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sont étrangères, et venues dé l'Albanie ou des îles de l'Archipel.
Le territoire de l'Attique a été presque tout entier donné en apanage aux sultanes ou consacré aux mosquées de Médine et de la Mekke, comme il le fut autrefois au culte de Minerve. On dirait que tous les gouvernements ont voulu faire respecter cette terra des arts et de la liberté, en la consacrant à leur culte; et voilà pourquoi cette partie de la Grèce a toujours été moins opprimée que les autres.
L'Attique était autrefois divisée en trois régions; la Diacrie au nord , la Pédie au milieu et, la Paralie au sud: elle l'est aujourd'hui en quatre cantons, qui sont la Messoya au sud , le territoire d'Athènes au milieu , et au nord les deux cantons de Ratcha et de Catavèma , qui répondent à l'ancienne Diacrie.
La Messoya ou la Paralie comprend tout cet angle de la péninsule qui se termine au cap Sunium, éloigné d'Athènes de douze à treize lieues et nommé aujourd'hui cap Colonne, parce qu'il porte les ruines d'un temple de Minerve, dont il reste encore quinze colonnes debout. Eh s'élçvant du sud au nord , la Paralie s'étend depuis le cap Sunium d'un côté jusqu'au cap Zoster, et de l'autre jusqu'au port Prasies.
Tout det angle de l'Attique est couvert de petits cailloux qui semblent y avoir été roulés par la mer , et ne produit que des buissons épineux : ce sont ces fameux champs Phelléens réprouvés des dieux et condamnés à une éternelle stérilité; mais la nature y a déposé, dans les flancs du mont Laurium , des mines d'argent, et elle y a caché, dans l'échancrure de la cote, deux beaux ports , l'un à l'ouest, sur le golfe Saronique, près
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de l'anëien bourg d'Anaphlistus , et l'autre à Test, sur la mer Egée, derrière l'île d'Hélène, au pied d'une hauteur, où l'on voit encore les ruines d'une ancienne forteresse qui paraît être celle de Thoricon. Ces ruines consistent en une enceinte de forme irrégulière , flanquée de tours carrées. Le peu d'habitants, répandus sur cette côte, ne vivent que de la pêche : ils y vivaient autrefois du produit des mines du mont Laurium et de celui de différentes poteries, dont la plus renommée était celle d'Anaphlistus, où l'on fabriquait des vases de terre très-recherchés pour l'élégance de leurs formes et la beauté de leur diaprure.
Le port Prasies , nommé aujourd'hui Rafti , au nord de celui de Thoricon , est encore plus beau que les deux autres : c'est un grand bassin circulaire, ferme à son entrée par deux ilôts , coupé vers son centre par une langue de terre qui le divise en deux, et environné de tous côtés d'un amphithéâtre de collines qui s'élèvent les unes au-dessus des autres, et qui sont revêtues vers leur base d'oliviers et de vignes, et vers leur sommet de pins et de chênes verts. Ce port est la limite de la région stérile : au-delà l'olivier reparaît sur tous les coteaux, et le mont Hymète se couvre d'arbres résineux et de plantes aromatiques.
Le port Prasies est à sept lieues au sud-est d'Athènes , et sert de port à cette ville sur la mer Egée , comme le port Pirée lui en sert sur le golfe Saronique. Le chemin de Prasies à Athènes parcourt un long plateau élevé entre deux rangs de collines , dont les unes vont se rattacher au mont Hymète et les autres au mont Pentélique.
Le territoire d'Athènes ou l'ancienne Pédie com-
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prend la plaine qui environne la ville, et toutes les collines d'alentour : c'est le canton de l'Attique le plus fertile en oliviers, en vignes et en arbres fruitiers.
L'ancienne Diacrie est aujourd'hui divisée en deux cantons : l'un est celui de Catavèma à l'est, l'autre celui de Katcha à l'ouest. Le canton de Catavèma comprend le littoral de Marathon et toutes les montagnes au nord-est de l'Attique depuis le mont Pentes lique jusqu'au mont Parnète, et le canton de Katcha comprend le littoral d'Eleusis et toutes les montagnes au nord-ouest, depuis le mont Icare jusqu'au mont Cithéron. Tout ce pays est en général montiieux, et n'est guère habité que par des vignerons et des chevriers, nommés autrefois œgicores. Les premiers habitaient plus particulièrement le mont Icare, et les seconds le mont Parnète. C'est dans cette partie de l'Attique , que naquirent la comédie et la tragédie ou le chant du boUc et de la vendange : les œgicores du mont Parnète donnaient un bouc ou un chevreau pour prix des chants tragiques , tandis que les vendangeurs du mont Icare récompensaient les poètes comiques avec une coupe de vin nouveau.
