‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiquesChapitre 21 sur 84 · I. J'y résidais alors comme consul général · texte numérisé non relu

I. J'y résidais alors comme consul général

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derrière le mont Pagus le mont Mastusia et d'autres monts sourcilleux, qui vont se lier d'un coté au mont Tmolus, et de l'autre au mont Sipyle, dont le pied est baigné par l'Hermus. Des vallons fertiles, serpentant au pied de ces montagnes, environnent la ville de tous cotés. Au sud-ouest se déploie la plaine ondulée qui forme l'isthme de la péninsule de Clazomène et qui est toute couverte d'oliviers, à l'est la plaine élevée de Sédikeuï, fertile en grains et en pâturages, et au nord la plaine basse et marécageuse qui borde le golfe et au fond de laquelle on voit le beau village de Bournabat, le séjour favori des Européens.

Trois cours d'eau arrosent ces belles campagnes. JjC premier vient des montagnes qui sont derrière le mont Pagus, et descend, en tournant ce mont, delà plaine élevée de Sédikeuï dans les jardins de Smyrne, où il se divise en plusieurs canaux, dont les uns entrent dans un des faubourgs , et les autres vont se perdre au fond du golfe. Ce cours d'eau est la petite rivière que l'on passe sur le pont des Caravanes, en sortant de la ville par la porte du nord , et qui arrose la plus belle partie de son territoire. Ses eaux ne sont pas moins propres à ia teinture qu'à l'irrigation.

Le second cours d'eau a sa source dans le bassin d'eaux semi-thermales, qui est au-delà du pont des Caravanes et que l'on nomme les Bains de Diane. Cette belle source jaillit à gros bouillons du pied d'un rocher taillé en amphithéâtre, et forme à sa naissance une petite rivière qui va se jeter, à une demi-lieue plus à l'ouest , au fond du golfe.

Le troisième cours d'eau naît vers cette sommité du mont Sipyle , où l'on montre encore la statue informe

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de Niobé, descend rapidement du nord au sud dans la plaine de Bournabat; et tournant vers l'ouest^ il va se jeter, comme les deux autres, au fond du golfe. Il paraît que c^est l'ancien Achéloûs, célèbre par Tantre des Nymphes que Ton voyait sur ses bords et que Ton croit reconnaître, à une lieue et demie au nord de Bournabat, dans une jolie grotte, encore ornée sur ses parois de quelques figures en relief. Plusieurs voyageurs ont cru que la rivière de Bournabat était le Mélès des anciens, à cause d'une inscription^ gravée sur une colonne de la Mosquée de ce village ^ qui vante le Mélès et la salubrité de ses eaux; mais cette colonne a pu être apportée d'ailleurs, et l'inscription ne peut guère convenir à un torrent , tel que celui de Bournabat, qui roule de gros cailloux et qui a ravagé tous ses bords. D'autres croient que le Mélès est la rivière des Bains de Diane, à cause de la limpidité de ses eaux et de la lenteur de son cours; mais cette rivière ne paraît être qu'un canal artificiel qu'on a laissé dépérir, et qui serpente maintenant au milieu de marécages et de roseaux. Le Mélès est plus vraisemblablement la rivière qui promène ses eaux dans la plaine de Sédikeuï, et qui descend rapidement derrière le mont Pagus dans les jardins de Smyrne , où on la traverse sur le pont des Caravanes. Cette rivière a toujours été le fleuve favori des Smyrnéens , parce qu'ils ont toujours cru qu'Homère était né sur SCS bords , et qu'il fertilise toutes les campagnes voisines. Aussi le représentaient-ils dans leurs monnaie sous la figure d'un vieillard appuyé de la main gauche sur une urne, et tenant de la droite une corne d'abondance, symbole de la fécondité.

