CHAPITRE VII
De la hante Asie ou de l'Asie supérieure.
Les anciens appelaient haute Asie ou Asie supérieure le pays qui est au-delà de l'Euphrate et du
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Tigre, et ils appelaient basse Asie ou Asie mineure celui qui est en-deçà, soit parce que le premier leur paraissait plus élevé que l'autre , soit parce qu'il était plus étendu, quoiqu'ils n'en connussent guère, même dépuis les conquêtes d'Alexandre , que la partie comprise entre le Tigre et l'Indus. C'étaient là du coté de l'Orient les bornes de leur univers : orbis notas.
Au-delà du Tigre, le terrain s'élève graduellement jusqu'au mont Zagros, le point culminant de la chaîne médique, et présente une zone nue qui se prolonge depuis le mont Taurus jusqu'au golfe Persique et qui se confond à l'œil avec les plaines de la Mésopotamie et le désert de l'Arabie : c'est cette zone qui forme aujourd'hui la frontière de la Turkie. Mousoul et Bassora en occupent les deux extrémités, et Bagdad le milieu; et voilà pourquoi les Turks ont toujours attaché à Bagdad une très -grande importance militaire. Les montagnes ne commencent qu'à deux ou trois journées de cette ville, et elles s'élèvent par degrés jusqu'à la chaîne médique, qui court parallèlement au Tigre et qui se divise en deux autres chaînes , séparées entre elles ^ar un long plateau , creusé vers le nord par le lac d'Ourmia, vers le centre par l'Eulée, et hérissé vers le sud de hautes montagnes , «lu pied desquelles sont les ruines de Suze , et au-delà de ces ruines, les deux petites villes de Desfal et de Schouster, sur le chemin de Korna à Ispahan.
Tivris et Kirmanchah occupent les deux points les plus importants de ce plateau. Tivris, nommée vulgairement Tauris, est située dans une grande plaine qui environne à l'est le lac d'Ourmia , au pied d'une montagne sur laquelle on voit une vieille citadelle,
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très-difficile à défendre , parce qu elle est dominée de toutes parts. La ville bâtie au pied de la citadelle a près d'une lieue et demie de circonférence, et n'est fermée que d'un simple mur en briques, flanqué de tours, quoiqu'elle soit regardée comme le boulevard de la Perse : elle est la capitale de l'Aderbidjan , l'ancienne Atropatène, et on lui donne une population de 5o à 60 mille habitants. Son territoire est très-fertile, surtout en pâturages, et l'air, qu'on y respire, est renommé pour sa salubrité; mais il est très -froid en hiver et n'est tempéré qu'en été, parce que les montagnes voisines sont couvertes de neige pendant neuf mois de l'année. Ces montagnes sont le nœud des deux chaînes qui bordent la Médie, l'une à l'ouest et l'autre à l'est. La première est la chaîne médique, qui se pyramide au mont Zagros, et l'autre la chaîne persique, qui se pyramide au mont Oronte. Celle-ci, quoique plus élevée, le paraît moins, parce qu'elle pose sur le plateau de la Médie, dont le niveau est supérieur à celui de la vallée du Tigre. Le plateau de la Médie est creusé vers le nord, d'un côté par le lac d'Ourmia, et de l'autre par le fleuve Amardus, venant, comme l'Eulée, de ce groupe de montagnes qui est au sud de Tauris et qui se lie à l'ouest au mont Zagros, et à l'est au mont Oronte. L'Eulée coule au sud jusqu'à sa sortie des montagnes vers les ruines de Suze, où il se détourne à l'ouest pour aller se jeter dans le Tigre au-dessous de Korna : l' Amardus au contraire coule vers le nord jusque vers Mianah, où il se détourne à Pest pour aller se jeter dans la mer Caspienne, au-dessous de Rescht.