La plaine d'Eleusis est la plus fertile du canton de Katcha, et la plaine de Marathon de celui de Catavèma. Deux chemins conduisent d'Athènes à Marathon : l'un tourne le mont Pentélique vers le sud, l'autre vers le nord. Le premier sort de la plaine d'Athènes par le monastère d'Asomatos, près duqueFon recueillait autrefois dans un vaste bassin les eaux de l'Illissus, pour les conduire à la ville par un aqueduc, dont on voit encore les arceaux. Ce chemin côtoie le mont Pente-
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lique, et va déboucher vers le monastère de Daoùd dans la plaine de Marathon.
L'autre se dirige plus au nord et s élève par les hameaux d'Angélokipous, de Marouci et de Pélica sur le mont Pentélique vers le joli village de Céphissia , où naît une dés sources du Céphise. Ce lieu est encore un des plus riants de l'Attique par la beauté de son site et l'abondance de ses eaux. Ici sont des prairies , là des jardins ombragés de platanes , sur tous les coteaux des vergers où croissent la vigne, le pécher, le cerisier, le figuier et le grenadier. Le village de Céphissia est formé de plusieurs groupes de maisons, dont quelquesunes sont très-agréablement peintes et presque toutes environnées d'arbres ou d'arbrisseaux. Au sortir du village on laisse à droite le monastère de Mendéli , le plus riche de l'Attique , puis à un quart de lieue plus loin les belles carrières de marbre exploitées par les anciens , et l'on ' s'élève par une rampe sinueuse sur la croupe du mont Pentélique vers le hameau de Stamata ; d'où l'on descend dans la plaine de Marathon avec un ruisseau, qui vient du village de Capendriti et qui paraît être le Charadrus des anciens.
La plaine de Marathon , resserrée entre le mont Pen* télique et 1# mer, peut avoir deux lieues et demie de long sur trois quarts de lieue de largeur moyenne t et elle forme une ellipse irrégulière , très-étranglée vers le sud, mais s'évasant vers le nord, où elle présente une aire marécageuse que traverse le Charadrus , avant de se jeter dans la mer, et qui se prolonge vers l'est jusqu'au cap Cynosure, à l'entrée du canal de TEuripe. Sur le pourtour de l'aire est d'un côté vers l'ouest le village de Vrana , de l'autre vers l'est celui de Souli ,
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au milieu sur les bords du Charadrus les deux hameaux de Séfiri et de Bey, à l'entrée du vallon, d'où sort le ruisseau , le village . de Marathon , et au-dessus de ce village, la fontaine de Macarie et la grotte de Pan , célèbre par la multitude et la beauté de ses stalactites.
Sur le rivage, qui se courbe en croissant, paraissent ici des dunes, là des bas-fonds, et parmi ces bas-fonds un marais couvert de roseaux, inondé en hiver, mais offrant en été l'aspect d'une riante prairie , couronnée par un tertre , que l'on prendrait de loin pour une île. C'est dans cette plaine que se donna la bataille entre les Perses et les Athéniens. Les premiers , commandés par Datis , y étaient descendus de l'île d'Eubée sur des transports, au nombre de cent mille fantassins et de dix mille cavaliers. Les Athéniens, au nombre seulement de dix mille hommes de pied auxquels s'étaient réunis mille Platéens, y vinrent d'Athènes par le chemin de Céphisçia, à travers le mont Pentélique, et y descendirent par le vallon du Charadrus; mais trouvant à leur arrivée toute la plaine couverte d'ennemis, ils s'arrêtèrent au débouché du vallon, et s'y rangèrent en bataille. Miltiade, qui les commandait, craignant d'être débordé, appuya sa droite au mont Pentélique et étendit sa gauche en oblique jusqu'au marais; mais pour égaler le front des Perses, sans dégarnir ses ailes , il fut obligé d'amincir son centre et de l'affaiblir. Les Perses s'étaient formés à leur descente sur le rivage en carrés plus ou moins grands entre le marais et le mont Pentélique, et occupaient toute la largeur de la plaine. L'intervalle entre les deux armées n'était que de huit stades ou de 7 à 800 toises.
