‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiques (volume 2)Chapitre 22 sur 66 · I. IO · texte numérisé non relu

I. IO

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est, depuis lé village de Daulia jusqu'à celui de Sertpous, et paraît très-resserrée vers le pied du mont Parnasse; niais elle s'élargit ensuite vers le village de Caprèna et vers le lac Copaïs, où elle se confond d'un coté vers le hameau de Roméko avec la plaine de Livadie, et de l'autre vers les bouches du Céphise avec la plaine de Scripous.

C'est dans l'une de ces plaines que Sylla défit Archélaûs, un des généraux de Mithridate, et* dans l'autre qu'Alexandre fit sous Philippe ses premières armes contre l'armée alliée des Grecs , principalement composée de Thébains, d'Athéniens et de Péloponésiens. La phalange macédonienne, composée de trente-deux ' mille hommes et la plus complète que Ton eût encore vue manœuvrer dans la Grèce, fut dans cette bataille ébranlée par le bataillon sacré des Thébains; mais Alexandre accourut avec une cohorte de jeunes cavaliers macédoniens au secours de la phalange, y rétablit l'ordre et enfonça lui-même à la tête de ses jeunes compagnons le bataillon sacré.

Ce bataillon était une institution particulière à Thèbes et qui donna pendant quelque temps la supériorité à la phalange thébaine sur toutes les autres phalanges grecques : il était composé de trois cents jeunes guerriers, élevés en commun dans la Cadmée et destinés à être officiers, après quelques années d'exercice comme soldats. Chacun d'eux était uni à un compagnon de son choix par une confraternité d'armes jurée devant les dieux, et devait partager avec lui les périls et la gloire des combats. Dans le commencement, on distribuait par pelotons les jeunes guerriers à la tête de chaque cohorte de la phalange thébaine; mais Pé-

DANS l'ëHPIAK OTHOMAJV. U\^

lapidas , qui les commanda dans la suite, les réunit en un seul corps, et c'est ce corps, qui après avoir tant contribué aux victoires de Leuetres et de Mantinée, périt tout entier à la bataille de Chértfnée. En voyant ces jeunes thébains, étendus sur le champ de bataille, tout couverts de blessures et pressés les uns contre les autres dans le même poste qu'ils avaient occupé, Philippe, dit Plutarque, ne put retenir ses larmes et rendit un hommage éclatant à leur vertu.

La bataille de Chéfonée détruisit l'équilibre de la Grèce , et donna la prépondérance aux rois de Macédoine, qui s'en servirent d'abord pbut conquérir la Perse et ensuite pour asservir la Grèce. Cette révolution avait été préparée par l'affaiblissement des Athéniens et des Lacédémoniens dans la guerre du Péloponèse, et elle fut accélérée par l'imprudence des premiers et surtout par la fougueuse éloquence de- Démosthènes;

Si les Athéniens n'avaient pas fait déclarer la guerre à Philippe ou qu'après la lui avoir fait déclarer, ils se fussent bornés à défendre le midi de la Grèce, comme ils l'avaient fait dans la guerre Médique, ils auraient pu arrêter l'invasion des Macédoniens , comme ils avaient auparavant arrêté celle des Perses. Ils devaient , après avoir rallié les Grecs du Péloponèse, s'arrêter avec eux sur les confins de l'Attique, et attendre les Macédoniens dans les montagnes. S*ils fussent restés dans la vallée de l'Asopus au pied du mont Cithéron ou du mont Parnète , au lieu d'aller chercher les Macédoniens au fond de la Béotie dans la plaine de Chéronée, jamais ils n'eussent été vaincus sur ce terrain haché et inégal par la cavalerie ni même par la pha-

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