J^a ville de Kirmanchah est située au milieu du
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plateau de la Médie dans le bassin de TEuIée; mais elle n'a pas la même importance que Tauris, et on ne lui donne guère qu'une population de i5 à 20 mille habitants. Ses fortifications sont encore moins imposantes, et elle n'est fermée que d'un simple mur, percé de meurtrières et environné d'un fossé. Tauris et Kir-^ manchah n'ont d'importance militaire, que parce que la première est sur la route d'Erzeroum à Téhéran, et l'autre sur celle de Bagdad à Hamadan.
La route de Tauris à Téhéran se dirige au sud-est et conduit par les villages de Seïd-Abad et de Turkmantchaî' à Mianah, où elle se divise en deux branches : l'une se détourne à l'est et mène par Khalkhal à Rescht sur la mer Caspienne : l'autre continue à se diriger vers le sud -est et va par Zenghian, Soulta-* nièh et Abher, déboucher sur le plateau de la Perse vers Casbin; d'où elle va à Téhéran en côtoyant le pied du mont El-Bours, le mont Coronus des anciens.
Rescht par son isolement n'a d'importance que comme ville de commerce, et Ion pourrait former dans la baie d'Inzerli, qui lui sert de port, un trèsbel établissement maritime; mais Zenghian offre une très-belle position de passage, parce qu'elle est au débouché des montagnes qui séparent le plateau de la Médie de celui de la Perse , et sur l'embranchement des deux routes qui conduisent, l'une d'Ardébil et l'autre de Tauris, à Téhéran.
Soultaniéh n'est plus aujourd'hui qu'une vaste ruine, ressemblant plutôt à un camp retranché qu'à une ville,
I. C'est à Tarkmantchaï que fut signé en 1827 le traité entre la Russie et la Perse.
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et le pays ne commence à s'embellir qu'aux environs d'Âbher, gros bourg formé de plusieurs groupes de maisons, agréablement bâties.
Casbin est hors de la route d'Âbher à Téhéran, et elle est trop enfoncée vers le nord , au pied du mont Caspius; mais elle a cependant une très-grande importance militaire, parce qu'elle est à l'entrée des défilés qui conduisent par la vallée du Taroun et par celle de l'Amardus dans le Ghilan. Il parait que ce sont là les Pyles Caspiennes des anciens : elles sont appelées aujourd'hui par les uns déBlés de Menzil du nom du village qui est au confluent du Taroun et de l'Amardus, et par les autres défilés de Roudbar du nom du village qui est au-dessous de Menzil dans la vallée de l'Amardus , très-rétrécie vers ce point.
Téhéran n'est plus éloignée de Casbin que de 3o lieues , et l'on va de Casbin , comme d'Abher, à Téhéran et de Téhéran à Damégan, en côtoyant le pied des montagnes qui bordent la mer Caspienne. Casbin , Téhéran et Damégan sont trois villes modernes, bâties toutes les trois près de l'emplacement d'anciennes villes , Casbin près d'Arsacie , Téhéran près de Raï ou Rhages et Damégan près d'Hécatonpyles.
Téhéran , la résidence actuelle du çhâh ou monarque persan, est à l'est de Casbin, au milieu d'une vaste plaine, qui s'étend jusqu'au pied du mont Coronus, et elle n'est défendue que par urie enceinte fermée, au milieu de laquelle est le palais du roi, et par quelques forts détachés, qui en couvrent les approches: ainsi que Soultanièh, c'est moins une ville qu'un camp retranché, et il paraît que les rois de Perse n'y ont transféré leur résidence que pour veiller de plus près
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sur les mouvements des tribus militaires, qui habitent le pourtour de la mer Caspienne et qui dejfuis quelque temps disposent de Pempire. Cette ville n*est comparable ni pour la douceur de son climat ni pour la fertilité de son territoire à Scbiras, à Ispaban ni même à Hamadan ; et quelle que soit sa population , que Ton porte à 60 mille habitants et même jusqu'à loo mille, quand l'armée persane est rassemblée dans ses environs, Téhéran n'aura jamais quelque importance militaire, que par sa position à l'entrée des défilés qui conduisent dans le Mazandéran, comme ceux de Casbin conduisent dans le Gliilan.
