J 11 VOYAGE MILITAIRE
philochique et va passer la Lourcha vers le bourg de Loroux; d'où elle descend dans la péninsule par le village de Liboovo.
L'isthme de la péninsule de Nicopolis, resserrée d'un côté par la baie de Mazoma située sur' le golfe Ambra* cique, et de l'autre par celle de Comare située sur la mer Ionienne, n'a guère que six à sept cents toises de large, et la péninsule entière n'a pas plus de six lieues de tour. Cette péninsule est très-échancrée au sud vers le port Vathi , au-devant duquel le promontoire d'Ac-? tium forme un angle saillant, qui rétrécit le golfe à son embouchure et le divise en deux bassins, l'un compris entre la péninsule et les deux promontoires d'Actium et d'Anactorium , et l'autre, plus à l'est , entre le littoral de l'Epire et celui de l'Acarnanie. Le premier bassin a la forme d'un triangle, et il a si peu de fond , que les grands vaisseaux n'y peuvent entrer ; mais le bassin intérieur, qui figure un grand carré irrégulier, ressemble à une mer, et il offrirait par sa vaste capacité la plus belle rade du monde, s'il était aussi accessible aux flottes modernes, qu'il l'était aux anciennes.
C'est à l'entrée du premier bassin , vis-à-vis le pro* montoire d'Actium, qu'est située la ville moderne de Prévéza, peuplée de trois à quatre mille habitants, la plupart Grecs, et défendue par deux forts, l'un au sud, l'autre au nord de la ville, tous les deux sur le littoral, le premier à l'entrée du golfe, l'autre vers le port Vathi. Le dernier, qui est un ouvrage vénitien, n'est qu'une simple redoute à demi - revêtement et ne présente plus qu'une vieille enceinte , presque entièrement effacée , où l'on peut pénétrer de toutes
DANS L EMPIRE OTHOMAN. 3 1 5
la route qui vient directement de l'Arta par Loroux; et laissant à gauche sur les bords escarpés de la mer les ruines de Rcgniassa', qui paraissent être celles de Gassiopée, elle va par le village de Loutcha et par celui de Mocovina traverser le Ma vro-Potamos audessous du lac de Tchouknida, vers son confluent avec la rivière de Paramythia. Là le chemin de Corfou se divise en deux branches : Tune remonte d'abord la rivière de Paramythia jusqu'au vrllage de Varphani , puis celle de Margariti jusqu'à la ville de ce nom; d'où elle s'élève sur la crête des montagnes, qui séparent le bassin du Mavro-Potamos de Gelui du Thyamis, pour descendre avec un cours d'eau, par le village de Charaki et par le bourg de Salitza , sur la baie de Goménitza , en face de l'île de Corfou.
L'autre branche descend avec le Mavro-Potamos du village de Tchouknida au port Giykis, nommé maintenant Fanari, à cause d'un fanal que les Vénitiens avaient élevé à son entrée ; et traversant sur une chaussée les marais, dont ce port est bordé, elle va déboucher dans la baie de Saint-Jean : d'où elle monte, en côtoyant le rivage, à la forteresse de Parga, située au pied d'une haute montagne sur un rocher escarpé, qui s'avance dans la mer vers la petite île de Paxos, et qui est environné d'eau sur les trois quarts de son pourtour. Les murs de cette forteresse s'élèvent en rampant tout autour du rocher, et ils sont couronnés par un cavalier, qui commande l'isthme étroit, par lequel le rocher est attaché au continent; mais ils sont eux - mêmes commandés par la montagne, voisine, et ils ont le défaut d'être mal flanqués, parce qu'ils suivent trop exactement le contour circulaire de la base, sur laquelle ils sont assis.
3l2 voyage militaire
philochique et va passer la Lourcha vers le bourg de Loroux; d'où elle descend dans la péninsule par le village de Liboovo.