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' Telles sont, sur un rayon de trois à quatre lieues , les campagnes de Smyrne qui affligent maintenant là vue par leur nudité , et où les villages n'apparaissent plus que comme des îles au milieu de la vaste mer; mais ces campagnes sont toujours très-fertiles, et elles se font encore remarquer , les unes , comme crelles de Bournabat , par leurs bosquets d'orangers , les autres , comme celles de Narli<*Keuï, ^ar leurs vergers de gre« nadiers , toutes par la beauté de leurs arbres fruitiers.

Smyrne étant l'entrepôt de toute l'Asie-Mineure a des communications ouvertes avec toutes les villes voisines. Une route conduit à Pergame, une autre à Magnésie, une troisièibe à Sardes, une quatrième à Ëphèse, et une cinquième à Tchezmc, en face de Chîo.

La route de Pergame se dirige au nord, sort de Smyrne par le pont des Caravanes , coupe par le mi^ lieu la plaine de Bournabat; et tournant au nord««ouest vers ce village, elle côtoie le pied du montSipyle^ et va passer l'Hermus à deux lieues de son embouchure*

L'Hermus naît au pied du montDindymène au-dessus du bourg de Kadous , descend vers le sud du bourg de Kadous dans la plaine de Sélendi , et de la plaine de Sé« lendl dans celle de Kolah ; et après avoir reçu sûr sa rive gauche un affluent, venu de Philadelphie, il se détourne à l'ouest, traverse d'abord la plaine de Sardes, puis celle de Magnésie où il reçoit l'HylIus sur sa rive droite, et va se jeter, en tournant le mont Sipyle, dans le golfe de Smyrne. Ce fleuve séparait autrefois Ui Mysie de la Lydie et le littoral de l'Eolide de celui de llonie.

On passe maintenant l'Hermus sur un bac vers le

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bourg de Ménimen , bâti sur les ruines de Temnos; el laissant à droite un fort ruitfé, qui parait occuper l'emplacement de Néon-Tichos, et à gauche le château de Guzel-Hissar, qui domine la plaine de Myrine, on monte sur la croupe nue du mont Sardéna, pour, descendre dans la vallée du Pythicus ; d'où Ton s'élève sur une autre montagne, pour redescendre dans la vallée du Caïcus. On remonte ensuite le Cakus jusqu'à son confluent avec le Cétius, et Ton arrive, après 1 8 heures de marche , à la ville de Pergame.

La route de Magnésie se dirige au nord-est, quitte celle de Pergame dans la plaine de Bournabat; et coupant, cette plaine obliquement, elle s'élève vers le village deHadjilarsur la croupe du montSipyle, pour descendre par une pente rapide à Magnésie, où l'on ar-^ rive après huit heures de marche.

Magnésie est bâtie sur le revers septentrional du mont Sipyle, au pied d'une hauteur occupée par un vieux fort , où l'on ne peut monter que par un sentier âpre et tortueux ; mais la ville , ornée de jolies fontaines et de belles mosquées, a un aspect agréable, et renferme plus de 20 mille Turks, mêlés de 5 à 6 mille chrétiens ou Juifs, qui ont été attirés à Magnésie par le marché le plus riche en colons de toute l'Asie-Mineure..

Il y a une route qui traverse l'Hermus à une demilieue de Magnésie et qui va de cette ville à celle d'Ak- Hissar, située vers les sources de l'Hyllus, ou à celle de KirkrAgach, située vers les sources du Caïcus. Kirk-Agach n'est connue que par son marché de cotons, aussi fréquenté que celui Ûe Magnésie; mais Ak- Hissar l'est encore, parce qu'elle occupe l'emplacement de Thyatire, qu'elle est peuplée de la à i5

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mille habitants, et défendue par une citadelle posée sur une hauteur crétacée qui lui a fait donner son nom moderne. Les cotons, que l'on y file et que l'on y teint en rouge, sont recherchés dans toute la Turkie pour la beauté et la solidité de leur couleur.