La route de Tauris à Téhéran est la route directe d'Ërzeroum en Perse : la route de Kirmanchah est celle de Bagdad à Hamadan. Celle-ci traverse l'Ëulée au sortir de Kirmanchah et va , en côtoyant le mont Bi-Soutoun , à Sahanèh; d'où elle s'élève sur la crête des montagnes , qui bordent à l'est le plateau de la Médie , pour descendre par Hamadan sur celui de la Perse.
Le mont Bi-Soutoun s'élève, comme un obélisque, au milieu du plateau médique. Il paraît que les basrelief, sculptés sur sa face méridionale, sont l'ouvrage des rois Sassanides, s'ils ne sont pas celui de Sémiramis, qui, suivant Diodore, avait fait tailler le mont Bugistan, pour y faire graver ses exploits. Du pied du mont sort une source d'eau vive, qui ressemble à une rivière et qui va se jeter dans l'Eulée.
Sahanèh est à l'embranchement des deux routes d'Ispahan et de Hamadan. La première se dirige au sudest et suit une longue vallée encaissée entre deux chaînes de montagnes; d'où elle débouche avec le Bendémir dans la plaine d'Ispahan. L'autre se dirige au
nord*est et s'élève par le village de Kaugovêr sur la croupe dm mont Ëlvend, l'Oronte des anciens, pour descendre sur le plateau de la Perse vers Hamadan.
Cette ville e^t située à l'entrée du plateau persique, sur le revers oriental du mont Oronte et au pied d'une colline, sur laquelle on voit sa citadelle. Il paraît qu'elle occupe l'enjplacenient d'Ecbatane, qui devait être plus rapprochée du mont Oronte, parce qu'elle était plus étendue que la ville actuelle : l'ancienne s'élevait en rampant autour de la montagne, et y formait sept enceintes concentriques, dont la première avait âoo stades de périmètre et la dernière sept. Celle -^ ci renfermait le palais du roi. Chacune des enceintes s'élevait au-dessus des autres de la hauteur des créneaux , qui , étant peints de différentes couleurs, avaient plutôt l'air d'une décoration de théâtre, que des remparts d'une place forte. Hamadan paraît aujourd'hui dépeuplée, et on ne lui donne guère que lo à 12 mille habitants. Ses rues, entrecoupées de jardins et arrosées par les eaux du mont Oronte, présentent un aspect agréable.
C'est à Hamadan que se divisent les deux routes d'Ispahan et de Téhéran. La première se dirige au sud^est et conduit par Khom et Kachan à Ispahan; d'oîi l'on va par Persépolis à Schiras et de Schiras par Schapour à Bouschir sur le golfe Persique, en traversant les montagnes qui séparent ce golfe du plateau de la Perse. Persépolis et Schapour n'offrent plus aujourd'hui que des ruines; mais ces ruines, par leur étendue et leur magnificence, méritent de fixer les regards du voyageur. Les ruines d^ Schapour sont près de ELazroun sur les versants du golfe Persique,
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et celles de Persépolis près de Zergoun sur le plateau de la Perse. D'autres ruines également remarquables, mais plus éloignées et à environ ao lieues au sud-est de Persépolis, sont celles de Pasagardes, qui était le lieu de la sépulture des anciens rois de Perse, tandis que Persépolis, ainsi que Schapour, était celui de leur résidence.
L'autre route se dirige au nord-est et va par Sapézén et Païsabàd à Téhéran ; d'où elle conduit à Amol et à Sari sur le littoral de la mer Caspienne, à travers les montagnes qui séparent ce littoral du plateau de la Perse.
