CHAPITRE III
De la ligne du Borysthène.
La chaîne des monts Carpathes, d'où descendent d'un coté le Niester dans la mer Noire et de l'autre roder dans la Baltique , forme maintenant la limite politique de l'Europe , quoique sa limite géographique ne soit fixée qu'à la chaîne des monts Ourals. À l'ouest des monts Carpathes commence cette plaine immense , bordée au nord par la mer Baltique et la mer Glaciale, à l'est par la chaîne des monts Ourals et au sud par la mer Caspienne et la mer Noire. Cette • plaine s'élève insensiblement depuis les bords du Niester jusque sur le plateau deValdaï ou de Smolensk, d'où la Douina descend dans la mer Baltique, le Volga dans la mer Caspienne et le Borysthène dans la mer Noire : c'est le centre de l'empire russe, de cet empire colossal , que l'on peut regarder comme le passage de l'Europe à l'Asie et la nuance de la civilisation à la barbarie.
La cote de la mer Noire s'évase au nord d'Àkhirman1, se courbe dans les terres et forme un grand golfe, au fond duquel est d'un coté Odessa, et de l'autre Ociakof. Odessa est comme toiltes ces villes nouvelles, bâties par les Russes dans les steppes de la Tartarie, et qui ressemblent à des oasis, semées au milieu des déserts : elle est située entre les bouches du Niester et celles du Borysthène, au fond d'une petite baie abritée par un môle, et au pied d'une hauteur couronnée par une citadelle pentagonale , qui protège tout à-la-fois la ville et le port, et elle est devenue en quelques années le principal entrepôt du commerce de la mer Noire. Placée au principal débouché de la Pologne, Odessa doit fleurir à la faveur de son site, si la main de l'homme peut forcer la nature et planter des villes au milieu des déserts»
Il y a environ dou2e lieues d'Àkhirman à Odessa , et neuf d'Odessa à Oczakof. La côte est basse depuis le Niester jusqu'à Odessa ; mais elle se relève au-delà et ne s'abaisse que vers Oczakof, pour laisser passer le Borysthène, qui se jette dans une baie profonde creusée entre deux langues de terre, sur une desquelles est Oczakof et sur l'autre Kinboum.
Oczakof a la forme d'un parallélogramme incliné sur le fleuve dans toute sa longueur, et dont trois côté* ont des remparts bastionnés, un fossé sec et un glacis, mais dont le quatrième, qui borde le fleuve, n'est fermé que d'un simple mur crénelé.
Le fort de Kinboum ou Kilbouroun situé sur la
1 . Voyez planche H. Carte du pourtour septentrional de la mer Noire.
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rive opposée, à l'extrémité d'une langue de terre si effilée, que les anciens la comparaient à kt lance d'Achille et que les Turks la comparent à un cheveu > est un carré de cent dix toises de côté aveé un mur à redans sur tous ses fronts, excepté sur celui du fleuve, qui n'est qu'une simple enveloppe eri terre , pareille à celle d'un jardin.
En général, leà fronts de Kinbourti et d'Oczakof, du côté du fleuve* sont trop faibles et île pourraient pas résister à une attaque par mer. Il faudrait les renforcer, si on voulait réduire les attaques de l'ennemi aux fronts de la campagne , qui sont susceptibles d'une bonne défense. Le fort de Hassan-Pacha , construit à la pointe d'Oczakof pour défendre l'entrée du Borysthène, n'est qu'une simple redoute destinée à croiser ses feux avec ceux du fort de Kinbourn , mais les croisant mal , parce que le fleuve a plus de deux mille toises de largeur à son embouchure , et que les batteries des deux rives opposées n'ont pas même été construites, comme elles auraient dû l'être, à l'extrémité des deux promontoires. Tous ces ouvrages sont mal entendus : ils ont été faits par les Turks <, et les Russes ne les ont pas encore corrigés.
Oczakof a deux rades, l'une à l'est sur le Borysthène, l'autre à l'ouest sur la mer entre la dote et l'île de Bérésen. Cette petite île est escarpée et a un fort en terre; mais ce fort paraît trop élevé * et l'on aurait mieux fait de ne construire qu'un front de fortifica* tions, appuyé de droite et de gauche aux escarpements. On aurait ainsi mieux protégé cette rade, la seule accessible aux grands vaisseaux , qui ne peuvent pas entrer daus le fleuve sans allèges, parce que l'on
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trouve à son embouchure deux langues de sable, au milieu desquelles il faut passer avec précaution pour entrer dans le chenal.