Une autre route va de Magnésie à Sardes , en remontant THermus sur^sa rive gauche, et traverse, vers le nord, la plaine de Tourgouth, d'où elle conduit par le village d'Ouzanleu à Sardes; mais la route directe de Smyrne à Sardes se dirige plus à l'est, tourne à son extrémité orientale le mont Sipyle et débouche vers le village de Nymphi dans la plaine , où est le bourg de Tourgouth, pour aller par le village d'Atmedleu à Sardes. Cette plaine est très-étendue, et elle communique vers le nord-ouest avec la plaine de Magnésie et vers le sud-est avec la fameuse plaine Cilbanienne, séparée seulement de celle de Sardes par le mont Tmolus.

Sardes n'est plus habitée que par quelques bergers nomades , qui viennent faire paître leurs troupeaux au milieu de ses ruines, parmi lesquelles on ne distingue plus que celles d'un stade et d'un théâtre; mais on voit encore sur une hauteur escarpée, qui tient par ses racines au mont Tmolus et dont un ruisseau baigne le pied, les triples .murs de sa citadelle, flanqués de grosses tours. Il paraît que le ruisseau, qui coule le long des murs et qui va se jeter dans l'Hermus à une lieue plus au nord, est le Pactole, quoiqu'il ne roule plus aujourd'hui des paillettes d'or.

A une lieue au-delà de l'Hermus et à deux de Sardes est le lac Gigée, autour duquel paraissent une multitude d'éminences factices, que l'on a prises pour les

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tombeaux des anciens rois de Lydie. Parmi ces cmî* nences il en est une plus élevée que les autres et res* semblant à une petite montagne : il parait qu'elle renfermait le tombeau d'Alyatte, père de Grésus. Sardes était autrefois la capitale de la Lydie, qui s'étendait du nord au sud depuis l'Hermus jusqu'au Méandre et dont le littoral était occupé par l'Ionie, renommée de tout temps pour la douceur de son climat, auquel on reprochait d'énerver le corps et d'ôter à l'ame son énergie; mais si le climat de l'Ionie amollit l'ame, il paraît qu'il ne lui ôte pas son întelligeiice ; et nulle autre contrée n'a produit de plus beaux génies: Smyrne et Chio se vantent toutes deux d'avoir donné le jour h Homère; etbe fut à Téos et à Samos que naquirent Anacréon et Pythagore.

La route de Smyrne à Éphèse se dirige au sud et s'élève par la plaine de Sédikeuï sur des hauteurs à peine marquées, qui séparent les eaux du Mâès de celles du Caléon. Dès que l'on a couronné ces hauteurs, on descend avec le Caléon dans le golfe d'Éphèse vers les ruines de Lébédos; ou bien tournant à l'est et laissant à gauche celles de Métropolis, on pénètre à travers les déliés du mont Galèsus dans la vallée dii Caystre près du village d'Ayas-Lotig, qui n'est plus qu'à une demi-lieue des raines d'Éphèse. La vallée du Caystre paraît sombre au premier aspect, parce qu'elle est encaissée par de hautes montagnes, à l'ouest par le mont Galèsus, et à l'est par le mont Pactyas: mais pes montagnes s'ouvrent insensiblement vers la mer; et le fleuve, après avoir coulé long-temps dans une vallée profonde, sort de cette vallée en serpentant à travers une plaine d'alluvion qui s'étend sur le rivage

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de la mer depuis ia montagne , au pied de laquelle on voit d'un côté les ruines de Colophon et de l'autre celles de Glaros, jusqu'au pied de la colline qui porte aujourd'hui la ville de Scala-Nova, d'où l'on va en trois heures à Éphèse.

Éphèse était située au fond de la vallée. Ses ruines sont dispersées au milieu d'un marais qui borde la rive gauche du Caystre, et ne consistent plus qu'en quelques pans de murs, parmi lesquels on croit recon* naître ceux du temple de Diane assis sur des voûtes, dont il reste encore des fragments.