Téhéran est au nœud de toutes les routes de la Perse dans l'Inde. Celles qui y conduisent directement d'Ispahan et de Schiras, ne peuvent convenir qu'à des caravanes, parce que les montagnes, qui bordent au sud le plateau persique et qui le séparent du littoral de l'Océan , sont arides et désertes. Il faut , pour trouver des subsistances, s'élever jusqu'au pied des montagnes, qui bordent au nord ce plateau et qui le séparent de la mer Caspienne. Le mont Coronus^ le point culminant de ces montagnes, fait à l'est de Téhéran un grand coude , qui s'avance au sud comme un grand bastion : c'est le pic de Damavend, sur les flancs duquel sont d'un côté Téhéran, et de l'autre Damégan. Ce pic est aplati à son sommet, et il est percé à sa base de plusieurs défilés, par où l'on s'élève sur la croupe du mont Coronus, pour descendre sur le littoral de la mer Caspienne vers Amol ou vers Sari. Il paraît que ces défilés sont les pyles Hyrcaniennes des anciens, ainsi nommées, parce qu'elles conduisaient du plateau de la Perse dans l'ancienne Hyrcanie, le Mazandéran moderne.
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Damégan, située, comme Téhéran, à l'entrée de ces défilés, a par sa position autant d'importance mi* litaire; mais elle est moins peuplée, et ne renferme guère que 12 à i5 mille habitants : elle est aussi moins bien défendue, et n'est fermée que d'un simple mur, flanqué de tours.
La route de l'Inde va de Téhéran à Damégan et de Damégan à Bistan, située à l'entrée d'autres défilés, qui conduisent sur la mer Caspienne vers Astrabâd. Bistan est à l'intersection des deux routes, qui vont l'une à travers le mont Sariphus à Mesched et de Mesched sur le plateau de la Tartarie, l'autre à travers les défilés de Terchitz à Hérat et de Hérat par Kandahar dans la vallée de l'Indus.
Jlérat, l'ancienne Ariée, est sur le plateau du Khoraçan qui borde à l'est celui de la Perse , comme le plateau de la Médie le borde à l'ouest. On sort de ce plateau vers Kandahar, et l'on descend avec le cours des eaux sur l'Indus vers Attok , l'ancienne Taxile.
Kandahar est la clef de la Perse du côté de l'Inde, comme Kirmanchah l'est du côté de la Turkie ; mais la première de ces places n'est pas mieux défendue que l'autre : c'est un simple parallélogramme, flanqué de tours, et bordé sur les deux petits côtés de deux réduits, qui lui servent de citadelles. On descend de Kandahar avec le Khoas à Attok sur l'Indus , comme on descend de Kirmanchah avec la Diala à Bagdad sur le Tigre. L'Indus borde la Perse à l'est, comme le Tigre la borde à l'ouest; et ce sont ces deux fleuves qui devraient la limiter, si on voulait lui donner de bonnes frontières militaires.
La Perse peut être considérée comme un plateau
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central, bordé de deux autres, du plateau de la Médie à l'ouest y et de celui du Khoraçan à Test, et environné sur toute sa circonférence d'un cordon de montagnes très-hautes à l'ouest vers la Médie, abruptes au nord et au sud vers la mer Caspienne et vers l'Océan, et déclinant à l'est vers le Khoraçan par une pente douce dans la vallée de l'Indus; mais ce plateau n'est point creusé, comme celui de la Médie, par des vallées plus ou moins profondes, il est presque partout uni ou hérissé de monticules isolés^ qui ont été soulevés à des hauteurs plus ou moins grandes par des feux souterrains et qui semblent semés sur la surface de la terre, comme des îles au milieu de la n^er : ici sont des collines nues, là des plaines incultes et sablonneuses, en divers lieux des cours d'eau qui, n'ayant point d'issue, semblent n'avoir point de destination, et qui s'abîment dans des gouffres ou se perdent par l'évaporation. Tout ce pays est froid en hiver, sec et brûlant en été, eti^ne produit qu'à l'aide d'irrigations artificielles. Aussi les hommes y sont- ils clair -semés, et les animaux encore plus rares que l'homme. On n'y voit guère que des antilopes et des onagres. L'onagre ressemble à l'âne domestique ; mais il est plus farouche : son poil est d'un beau gris argenté, coupé sur le dos par des bandes noires : on le chasse, comme l'antilope ," et il est très-rapide à la course.