La baie profonde et vaseuse , où se jètent les eaux du Borysthène, reçoit aussi celles du Boug ou de l'Hyjfanis qui descend du plateau de la Pologne et qui mêle les siennes avec celles de l'Ingoul , à environ dix lieues à l'ouest d'Oczakof ; et c'est au confluent de l'Hypanis et de l'Ingoul que l'on a bâti la nouvelle ville de Nicolayef , située , comme celle d'Odessa , au milieu d'un désert. Toutes les rues se coupent à angles droits, et descendent par une pente douce jusque sur les bords du fleuve, où l'on a établi un. des plus beaux arsenaux de la Russie.
L'Hypanis descend du nord au sud dans la baie d'Oczakof, à travers un canal qui va en s'élargissant, et le Borysthène y descend de l'est à l'ouest à travers un labyrinthe de petites îles, qui gênent son cours, et près desquelles est la ville de Kerson : ce qui rend l'accès de cette place plus difficile que celui de Nicolayef.
Kerson est une mauvaise place de guerre, et elle ne sera jamais une bonne place de commerce , parce que Odessa et Nicolayef sont mieux situées. Elle est cependant fermée d'une très-bonne enceinte, et les Busses n'ont rien négligé pour la fortifier, parce qu'ils la regardent comme une bonne position de passage; mais malgré l'inscription fastueuse gravée sur une de ses portes, elle n'est ni sur le chemin de Byzance, ni même sur celui de Moscou : elle est dans un désert , où aucune 'route ne peut être marquée, et de quelque côté que l'on vienne, on peut la masquer et passer outre.
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Le Borysthène en descendant du plateau de Stnolensk traverse l'Ukraine, et fait en sortant de ce pays un grand coude vers l'est , à l'origine duquel est Kréméntchouk, au fond Ekathérinoslaf et à son extrémité Kerson.
La petite ville d'Ekathérinoslaf est une bonne position de passage, où se croisent les deux routes, qui vont l'une à Riof en remontant le Borysthène, et l'autre à Pultava , en remontant un de ses affluents, nommé la Y orskla ; et c'est au-dessous d'Ekathérinoslaf que sont les chutes ou cataractes du Borysthène, près desquelles on voyait autrefois dans une île du fleuve la seiche ou l'établissement des Cozaques Zaporovis ou Zaporogues, formé de bandits de différentes nations, mais qui l'avait été, dès son origine, d'hommes de la race gothique ou germaine: ce qui avait embelli la leur et l'avait distinguée de celle des autres habitants du pays , chez lesquels le sang esclavon n'était mêlé qu'avec le sang tartare. Ces Cozaques étaient au nombre de quinze à vingt mille, la plupart garçons, et vivaient sous un chef, nommé hethman. Tels que les Spartiates, ils fesaient Leurs exercices et leurs repas en commun : en été ils couraient la campagne, et en hiver, ils mangeaient leur butin. Ceux , qui étaient mariés , vivaient avec leurs femmes, confinées, comme les anciennes amazones, dans des villages voisins. Les autres vivaient dans la setche, comme dans un camp, par chambrées de dix à douze, et préféraient aux plaisirs du mariage un autre genre de plaisir, plaisir solitaire et brutal qui mécontente un sexe et déshonore l'autre, espèce de frénésie qui offense la nature et outrage son plus bel ouvrage. La société des Cosaques Zaporovis n était
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au fond qu'un ordre monacal de chevalerie , mais plus imparfait que les autres ordres chevaleresques de l'Europe, parée que les individus, qui le composaient, n'avaient pas atteint le même degré de civilisation. Cette société fut dissoute en 1775, et les Cosaques Zaporovis furent dispersés parmi les autres Cosaques de la Russie. Le$ uns allèrent s'établir sur le Don, d'autres sur le Kouban , et nous les retrouverons jusque dans l'île de Taman.
Krémentchouk n'a aucune importance militaire; mais Riof et Smolensk, que l'on trouve en remontant le Borysthène, en ont une très-grande, parce qu'elles sont sur les principales routes de la Pologne à Moscou.
Kiof, capitale de l'Ukraine, est située sur la rive droite du Borysthène , au pied d'une colline , qui s'élève de quarante toises au-dessus du niveau du fleuve, et elle est composée de trois villes particulières , de la citadelle bâtie sur la colline , de la cité vieille bâtie sur sa pente, et du faubourg de Podol ou de la ville nouvelle, bâtie sur les bords du fleuve. La citadelle de Kiof, quelque élevée qu'elle soit, est encore dominée; mais on pourrait disputer le terrain, qui l'environne, parce qu'il est haché et rompu.