Le village d'Ayas-IiOug, ainsi nommé d'une église chrétienne, dédiée d'abord à saint Jean l'évangéliste et puis convertie en mosquée , est situé au-dessus de ces ruines, près d'un mont isolé, couronné par une vieille citadelle, où l'on entre par une porte récemment dépouillée d'un bas «relief qui représentait la mort d'Hector ou celle de Patrocle, et que l'on a cru long-temps représenter celle d'un martyr chrétien : d'où lui est venu le nom de Porte de la Persécution. Ce village, à en juger par l'étendue de ses ruines, paraît avoir été une ville assez considérable, qui remplaça celle d'Éphèse au moyeu âge : on le présume du moins par la grandeur et la beauté de l'aquéduc, encore existant, qui y amenait les eaux du mont Pactyas et celles de la fontaine Halitée ; mais il ne reste plus de cette ville qu'un fort ruiné, un^ vieille mosquée et quelques misérables chaumières, dispersées parmi des halliers. Le Caystre baigne toutes ces ruines, et descend du mont Tmolus en plusieurs affluents, qui traversent, l'un la plaine de Baîndir, les autres la plaine Cilbanienne et qui se réunissent tous vers la

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petite ville de Tira, pour pénétrer, à travers un énorme massif de montagnes, dans cette vallée sombre et solitaire, au fond de laquelle était ÉpHèse.

La route de Smyrne à Tcbezraé se dirige à l'ouest et traverse la péninsule de Clazomène, très-échancrée sur tout sou pourtour et se prolongeant jusqu'au cap Mélaena. Cette route sort de Smyrne par la porte du sud, comme celle d'Épbèse; et tournant vers l'ouest, elle côtoie le pourtour méridional du golfe jusqu'à l'isthme de la péninsule, où l'on voit encore le tracé d'un ancien canal , et d'où l'on s'élève sur des coteaux couronnés de vignobles au bourg de Yourla, qui a donné son nom aux îles voisines. C'est sur une de ces îles, jadis réunie par une jetée au continent, que sont les ruines de Clazomène, encore reconnaissables à des fragments épars d'anciens édifices. La route se divise au bourg de Vourla en deux brancbes : l'une se dirige au nord vers le cap Mélaena, tandis que l'autre se dirige vers l'ouest et conduit dans les baies de Tcbezmé et d'Erytbrée, qui ne sont plus séparées de l'île de Cbio que par un canal de deux à trois lieues de large, et l'une de l'autre que par une branche du mont Mimas. 1m baie d'Erythrée, la plus septentrionale des deux, est fermée par quatre îlots, nommés Hippi ou chevaux: elle était jadis défendue par une forteresse, dont on voit encore les ruines, mêlées à celles d'un ancien théâtre: la baie de Tcbezmé, plus au sud, l'est main'tenant par une forteresse de construction moderne, . autour de laquelle est une petite ville qui a remplacé celle de Cissus et qui n'est plus séparée de l'île de Chio que par un canal de deux ou trois lieues.

La péninsule de Clazomène est encore toute cou-

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verte de ruines, parmi lesquelles on distingue au sud de l'isthme celles de la ville de Téos , non loin de la petite forteresse turke de Siadjîk, qui n'est, comme celle de Tchezmé, qu'un simpre carré, flanqué de tours. Au-delà de la forteresse de Siadjîk est le promontoire de Myonèse, qui commence de ce côté le golfe d'Éphèse, sur le pourtour septentrional duquel on voit successivement les ruines de Lébédos, de Colophon et de Claros, au fond, près de l'embouchure du Caystre, la ville de Scala-Nova, et sur son pourtour méridional le mont Mycale, séparé seulement de l'île de Samos par un canal étroit.

Scala -Nova , l'ancienne Néapolis , est une ville commerçante de huit à dix mille habitants , défendue par deux petits forts , situés l'un au pied d'un roc escarpé, par lequel il est dominé , et l'autre sur un îlot détaché du rivage, qui a fait donner à la ville le nom turk de Kouch-'jidasi y ou de Y île aux oiseaux.

