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lange macédonienne, qui ne pouvaient manœuvrer qu'en plaine; et s'ils l'eussent été, ils auraient pu fermer aux vainqueurs avec les débris de leur armée les défilés de PAttique hérissés de places fortes , et. après leur avoir disputé les passages du mont Parnète et du mont Cithéron, se retirer enfin derrière l'isthme de Corinthe, comme derrière un rempart. C'était le meilleur plan de défense pour la Grèce méridionale qui sera invincible, tant qu'elle voudra se défendre, parce qu'elle est protégée par ses montagnes.
On -montre encore aujourd'hui dans la plaine d'Orchomène vers le hameau de Roméko deux monticules factices, où les gens du pays prétendent que les Romains avaient érigé deux trophées en mémoire de la victoire de Sylla, quoique Plutarqué dise positivement que ces trophées avaient été érigés sur le mont Thurion.* Quant aux Macédoniens, ils n'en avaient point érigé dans cette plaine, parce qu'ils n'avaient pas la coutume, comme les 'autres peuples, d'ériger sur le champ de bataille des monuments publics, dans la crainte de s'attirer la haine des peuples vaincus. Alexandre même, dans le cours de ses victoires sur les Perses, n'en éri-^ gea aucun.
Le petit village de Roméko, situé entre Livadie et Scripous, à une lieue et demie de l'une et à trois quarts de lieue de l'autre, n'a pas plus de vingt maisons, et n'est refnarquable que par quelques ruines peu importantes, parmi lesquelles on distingue un basrelief en marbre qui représente un homme appuyé sur son bâton, ayant un chien à ses pieds et une locuste à la main, et que les uns prennent pour le dieu Pan et d'autres pour le philosophe Diogène ; mais le village de
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Scripous, où l'on compte au moins cent cinquaute maisons, est êlivirouné de ruines de toutes parts, et paraît occuper l'emplacement d'Orchomène. Ce village est situé au-delà du Géphise et près de son embouchure dans le lac Copaïs, au pied d'un mont isolé, lié par ses racines au mont Acontius et qui a la forme d'un cône tronqué. La citadelle, dont on voit encore les murs, était sur le sommet du cône, et l'on y montait par un escalier, taillé dans le roc, aujourd'hui dégradé. Au pied de la colline est le trésor de Mynias , édifice circulaire à moitié enterré, dont la partie supérieure se termine en pointe , comme celle du trésor d'Atrée à Mycènes. Ces deux espèces de rotonde se ressemblaient parfaitement, avec la seule différence que le trésor de Mycènes était en pierre et celui d'Orchomène en marbre. Le dessus de la porte de celui-ci est un bloc énorme de marbre blanc, de près de vingt-cinq pieds de long.-
On voit encore sur un des revers de la colline des vestiges d'un ancien théâtre taillé dans le roc, et sur un autre revers une source d'eau vive qui va se jeter à quelques pas de là dans le lac Copaïs. Dans le village même est un monastère grec, où l'on trouve une inscription, 'désignant les vainqueurs aux jeux célébrés en l'honneur des Grâces r ce qui pourrait faire croire que ce monastère occupe l'emplacement du temple consacré à ces trois déités, que l'on y avait représentées sous la forme de trois jeunes filles, se tenant par la main.
Orchomène fut dans les premiers temps de la Grèce ce que Corinthe devint depuis, un des grafids entrepôts du commerce grec. Dans ces temps reculés, où l'on ne naviguait que le long des côtes et où l'on ne
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doublait les promontoires qu'en tremblant, Orchomène §vait même cet avantage sur Corinthe , qu'étant située comme elle entre deux mers, entre le golfe Corinthien et le canal d'Eubée, elle était encore plus voisine des cotes de l'Àsië-Mineure et de l'Hellespont. Livadie, qui a remplacé Orchomène sous le rapport commercial , fait encore aujourd'hui un grand commerce avec Smyrne et Constant inople par le port d'Atalante, et avec Ancdne et Trieste par celui d'Anticyre. Il n'y avait d'Orchomène à ces deux ports qu'un court portage, et l'on allait à l'un par la route d'Asplèdon et d'Qponte , et h l'autre par celle de Livadie et d'Àmbryssus.