Smolensk, située sur un des points dominants de la Russie, est à cheval sur le fleuve même, à 26 lieue* de ses sources et au pied d'un coteau , sur lequel on a bâti sa citadelle , séparée seulement de la ville par un pont flottant. La situation de cette ville pu milieu d'nqe vallée très-encaissée, ses murs flanqués de hautes tours, ses maisons en amphithéâtre sur h rivage, les coupoles variées des églises qui les surmontent et qui
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sont elles-mêmes surmontées d'une croix ou d'un croissant dorés, produisent au premier coup d'oeil une espèce d'enchantement; mais cette illusion s'évanouit, dès qu'on entre dans la ville, généralement mal bâtie; ^ et l'on s'aperçoit bientôt qu'il serait très-difficile de 1* défendre, parce que son eneeinte trop étendue a près de deux lieues de circonférence et se découvre à tous les feux des assiégeants.
La ligne du Borysthène se lie sur le plateau de Smo» lensk à celle de la Douina , qui est défendue vers son origine par Vitepsk , vers son centre par Dounabourg et à son extrémité par Riga. Ces deux lignes forment la barrière naturelle de la Russie; et si la Pologne était rétablie et que les Russes osassent franchir cette barrière, les armées disciplinées du reste de l'Europe pourraient avec la cavalerie polonaise les y rejeter et même les y contenir. Mais s'ils avaient eux-mêmes la sagesse de s'y Venfermer, ils y seraient couverts sur leurs flancs par les deux fleuves, sur leur centre par le plateau de Smolensk , et aucune armée européenne ne pourrait sans témérité venir attaquer une artnéç russe, retranchée sur ce plateau, sa droitç appuyée à Vitepsk sur la Douina, sa gauche à Orcba sur le Borysthène, et son centre adossé à la forteresse de Smolensk.
La ligne du Borysthène et de la Douina était au* trefois la meilleure ligne défensive de la Russie, et les Russes, au lieu de la renfoncer, l'ont affaiblie, en se répandant en Pologne. Ils doivent -donc aujourd'hui abandonner la Pologne, et se retirer derrière cette ligne, pour y améliorer leur existence politique, avant de songer à l'agrandir.
Cette ligne immense, qui s'étend depuis Kerson jusqu'à Riga et depuis la mer Noire jusqu'à la Baltique, n'a été percée que deux fois par les armées disciplinées de l'Europe, la première en 1708 par les Suédois sous Charles XII , et la seconde en 1 8 1 a par les Français sous Napoléon.
Charles XII partit de Grodno sur le Niémen , remonta le fleuve vers ses sources, pour aller passer la Bérézina à Borisof , le Borysthène à Mohilof ; et après avoir relancé les Russes jusque sur le plateau de Smo lensk, il descendit le fleuve sur sa rive gauche jusqu'à son confluent avec la Desna vers Kiof , pour y donner la main au Cozaque Mazeppa , qui devait lui amener des renforts de l'Ukraine; et se mettant de nouveau à la poursuite des Russes, qui fuyaient devant lui et ne voulaient plus le combattre de front, il les joignit sur la Vorskla devant Pultava , où le czar Pierre Ier était accouru, pour arrêter enfin Charles dans sa marche. À force d'avoir été vaincus par les Suédois, les Russes avaient appris à les vaincre. Pierre n'osa pas cependant heurter de front l'armée suédoise, commandée par Charles en personne, quoiqu'elle ne fut que de dix-huit mille hommes , et qu'il en eût luimême au moins quatre-vingt mille. Il se couvrit de retranchements , et fit élever sept redoutes sur le front de sa ligne. Son dessein, en se retranchant ainsi, était de rompre la ligne suédoise , dont il redoutait le choc , et de pouvoir ensuite sortir sur elle, dès qu'elle serait rompue, par les intervalles qu'il avait laissés entre les redoutes. Cette disposition lui réussit; et quoique sa cavalerie eût d'abord été battue et que trois de ses redoutes eussent été emportées, les Suédois, à la fin rompus,
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furent enveloppés de toutes parts et presque tous pris ou dispersés. Charles lui-même eut de la peine à se sauver, et il s'enfuit précipitamment avec une simple escorte jusqu'à Oczakof; d'où il se retira chez lesTurks à Bender. Tel fut le résultat de la bataille de Pultava.
Ce n'est pas que Charles ne se montrât digne de lui dans cette bataille; mais la faute, qu'il fit, fut de s'être mis dans la nécessité de la donner. Il était venu dans l'Ukraine sans être maître de ses derrières; et son armée, ne pouvant plus se recruter, devait périr comme un arbre privé de sa sève. Ce qui perdit ce prince , ce fut son trop d'ardeur : il s'obstina à la poursuite du czar, comme un chasseur s'obstine après sa proie , sans songer que ses forces s'épuisent; et quand il l'eut atteint, il ne pensa plus qu'il pût être vaincu par un ennemi, qu'il avait vaincu tant de fois. Chacun de ses combats fut un chef-d'œuvre de tactique; mais sa cam-' pagne entière fut mal combinée et parut celle d'un aventurier. On a comparé la vie militaire de Charles XII à un ouvrage de littérature, admirable dans les détails et vicieux dans l'ordonnance : sa campagne en Russie justifie cette comparaison.