L'isthme delà péninsule de Nicopolis, resserrée d'un côté par la baie de Mazoma située sur" le golfe Ambracique, et de l'autre par celle de Comare située sur la mer Ionienne, n'a guère que six à sept cents toises de large, et la péninsule entière n'a pas plus de six lieues de tour. Cette péninsule est très-échancrée au sud vers le port Vathi , au-devant duquel le promontoire d'Actium forme un angle saillant, qui rétrécit le golfe à son embouchure et le divise en deux bassins, l'un compris entre la péninsule et les deux promontoires d'Actium et d'Anactorium , et l'autre , plus à l'est , entre le littoral de l'Epire et celui de l'Acarnanie. I^e premier bassin a la forme d'un triangle, et il a si peu de fond, que les grands vaisseaux n'y peuvent entrer ; mais le bassin intérieur, qui figure un grand carré irrégulier, ressemble à une mer, et il offrirait par sa vaste capacité la plus belle rade du monde, s'il était aussi accessible aux flottes modernes, qu'il l'était aux anciennes.
C'est à l'entrée du premier bassin , vis-à-vis le pro* montoire d'Actium, qu'est située la ville moderne de Prévéza, peuplée de trois à quatre mille habitants, la plupart Grecs, et défendue par deux forts, l'un au sud, l'autre au nord de la ville, tous les deux sur le littoral, le premier à l'entrée du golfe, l'autre vers le port Vathi. Le dernier, qui est un ouvrage vénitien, n'est qu'une simple redoute à demi - revêtement et ne présente plus qu'une vieille enceinte, presque entièrement effacée , où l'on peut pénétrer de toutes
DANS L'£MP1RE OTHOMAN. 3l 7
que les petits ports intermédiaires de Pagagna , de Cotaïto et de Félia, présentent un trajet plus facile et plus court.
L'île de Corfou, l'ancienne Corcyre et la Phéacie du temps d'Homère , n'est séparée de l'Épire que par un canal de deux à trois lieues, et elle a la forme d'un croissant, dont la côte occidentale figure l'arc et la côte orientale la corde. Les anciens se la représentaient sous l'image d'une faux, recourbée vers la Grèce, et lui avaient donné le nom de Drépanum. Elle n'a guère, que onze à douze lieues de long sur quatre à cinq dans sa plus grande largeur; mais si nous en croyons Pline, elle avait autrefois plus d'étendue en longueur: d'où l'on peut conjecturer qu'elle était alors unie à la petite île de Paxos, dont elle a pu être détachée par un tremblement de terre. La nature du terrain, la projection et la composition des montagnes dans les deux îles, donnent de la vraisemblance à cette conjecture; mais on ne peut pas l'étayer du témoignage de l'histoire, muette sur ce point. Une chaîne de montagnes, qui se pyramide vers le nord dans le mont Pantocrator et qui se divisé en plusieurs branches, en se prolongeant vers le sud, forme toute la charpente de l'île. La plaine paraît sèche et aride; mais toutes les montagnes, jusqu'à leur cime, sont revêtues d'oliviers, et ces arbres occupent à peu près la moitié de sa superficie.
La forteresse de Corfou, la capitale de l'île, est située sur sa côte orientale , vis-à-vis le littoral de l'Epire et sur un promontoire qui s'avance vers l'îlot de Vido , et elle apparaît de loin sous la forme d'un grand bastion à flancs concaves. A l'angle saillant est la citadelle, assise
3f 8 VOYAGE MILITAIRE
sur deux roches qui semblent sortir du sein des eaux, sur les deux ftces deux longues courtines assujéties à toutes les brisures du rivage, et dans les deux flancs deux petits ports, le port Spilée dans le flanc du nord et le port Phéacien dans celui du sud. La gorge de la forteresse ou l'isthme du promontoire a. six cents toises de développement, et la forteresse tout entière en a environ trois mille.
La citadelle est séparée* du corps de la place par une esplanade bordée d'un fossé, qui communique des deux côtés à la mer, et elle occupe les deux roches Phéaciennes par trois étages d'enceintes et de batte* ries. Les deux premières enceintes sont encombrées de maisons et mal flanquées; mais la troisième est surmontée de plate-formes, qui dominent la ville et la rade.