Les Grecs franchirent cet espace au pas de course et attaquèrent les premiers ; mais pendant que leurs ailes étaient victorieuses, leur centre trop affaibli fut enfoncé. Les deux ailes victorieuses se réunirent alors en une seule phalange, et attaquèrent avec tout le poids de la phalange ainsi doublée le centre des Perses, qu'ils enfoncèrent à leur tour, et qu'ils refoulèrent dans le marais ou culbutèrent dans la mer.
Cette victoire fut due à la sage disposition de Miltiade, qui voyant son centre plier, réunit rapidement ses ailes en un seul corps , avec lequel il tomba sur les Perses et les dispersa. 11 tua une infinité de Barbares , et ne perdit lui-même qu'un petit nombre des siens , auxquels il éleva sur le tertre, placé au milieu du ma* rais, un tombeau commun , couronné de cippes que l'on a retrouvés de nos jours. C'étaient de petites colonnes de terre cuite d'environ un pied de haut avec une inscription qui indiquait la place et le nom de chaque guerrier.
Ce tertre est un cône de 170 pieds de circonférence à sa base, et de 3o pieds de haut. On Fa fouillé à sa surface, et l'on y a trouvé des fragments de poterie et des balles de plomb de forme amygdaloïde que les anciens lançaient avec des frondes ; mais on aurait dû le fouiller à sa base, pour s'assurer s'il ne renfermait pas des tombeaux.
A une petite distance du tertre, on voit encore près d'une vieille chapelle en ruines un piédestal carré de marbre blanc, qui portait peut-être le trophée élevé par Miltiade sur le champ de bataille. La victoire de Marathon, principalement due à la discipline des Grecs, leur fit sentir leur supériorité sur les Barbares et pré» para tous leurs triomphes,
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Quand on sort vers le nord de la plaine de Marathon, on s'élève, le long de la cote, du village de Souli jusqu'à celui d'Evrœo-castron , situé sur l'isthme d'une petite péninsule qui porte les ruines de Rhamnonte, parmi lesquelles on distingue encore celles du temple de Némésis; ou bien tournant au nord-ouest, on remonte le Charadrus jusqu'au village de Capendriti, renommé pour ses vignobles, et l'on va par le village de Galamo ou par celui de Marcopoulo passer l'Asopus à son embouchure vers les ruines d'Orope : c'est le chemin de Chalcis en Eubée.
Le canton de Katcha , ainsi nommé du bourg de ce nom, situé à deux lieues et demie au nord d'Athènes au pied de la chaîne de montagnes, qui sépare l'Attique de la Béotie , comprend tout le nord de l'Attique -jusqu'au mont Cithéron: c'est le canton le plus montagneux de tous : il ne renferme qu'une seule plaine, celle d'Eleusis : il produit de la résine, du vermillon et de la vallonée, qui est la cupule d'un gland de chêne, nommé vêlant.
Les autres cantons produisent des fruits, du miel, quelques grains, un peu de coton; mais les principales récoltes de l'Attique sont celles de l'huile et du vin. On garde l'huile dans des vases de terre cuite ou dans des piles ou puits revêtus d'un mastic imperméable, qui servaient quelquefois aussi à garder le blé : ce qui ferait présumer que les Grecs connaissaient avant nous l'usage des silos.
L'agriculture est aujourd'hui très*négligée dans toute l'Attique : les instruments aratoires y sont imparfaits , les prairies rares, les engrais presque inconnus. Au lieu d'y élever de nombreux troupeaux de moutons qui
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donneraient la plus belle laine et la meilleure chair, ou y nourrit des troupes vagabondes de chèvres , qui sont le fléau des campagnes. L'huile et te miel sont les seules productions que Ton y exploite avec quelque soin. On élève dans les monastères du mont Hymète et dans ceux du mont Pentélique beaucoup d'abeilles qui donnent un miel exquis, et on cultive dans la plaine d'Athènes et dans celle de Marathon des oliviers qui pour l'envergure et la beauté le disputent à ceux de tous les autres pays. Mais l'industrie manufacturière y est presque nulle: on ne fait dans les campagnes que quelques tissus grossiers de laine, de chanvre et de coton , et l'on ne voit à Athènes que quelques fabriques de maroquins, faits avec des peaux de chèvre connues sous le nom de corchuans.