Entre le golfe d'Éphèse et celui de Milet s'élève le mont Mycale qui paraît se confondre de loin avec les montagnes de Samos, et c'est sur son revers méridional que Ton voit les ruines de Priène, dont les murs, aussi remarquables par leur élévation que par leur solidité , sont encore debout. Toute cette côte est dentelée et découpée en golfes profonds. En sortant par le canal de Samos du golfe d'Ephèse on entre dans celui de Milet, qui est en partie comblé, mais qui offre encore dans la baie de Balat un abri sûr aux navigateurs. Le Méandre a fermé par ses atterrissements le fond de ce golfe; et en le convertissant en un lac qui baigne aujourd'hui le pied du mont Latinus, il a enseveli sous ses eaux les ruines de Milet.

Le fleuve a maintenant plusieurs embouchures qui épanchent leurs eaux dans les terres voisines; et là où s'élevait la plus belle èité de l'Ionie, on ne trouve plus que des marécages pestilentiels, et qu'une aiguade iafecte aux mêmes lieux où l'on voyait la fontaine de Biblis. De toutes les révolutions causées par le travail des eaux, aucune n'est mieux constatée que celle qui s'est opérée sur ce rivage ' ; et tant de marbres mutilés, confusément épars, et les nuances variées du terrain qui borde le petit lac de Bafi, attestent encore les grands changements arrivés sur les lieux où le Méandre finit son cours.

Le Méandre naît au sud d'Afloum-Karahissar, vers es ruines de Célènes et sur le plateau même de l'Asie* Mineure, traverse vers le fort de Ranosi les u}ontagnes qui bordent ce plateau à l'ouest, et descend rapidement dans là plaine de Pampouk-Kalési, vers les ruines d'Hiérapolis, où il reçoit sur sa rive gauche le Lycus, venu des ruines de Laodicée; et après avoir ralenti son cours dans cette belle plaine, il traverse successivement celles d'Antiochie. de Tralles-et de Magnésie, et y fait tant d^e circuits, avant d'aller se jeter dans la mer, vers les ruines de Milet, que l'on a donné son nom à tous les fleuves, renommés par les sinuosités de leur cours. Le Méandre séparait autrefois la Lydie de la Carie et le littoral de l'Ionie de celui de la Doride. ,

Le mont Latmus, le mont Mycale et toutes les montagnes bordant le littoral de la mer Egée de-

I . Voyea le Voyage pittoresque de M. de Choi^eui. Ce voyageur est le premier qui ait bien exploré les environs de JMilet.

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puis le Méandre jusqu'à THermus, s'élèvent, comme par degrés, jusqu'au plateau de l'Asie^Mineure , et forment la chaîne occidentale du mont Taurus, qui se divise en plusieurs branches, dont les divers rameaux, embrassent les plus fertiles vallées de l'Asie- Min.eure. Aussi les villes, situées aux débouchés de ces vallées, ont-elles toujours été les plus riches de la Pé* ninsule. Milet, Éphèse, Smyme, Phocée, Pergameont tour à tour brillé sur ce littoral ; et si Smyroe a fini par supplanter toutes ses rivales, c'est parce que son port , vaste et sûr , est devenu le seul accessible à notre marine.

Plus on avance vers le sud , plus la côte paraît s'abaisser; mais elle est toujours très-dentelée, et c'est sur l'une de ses dentelures , entre le golfe Yasus et le golfe Céramique, que Ton voit la forteresse de Boudroun, bâtie sur les ruines d'Halicarnasse. La forteresse moderne est un simple carré flanqué de tours avec un donjon au centre, et elle est située , comme l'ancienne, sur un plateau élevé qui domine la passe resserrée entre l'île de Gos et le continent, par où l'on entre dans le golfe Céramique. La ville ancienne était autour de ce plateau et descendait en amphithéâtre jusqu'au rivage; mais il n'en reste plus que quelques rpines, dispersées autour d'une aiguade, où l'on croit voir la fontaine de Salmacis. On cherche en vain sur ce terrain le tombeau de Mausole, une des mer* veilles de l'Asie, édifice carré en marbre blanc, de loo pieds de coté sur i4o de haut, et surmonté d'une pyran^ide qui portait un quadrige, et qui était décorée sur ses quatre faces par un pérystile, dont la frise avait été sculptée par Briaxis , Scopas , Léocharès et