Le corps de la place ou. la ville, proprement dite, est bâtie à l'italienne et percée de petites rues, dont quelques-unes sont ornées de portiques. Ses deux fronts sur la mer ne sont formés que d'un simple mur, bâti sur le roc et portant des batteries sur son terreplein, presque partout au niveau du sol; mais le front, qui coupe l'isthme, est formé d!une enceinte flanquée de trois bastions à flancs retirés, et il a un si grand relief, qu'il domine deux mamelons situés en avant. On avait d'abord laissé sur ce front le fossé au niveau de la campagne : ce qui a obligé dans la suite à diviser la contrescarpe et à ajouter une fausse-braie , dont il paraît qu'on a voulu faire le fondement d'un front corrigé suivant le système moderne.
Telle est la première enveloppe de Corfou. Ce qui la distingue , c'est que l'escarpe est presque partout de
dans l'empire othomàn. 3î9
roc vif, comme celle de Make et de Gibraltar. Cette première enveloppe en a une seconde sur le front de la campagne, composée de demi -lunes et de redans, liés ensemble et défendus par une multitude de petits ouvrages, tels que fossés étroits, galeries de contremines, glacis plongeants; et c'est devant cette seconde enveloppe, à quatre cents toises de la première, que sont les deux monts Abraham et Saint-Sauveur, occupés chacun par un fort. Le fort Abraham est vers le port Spilée et le faubourg Mandoukio , le fort Saint- Sauveur vers le port Phéacien et le faubourg .Castradès; et l'on voit entre les deux forts, sur un pli léger du terrain, la redoute de Saint-Roch.
Le fort Saint*Sauveur est un labyrinthe d'ouvrages mal entendus, et presque tous sans capacité. Les ouvrages du fort Abrahaïn ont le même défaut ; mais ils sont moins multipliés. La redoute de Saint-Roch est destinée à lier ces deux forts et à porter des feux sur leurs bases et sur leurs revers, ainsi qu'à voir et à flanquer le chemin qui conduit dans l'île. Les Français , maîtres pendant quelque temps de Corfou, avaient formé le projet d'ouvrir un canal entre les deux forts et la ville, pour unir le port Spilée au port Phéacien et isoler ainsi le corps de la place; et ce projet, qui n'offrait dans la nature du terrain que quelques difficultés , a été depuis exécuté.
Tout le canal , entre l'île et le continent , peut être regardé comme servant de rade à Corfou ; mais on mouille ordinairement devant la petite île de Vido, où l'on est protégé par le canon de la citadelle ; et c'est ce mouillage que l'on nomme proprement la rade de Corfou. Les deux ports, à cause de leur peu de
3aO VOYAGE MILITAIRE
fond, ne peuvent guère recevoir que des bateaux.
La petite île de Vido n'est qu'à 55o toises de la citadelle, et elle devrait pour cette raison être liée à la défense de Corfou, parce que l'ennemi pourrait de ce point incendier la ville, sans avoir presque rien à craindre de ses défenses. Il faudrait construire un redan sur la colline, qui domine l'île vers son centre, et établir des batteries sur sa circonférence *.
On a comparé les fortifications de Corfou à celles de Malte, dont elles ont le relief imposant; mais si elles ont autant de réputation , elles en méritent beaucoup moins. Cette place est aujourd'hui mieux défendue par son site que par l'art. Du côté de la mer, elle ne peut qu'être brusquée; et ses abords du côté de la terre sont si onduleux et si bien couverts, qu'il n'est besoin , pour les défendre , que d'occuper les points de chicane qu'offre le terrain sur deux lieues de rayon, et d'y harceler l'ennemi , afin qu'il ne puisse se présenter que harassé devant les forts. Une ou deux sorties, bien conduites et favorisées par tous les ouvrages avancés , ne pourraient manquer alors de le rebuter. Dans tous les cas, le front de la campagne, le point obligé de toute attaque régulière , peut être d'autant plus énergiquement défendu , qu'il est impossible de couper à t l'assiégé sa retraite sur la citadelle. .