L'histoire ne dit pas en quoi consistait le commerce
d'Orchomène; mais celui de Livadie consiste pour les
exportations, en riz, huile, vin, cotons bruts ou Blés,
garance, vermillon; et pour les importations, en draps,
Jlpnnets, verrerie, quiticaillerie , sucre et café.
Orchomène avait d'ailleurs par sa position une plus grande importance militaire que Livadie, parce que la première était située sur la route directe des Thermopyles, tandis que l'autre est trop éloignée de cette route et trop enfoncée dans les montagnes. Le mont Acontius, qui couvrait au nord Orchomène et qui lui servait comme de rempart, se prolonge jusqu'aux ruines de Parapotamies sur la rive gauche du Céphise , parallèlement à une traînée de petites collines dispersées sur sa rive droite; et c'est entre ces collines et le mont Acontius , que passe le fleuve pour aller se jeter dans le lac Copaîs : ce qui faisait de Pstrapotaraies et d'Orchomène deux positions si importantes, que l'une était regardée comme la def de la Phocidp, et l'autre . comme celle de la Béotie.
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Le Céphise naît au-dessus du bourg de Lidoriki vers les ruiues de Lilée, au pied des montagnes qui lient le mont Parnasse au mont OEta , et coule entre ces montagnes dans une vallée profonde, qui ressemble à un vaste entonnoir ; d'où il sort par un goulet étroit vers les ruines de Parapotamies, pour aller se jeter . sous Orchomène dans le lac Copaïs.
Ce lac , que Ton nomma d'abord lac Céphiseïde , puis Copaïs du nom de la ville de Copœ> située sur sa rive septentrionale, est appelé maintenant lac de Topo lia du nom d'un bourg bâti sur l'emplacement de cette ville et couronnant une éminence, où l'on n'arrive que par une chaussée étroite : en été il est tout couvert de joncs et ressemble plutôt à une immense prairie verdoyante, qu'à une nappe d'eau; mais en hiver il inonde tous ses bords et ressemble à une mer. Bordé de tous cotés par des montagnes plus ou moins éloignées, il n'a aucune issue apparente, et il couvrirait peu à peu tout le terrain d'alentour , si la nature secondée par l'art n'avait ouvert à ses eaux des routes secrètes vers l'Euripe à travers le mont -Ptoûs. Quelques-uns de ces canaux ont été fermés par des tremblements de terre, tandis qu'il s'en est ouvert d'autres à la place des premiers; en sorte que le lac n'a fait que changer de bassin , et qu'en submergeant des villes anciennes, il a laissé à découvert des terrains où l'on pourrait en bâtir de nouvelles.
C'est aux vapeurs continuelles qui s'exhalent de ce lac et à l'abondance de ses eaux, que la Béotie doit cet aspect verdoyant et cet air de fraîcheur et de vie, qui contraste avec l'aridité de l'Attique. Toutes les terres y sont couvertes d'arbres et de verdure, et l'on distingue
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les Béotiens des Athéniens leurs voisins à l'éclat de leur teint et à la hauteur de leur stature. Les femmes en général y sont fraîches et jolies, et les hommes grands et robustes ; mais ceux-ci paraissent moins vifs et moins spirituels que les Athéniens, quoique Plutarque, Pindare çt Hésiode soient nés parmi eux. L'air est généralement très-épais en Béotie, très-froid en hiver et quelquefois brûlant en été* C'est le pays de la Grèce où il y a le plus de variations dans l'atmosphère , mais c'est aussi le plus fertile; et la Béotie fournit à l'Attique les grains qui lui manquent.
Thèbes était autrefois la ville principale de la Béotie: maintenant c'est Livadie. Cette ville est aujourd'hui après Patras la ville la plus importante du midi de la Grèce par son commerce et sa population.