Le cordon de montagnes, dont la Perse est environnée, est seulement rompu sur quelques points, et ce n'est que par ces issues que l'on peut y monter ou en sortir. Les deux issues les plus faciles sont celles de Soultanièh et de Terchitz, l'une au nord-ouest sur la route de ïauris, l'autre à l'est sur celle de Kandahar.
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Toutes les autres ne sont que des défilés étroits, où une poignée de soldats pourrait arrêter une armée, et ne s'ouvrent que sur des plaines désertes, où Ton ne trouverait point de subsistances; en sorte que la Perse est mieux défendue par ses montagnes et par ses déserts, que par ses places fortes. Aussi les forteresses persanes ne méritent-elles aucune considération : ce ne sont pour la plupart que de simples enceintes non terrassées, flanquées de tours et percées de meurtrières. Ija seule, qui ait été construite d'après le système européen, est celle de Khoî, sur la route de Tauris à Erzeroum : encore cette forteresse est-elle hors du cordon de la Perse, et ses fortifications ne consistent-elles qu'en quelques petits bastions, si saillants et si étranglés, qu'on aurait de la peine à manœuvrer des canons sur leur terre-plein.
Les deux chaînes qui bordent la Perse à l'ouest et au nord et qui la séparent, l'une de la Médie et l'autre de la mer Caspienne, paraissent êtfte plutôt des branches du Taurus que du Caucase, dont elles sont séparées par la vallée de l'Araxe, tandis qu'elles s'unissent vers Khoï et Bayazid à la chaîne du Taurus et présentent les mêmes formes et la même structure : ce sont des montagnes schisteuses ou calcaires, travaillées par des feux souterrains, qui sont encore allumés dans quelques-unes, et récemment éteints dans les autres.
La première de ces chaînes court du nord au sud comme la chaîne médique, et se pyramide au mont Oronte : l'autre court de l'ouest à lest, borde la mer Caspienne et se pyramide au mont Caspius et au mont Coronus. Le mont Caspius est le nœud de la chaîne taurique et de la chaîne persique, et sépare les eaux de
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l'Amardus de celles qui coulent sur le plateau de la Perse. Le mont Coronus sépare ce plateau de l'ancienne Hyrcanie et présente un dôme élevé, qui se termine en un plateau aride et sablonneux, d'où l'on voit sortir par plusieurs soupiraux des exhalaisons sulfureuses : ce qui avait fait croire aux anciens Perses qu'un méchant roi était emprisonné dans ses flancs. C'est à travers cette montagne que sont percés les divers défilés, d'où la ville d'Hécatonpyles avait reçu son nom. Le principal a près de dix lieues de long et se divise en deux branches, dont l'une conduit sur le littoral de l'ancienne Hyrcanie, vers Amol, et l'autre sur celui de l'ancienne Parthie, vers Astrabâd.
La chaîne taurique, après s'être élevée jusqu'aux cieux au mont Coronus, fléchit vers Bistan et se divisé en deux autres chaînes : l'une se courbe au nordest jusque vers l'Oxus et sépare la Parthie de l'ancienne Bactriane : l'autre continue à se diriger vers l'est et se relève au mont Sariphus et au mont Parapomisus; d'où se détachent deux autres chaînes qui se courbent vers le sud et qui embrassent le Khoraçan, dont le plateau domine la vallée de l'Indus, comme le plateau de la Médie domine celle du Tigre. Mais le plateau du Khoraçan est moins élevé que celui de la Médie , et l'on descend par une pente plus douce dans la vallée de l'Indus que dans celle du Tigre.
Quoique l'Hyrcanie, la Parthie et la Bactriane soient au nord de la chaîne taurique et hors du plateau de la Perse, elles ont toujours fait partie de cet empire, parce qu'étant très fertiles en grains et en pâturages, elles le nourrissent une partie de l'année et lui sont en quelque sorte nécessaires.