Le port Gouin , une des dépendances de la place et le chantier de ses constructions , est à deux lieues au nord au fond d'un coude , que fait l'île , en se recourbant vers l'Epire. Ce port est un bassin ovale,
i. J'imagine qu'on en a établi depuis ; mais j'ai décrit Corfou telle que je l'ai vue en 1800.
dans l'empire othoman. 3a I
si bien fermé de toutes parts, qu'on le croirait creusé des mains de l'homme. L'entrée en est étroite et n'est pas défendue, quoique ce point soit le plus favorable à une descente. C'est aussi par là que les Turcs attaquèrent Corfou dans leur dernière guerre avec Venise, Ils s'établirent sur la hauteur, placée entre le port Gouin et le faubourg Mandoukio, d'où ils foudroyèrent la ville : ils tentèrent même un assaut général, et déjà ils s'étaient logés sur le terre-plein d'un bastion , lorsque Schoulembourg les en délogea, et mérita ainsi la statue, qui lui fut érigée par la reconnaissance des Vénitiens sur la principale place de la ville.
Quelques voyageurs ont pris le port Gouin pour le port Phéacien , et les vergers , qui l'environnent , pour les jardins d'Âlcinoûs ; mais il est plus vraisemblable que le port Phéacien était celui de Castradès, et que les jardins d'Alcinoûs s'élevaient en amphithéâtre derrière ce faubourg, sur le penchant de la colline où l'on voit les ruines de Chrysopolis , et d'où sort la fontaine de Caridakio. Le port Doux devait être plus au sud dans la petite baie de Callikiopoulo.
Corfou a toujours eu et aura toujours une grande importance militaire : elle est par sa position la clef de l'Adriatique, et comme l'anneau qui unit la Grèce à l'Italie.
La forteresse de Corfou peut renfermer onze à douze mille habitants , ses deux faubourgs let sa banlieue sept à huit mille, et il y en a environ quarante mille dispersés dans le reste de l'île. Les Corcyréens forment la nuance des Grecs aux Italiens : ils sont , comme les premiers, enthousiastes et amoureux de nouveautés, et comme les autres, indolents et vains; mais depuis
I* ai
qu'ils jouissent d'un gouvernement libre, ils sont devenus meilleurs. Corfou, unie maintenant avec Paxos, Leucade, Ithaque, Géphalénie, Zante et Cythère, forme sous le protectorat de TAngleterre une république fédérative, qui, affranchie du joug des Turks, finira par en affranchir le reste de la Grèce : c'est le plus grand bien qu'elle puisse faire à l'Europe.
Le canal de Corfou , qui commence à la petite île de Si vota, finit au cap Merto, à l'extrémité du lac de Butrinto et à l'opposite du port corcyréen deCassopo, l'ancienne Cassiopée , où les bâtiments , sortant de Corfou pour entrer dans l'Adriatique, trouvent un abri sûr. Ce canal a neuf ou dix lieues de long, et offre un des plus beaux mouillages de la mer Ionienne. Au-delà du cariai, la côte d'Épire court au nord, devient acore, et présente dans ses échancrures d'abord le port d'Ayos-Saranda, puis celui de Panormo, ensuite la baie de Gitana au pied du coteau couronné par le bourg de Kimara, et enfin le cap de la Lin guet-, ta , à l'entrée du golfe d'Aulone.
Ce golfe, creusé dans les flancs des monts Acro- Cérauniens, a près de quatre lieues de profondeur du nord au sud, et il est fermé par la petite île de Sasos et par une branche des monts Cérauniens , qui ne laisse entre la côte de la Grèce et celle de l'Italie vers Otrante, qu'un détroit où commence l'Adriatique et qu'on peut franchir en une nuit : unde iter Italiarn, cursusque brevissimus undis.
Sur le pourtour occidental du golfe est le port Ragusais » près desf ruines d'Oricum, au fond le bourg de Ducatès, et sur son pourtour oriental le fort de Canina, ainsi que la forteresse x d'Aulone, nommée
, DANS L EMPIRE OTHOMAff. 3^3
vulgairement la Vallone. Cette forteresse est située sur une plage inondée, à une demi -lieue de la mer, et elle n'est fermée que d'une simple enceinte crénelée, au milieu de laquelle est un fortin , qui lui sert de réduit. On lui donne une population de quatre à cinq mille habitants, et elle est le siège d'un pacha à deux queues. .Le fort de Ganina, situé à une demi* lieue plus au sud sur un pic escarpé, et exclusivement habité par des Turks, ne peut guère être considéré que comme la citadelle d'Âulone, ou comme un de ses ouvrages avancés.
