école baroque.

Allons voir d'abord les pièces du procès. Nous ratiocinerons ensuite à loisir.

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