L'Attique produit annuellement 5o mille quintaux de blé et 3o mille quintaux d'autres grains, l\o mille quintaux d'huile, % mille quintaux de miel et cent quintaux de cire; et elle exporte annuellement 8 mille quintaux d'huile, mille quintaux de miel, 5o quintaux de cire, cent quintaux de cordouans, quelques quintaux de vermillon et deux ou trois cargaisons de vallonée et de goudron, le tout pour payer le blé qui lui manque ou les tissus de laine et de coton qui habillent ses habitants. L'huile forme le principal article de ses exportations, et le blé celui de ses importations; car les habitants de l'Attique consomment annuellement cent vingt mille quintaux de grains.
Il serait difficile d'évaluer avec précision le revenu annuel de ce pays, parce que l'huile, qui en est la principale production, varie trop de prix d'une année à l'autre; mais en prenant son prix moyen, qui est
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de 5o francs le quintal, l'huile seule produirait deux millions de francs, les grains environ huit cent mille francs, les autres productions agricoles quatre à cinq cent mille, et les divers produits industriels cinq à six cent mille ; ce qui ne porterait le revenu général de toute l'Attique qu'à 3 millions 800 mille francs ou à 4 millions au plus , sur lesquels le gouvernement turk prélève en différentes contributions au moins 5oo mille francs, et une somme égale en extorsions de tout genre; en sorte qu'il ne reste guère à chaque individu que i5o francs pour sa consommation annuelle.
Du temps de Xénophon , on évaluait le revenu annuel du territoire de l'Attique à six mille talents, de 54oo fr. l'un, ou à 'in millions 4°° mille francs,, sans y comprendre le revenu des terres réservées au culte des dieux , qui formaient au moins le sixième des autres. Le revenu manufacturier et commercial était alors évalué à la moitié du revenu territorial, et il y a .quelques écrivains qui relevaient au même taux que le revenu agricole, puisqu'ils portaient le revenu général de l'Attique jusqu'à 1 2 mille talents ou à 64 millions 800 mille francs, sur lesquels le gouvernement athénien prélevait en temps de guerre jusqu'à 1,200 talents ou le dixième du revenu total.
En comparant le revenu ancien de l'Attique qui était de 64 millions de francs au moins, et le revenu actuel qui est de 4 millions au plus, on peut se faire une idée de la richesse ancienne du pays et de sa misère actuelle, et juger par ce résultat le gouvernement ancien des Grecs et leur gouvernement moderne.
L'Attique a un aspect triste et nu , parce que toutes ses montagnes sont déboisées ou couvertes de frêles
arbrisseaux; mais son sol, quoique léger, est propre à presque toutes les cultures , et elle jouit d'un ciel pur et du climat le plus doux. Tous les grains y croissent, tous les fruits y mûrissent, et la mer, qui l'environne sur les deux tiers de son pourtour, semble encore par la variété et l'abondance de ses poissons envier à la terre le soin d'en nourrir les habitants.
Cette heureuse contrée ne produit pas seulement les plus beaux fruits, elle renferme encore dans ses entrailles des minéraux précieux : le mont Laurium a des mines d argent , et les monts ïlymète et Pentélique recèlent dans leurs flancs des marbres, dont on fit autrefois des temples dignes de la majesté des dieux.
Placée entre deux mers, l'Attique, sans être environnée d'eau de toutes parta, jouit de tous les avantages d'une position insulaire. Tous les vents lui sont favorables, et ceux même qui semblent éloigner le navigateur de l'une de ses côtes, le poussent sur l'autre: c'est ce qui fit jadis d'Athènes l'entrepôt du commerce de toute la Grèce. Corinthe était encore plus favorisée qu'elle par sa situation géographique; mais Athènes était plus industrieuse , et elle avait dans les mines d'argent du mont Laurium la marchandise la plus propre à être échangée contre les autres et à les faire toutes circuler. Tout le commerce de la méditerranée affluait dans son sein : la Macédoine lui envoyait son or, la Thrace ses esclaves, l'Asie-Mineure son cuivre et ses brillants tapis, Tyr sa pourpre, l'Egypte ses grains, l'Arabie ses parfums, et elle renvoyait dans tous ces pays son huile, son miel, ses pâtes parfumées, ses meubles élégants , ses poteries diaprées , ses vases d'or et d'argent, ses marbres, ses bronzes, ses statues et ses tableaux.
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Un commerce aussi étendu avait tellement multiplié la population dans l'Attique, que Ton y comptait jusqu'à 5oo mille habitants, savoir ; 80 mille hommes libres , 10 mille étrangers et 4°° mille esclaves *. Athènes seule avec ses ports renfermait cent mille habitants, et les 4°° mille autres étaient dispersés dans la campagne.