Si Charles XII, au lieu d'aller de Smolensk à Pultava, eût marché directement sur Moscou, il eût coupé la Russie en deux et peut-être même détrôné Pierre I" ; mais il n'eût pas pu garder pour lui ce vaste empire, et il eût été forcé de le donner à un autre czarovitz , à moins qu'il n'eût mieux aimé pour le repos de l'Europe le partager entre deux.
Napoléon, qui fit son expédition en Russie cent quatre ans après celle de Charles XII, partit comme lui de$ bords du Niémen, où il avait établi vers Kouno
sa base d'opération ; et remontant la V ilia un des affluents du Niémen jusqu'à Vilna, il alla franchir le canal qui unit POula à la Bérésina et par ces deux rivières la Douina au Borysthène, pour s'élever sur le plateau valdaïque vers Yitepsk et Smolensk; d'où il marcha sur Moscou par Viasma, Ghijat et le village deBorodino, au-delà duquel les Russes, qui fuyaient devant les Français, comme autrefois leurs ancêtres devant les Suédois, et qui ne voulaient plus aussi les combattre de front, s'étaient retranchés derrière la Khaloga, comme Pierre Ier l'avait fait derrière la Vorskla à Pultava; mais leurs retranchements furent enlevés, et la victoire de la Moscowa ouvrit aux vainqueurs la ville de Moscou». L'armée française y descendit par Mozaïsk; mais à peine y fut-elle établie, que les Russes, pour l'en chasser, brûlèrent cette capitale. Il fallut l'abandonner, et l'armée revint sur ses pas jusqu'à Smolensk; d'où elle descendit avec le Borysthène à Orcha, pour aller franchir la Bérésina à Borisof ; mais le froid qu'elle éprouva dans sa marche rétrograde, la fit périr presque tout entière, et jamais elle n'eût pu repasser la Bérésina sans l'héroïsme de ses vieux soldats, qui trahis de toutes parts et par leurs ennemis et même par leurs alliés, auvlieu de revenir par Minsk et par la route la plus courte sur le Niémen , le point de leur départ , furent obligés d'y revenir par Vilna. Ainsi finit cette expédition , une des plus hardies qui aient été entreprises depuis celle d'Alexandre.
La marche des Français en Russie avait été mieux combinée que celle des Suédois, quoiqu'elle eût été entreprise dans une saison trop avancée ; mais le but des deux expéditions fut également mauvais , parce qu'au
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lieu de se borner à chasser les Russes de la Pologne, on alla les relancer jusque dans le cœur de leur empire, et que si les Russes n'avaient pas été établis à Moscou, il eût fallu les y planter pour contenir les Tartares dans leurs déserts.
Au reste quels qu'aient été les desseins de Napoléon et de Charles XII dans leurs expéditions, elles leur furent également funestes à tous deux; et quand même les Suédois n'auraient pas été vaincus par les Russes , et les Français par tous les éléments conjurés contre eux, jamais ni les uns ni les autres ne seraient sortis de la Russie , sans essuyer de grandes pertes , parce qu'on ne peut pas faire impunément une pointe de cent lieues, à moins d'avoir une base de deux cents. Il fallait , avant de monter sur le plateau de Smolensk et de marcher sur Moscou, reconstituer la Pologne et occuper avec les Polonais toute la ligne de la Qpiuna et du Borysthène, pour empêcher les arijiées russes de la franchir et de prendre leurs ennemis à dos.
Si après avoir repoussé (es Russes derrière cette ligne et réorganisé la Pologne, Nappléon, au lieu de marcher sur la Russie, eût marché contre la Turkie, et qu'après être descendu avec le Borysthène et l'Hy-* panis sur la mer Noire , il se fût avancé le long de cette mer à travers le Niester et le Danube jusqu'à Constantin ople, pendant que son armée d'il ly rie serait venue le joindre dans la Thraçe par la Bosnie et |a Macédoine, il eût pu dans une seule campagne affranchir la Grèce et la Pologne , et élever sur la frontière orientale de l'Europe une barrière insurmontable contre les Russes et les Turfcs, en ressuscitant deux vieilles nations qui auraient pu servir à balancer toutes les
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autres et à maintenir 1 équilibre européen. Une expédition aussi gigantesque ne pouvait être justifiée que par un but aussi glorieux ; et s'il eût succombé dans cette noble et brillante entreprise , il eût péri , comme Alexandre ,. enseveli dans son triomphe.