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Timothée. L'aspect de ce rivage est tout changé. Quand on y abordait autrefois, on avait en perspective, d*un coté le palais du roi , de l'autre le temple de Vénus, devant soi le tombeau de Mausole, et derrière ce tombeau, la citadelle, surmontée d'une statue colossale de Mars. On n'y aperçoit plus aujourd'hui que le triste donjon de B^udroun et les misérables cahuttes groupées à l'eotoUr.

On sort du golfe Céramique, en doublant le promontoire au pied duquel sont les ruines de Gnide; et laissant à droite l'île de Rhodes, à gauche le golfe de Simi, l'ancien golfe de la Doride, ainsi nommé des Grecs Doriens qui vinrent s'y établir, on entre dans le golfe de Macri, le plus beau mouillage de la côte. L'île de Rhodes , située au-devant de ce golfe , à l'angle sud-ouest de l'Asie-Mineure , offre une très-belle position maritime, parce qu'elle est sur la route des vaisseaux qui vont de l'Hellespont et de la mer Egée sur la côte de Syrie et sur celle d'Egypte. T^a côte asiatique tourne à l'est au-delà de cette île, et c'est au golfe de Macri que finit l'ancienne Carie et que commence la Lycie.

Au fond du golfe sont les ruines de Telmissus, parmi lesquelles on distingue encore celles d'un théâtre et une multitude de monumens funéraires : ce sont ( des sarcophages, disposés sur plusieurs rangs dans la

I plaine , et des tombeaux taillés à divers étages sur les

I flancs de la montagne voisine, comme ceux de Thèbes

I en Egypte: en un mot, c'est une ancienne Nécropolis.

I Le bourg de Macri , d'où le golfe a pris son nom mo-

; derne, est plus enfoncé dans les terres.

A l'est du golfe est le cap Yédi-Bouroun ou le

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cap aux sept sommets, groupe de monts qui parait être le Cragus de Lycie^ et au nord de ce groupe une montagne encore plus élevée, que l'on présume être TAnti-Cragus. On trouve ensuite la petite rivière de Xanthus , ainsi nommée d'une ville que l'on voyait autrefois sur ses bords, et au-delà de cette rivière, vers un autre cap extrêmement saillant et à l'entrée de la baie de Kalamaki, les ruines de Patara. Cette ville, célèbre par un temple d'Apollon, fut réparée par Ptolémée Philadelphe, qui lui donna le nom d'Arsinoé. On y voit encore les restes d'un théâtre, d'environ 3o toises de diamètre et de i(\ rangs de sièges. Le Proscennium en est très-bien conservé : une inscription , gravée sur l'une des portes, atteste qu'il a été bâti par Q. Velius Titianus , sous le quatrième consulat d'Antonin.

A l'est de Patara est la petite île de Castel-Rosso, l'île M égiste des anciens , renfermant un port protégé par deux petits châteaux , et au nord de cette île , sur la côte de la terre ferme, le port Vathy, autour duquel sont les ruines d'une ville que l'on croit être Antiphelius, et où l'on voit encore les restes d'un théâtre à 36 rangs xle sièges.

Les ruines de Myra sont plus à l'est, au pied d'une montagne qui se prolonge vers le sud jusqu'au Promontoire Sacré, bordé des petites îles Chélidoniennes : c'est ce promontoire qui séparait autrefois la mer Egée de la mer de Chypre, et au-delà duquel les rois de^ Perse avaient défendu aux Grecs de naviguer : il est maintenant nommé cap Kélidonia.

Un phénomène, très-remarquable sur ce littoral, est celui d'un courant, qui se dirige de Test à l'ouest et qui est surtout très -sensible vers les îles Ché-

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