Tout son territoire était couvert de petites maisons de plaisance, qui semblaient former par leur réunion une ville immense, et il y avait sur ce territoire cent soixante -quatorze dêmes ou communes, et plus de douze forteresses où les habitants trouvaient un asile en temps de guerre, telles que Eleusis, Munychie, Ànaphlistus sur le golfe Saronique, Sunium, Thoricon, Prasies, Rhamnonte sur la mer Egée, et dans l'intérieur des terres Acharnes, Aphidna, Décélie, Philé et Eleuthères; mais de toutes ces forteresses les trois plus importantes étaient celles d'Eleusis, de Sunium et de Rhamnonte, parce qu'elles défendaient les trois angles de la péninsule.
Il ne reste plus dans ce pays qu'une soixantaine de villages ; et à l'exception de ceux qui sont aux environs d'Athènes, tels que Céphissia, Meynidi et Katcha, les autres ne sont plus que des hameaux habités par de pauvres Grecs. Encore ces hameaux ont-ils l'aspect si misérable, que tout le pays semble avoir été ravagé par une horde de brigands.
1. Lors du dénombrement de Démétrius de Phalère, on trouva 21 mille citoyens ou environ 84 mille individus libres, en comptant 4 individus pour un citoyen, 10 mille métèques ou étrangers, dont quelques-uns devaient être mariés, et 400 mille esclaves de tout sexe : ce qui donne à peu près 5oo mille habitants.
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Cependant on retrouve chez ces Grecs quelques vestiges de leurs anciennes mœurs.. Les habitants de la montagne sont encore tous pâtres ou bûcherons, ceux de la plaine vignerons ou laboureurs, et ceux de la cote pêcheurs ou marins. La différence de leurs occu* pations leur donnait autrefois un caractère et des opinions différentes. Les montagnards voulaient le gou* vernement démocratique, les habitants de la plaine l'oligarchique, et ceux de la cote un gouvernement mêlé des deux autres; mais aujourd'hui qu'ils sont tous également opprimés par les Turks, ils ne demandent plus qu'à vivre et à cultiver en paix leurs champs, et tout gouvernement leur est bon , pourvu qu'il soit paisible. La plus morne apathie a succédé chez ce peuple à la plus vive pétulance , et les seuls Grecs de la ville par leurs disputes éternelles avec leur gouverneur et leur archevêque, semblent avoir conservé l'esprit inquiet et turbulent de leurs ancêtres.
Quand on voyage en Tûrkie, l'Attique est la contrée qui excite le plus de sympathie en faveur de ses habitants, parce qu'on est naturellement porté à comparer sa misère actuelle avec son ancienne opulence; mais quoique son territoire ait toujours été renommé pour la bonté de son huile et celle de son miel, et qu'il fut autrefois mieux cultivé qu'il ne l'est aujourd'hui , il n'a jamais été riche en produits agricoles; et voilà pourquoi Xénophon conseillait aux Athéniens de son temps de suppléer aux produits de leur agriculture par ceux de leurs mines et de chercher dans les entrailles de la terre les richesses qu'ils ne pouvaient pas trouver à sa superficie : il voulait qu'ils exploitassent avec de meilleures méthodes et un plus grand nombre
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d'ouvriers les mines du mont Laurium, et il leur proposait, pour favoriser cette exploitation, de bâtir au pied du mont Laurium sur l'emplacement de Besa une forteresse , qui liât celle d'Anaphlistus à celle de Thoricon, éloignées seulement l'une de l'autre de deux lieues et demie , afin que cette forteresse bâtie entre les deux autres sur un site plus élevé, pût servir d'asyle en temps de guerre aux ouvriers employés dans les mines.
.Depuis la découverte des mines de l'Amérique , celles du Laurium ne pourraient plus être exploitées avec avantage; mais si on voulait aujourd'hui suppléer aux productions végétales de l'Attique par des productions minérales, il faudrait exploiter, au lieu de ses mines d'argent, ses carrières de marbre. L«s marbres de lHymète et surtout ceux du Pentélique valent les plus beaux marbres d'Italie; et s'ils ne les égalent pas en blancheur, ils les surpassent pour la finesse du grain et le moelleux de la pâte : ils disputaient jadis à ceux de Paros la gloire d'embellir les temples et de représenter les dieux.