Le bourg de Ducatès , au sud du fort de Canina et au fond du golfe, est entièrement ouvert. Ce bourg est situé au pied de hautes montagnes, qui fuyent les unes derrière les autres, et dont les plus élevées portent leur tête jusque dans les nues : ce qui leur fit donner des anciens le nom de monts Acro-Cérauniensr parce qu'ils étaient souvent frappés de la foudre. Op, leur donne aujourd'hui celui de montagnes de Kimara du nom du bourg, situé sur leur revers occidental ; et c'est parmi la peuplade armigère , qui les habite, que l'on rencontre les meilleurs soldats de l'Épire.
Le chemin de Butrinto dans l'Albanie côtoie le littoral et va par les bourgs de Loucovo, de Borchi et de Rimara traverser vers le village de Drimadès les monts Acro-Cérauniens , pour descendre vers le bourg de Ducatès au fond du golfe d'Âulone; d'où en côtoyant son pourtour oriental on va passer l'Âoùs à son embouchure, vers le village de Fiéri. C'est le chemin d'Aulone; mais ce chemin taillé le long du littoral * sur le flanc des montagnes est très-difficile, et on lui
ai.
préfère le chemin de Delvino, et même celui d'Argyro- Castron. Le premier remonte la Pavla jusqu'à Delvino, et même jusqu'à ses sources, traversé vers le bourg de Cardiki les monts Acro-Cérauniens, pour descendre avec la Suchista sur l'Aoûs vers le village de Carbonaro , renommé par ses mines de poix fossile : l'autre remonte la Pistritza jusqu'aux montagnes de Delvinaki et descend avee le Célydnus à Argyro-Castron et d'Argyro - Castron à Tépéléni sur l'Aoûs. C'est le chemin d'Apollonie, qui tourne la forteresse d'Aulone.
L'Aoûs, que l'on traverse, sur ces trois routes, à Fiéri, à Carbonaro et à Tépéléni, descend, comme l'Aréthon, du mont Pinde; mais il coule vers le nord dans une direction opposée jusqu'au fort de Clissoura , où ri fléchit vers l'ouest, pour aller se jeter dans la mer au - dessous du village de Fiéri , vers les ruines d'Apollonie. Ce fleuve , nommé maintenant Vouïssa, sépare l'Albanie de l'Épire.
L'Epire, où les Grecs avaient placé leur enfer, parce que la lumière du jour semblait pour eux s'y éteindre, forme une espèce de terrasse ou plutôt un amphithéâtre de terrasses, qui s'élèvent les unes audessus des autres depuis les bords de la mer Ionienne jusqu'à la crête de la chaîne grecque, et qui s'abaissent vers le sud sur le golfe d'Ambracie, et vers le nord dans la vallée de l'Aoûs.
Le plateau le plus élevé de cet amphithéâtre est celui d'Yanina , bordé de tous côtés d'un cordon de montagnes , dont quelques - unes paraissent percées à leur base, comme le mont Ptoûs, pour laisser passer les rivières qui sillonnent cet amphithéâtre : telles que le Célydnus, le Thyamis et même la Lourcha,
dans l'empire othomak. 3a5
dont la première descend dans l'Aoùs, la seconde dans la mer Ionienne et la troisième dans le golfe Ambracique.
Ce vaste amphithéâtre est coupé en gradins , sur la pente desquels habitent des peuplades armigères , les unes chrétiennes , les autres turkes, qui ont conservé à l'abri de leurs montagnes une sorte d'indépendance ; mais la plupart de ces peuplades ont été soumises ou détruites dans ces derniers temps; en sorte que l'Épire paraît aujourd'hui ravagée, comme elle le fut jadis après la conquête des Romains.