‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiquesChapitre 26 sur 84 · X . Le plèthre était d'un sixième d€ stade · texte numérisé non relu

X . Le plèthre était d'un sixième d€ stade

a. La marche des Dix- Mille, depuis Sardes jusqu'à Ninive, est facile à suivre. L'armée grecque suivit, à quelques variations près, la route de Smyrne par Koniah à A.lep, et celle d'Alep, à travers TEuphrate et le désert, à Bagdad, où elle passa le Tigre qu'elle remonta sur sa rive gauche jusque vers Ninive, vis-à-vis Mousoul ; mais il est très-difQcile de la suivre depuis Ninive jusqu'à Trébizonde, à travers les montagnes de l'Arménie. Il paraît cependant qu'elle côtoya jusqu'au passage du Khabour la rive gauche du Tigre, ou qu^elle s'en éloigna seulement j^ur éviter les

i)ANS l'empire othoman. a39

Au-delà de Mespile, le terrain se rompt et s'élève graduellemeat jusqu'au pied des montagnes qui lient la chaîne du mont Taurus à la chaîne médique et qui tombent à pic sur la rive orientale du Tigre. L'armée continua à côtoyer cette rive en sortant de Mespile ; et quoiqu'elle fût continuellement harcelée par les Perses, elle n'éprouva dans cette marche aucune perte,

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îDcnitagnes; qu'elle passa le Khabour ou le Gentritès au-dessous de Sert, et qu'elle alla franchir au-dessus d'£rz-én la chaîne taurique, aux cols du mont Niphates; pour descendre par Mouch, avec le Télëboas, sur Taffluent oriental du Tigre, vers Lysa ; x;ar si elle eût franchi la chaîne au-dessus de Bidlis , elle aurait aperçu le lac de Van, et ce lac, qui ressemble à une mer, n'aurait pas échappé à l'œil observateur de Xénophon. Mais il est très-difficile de suivre l'armëe grecque sur le plateau de l'Arménie, parce que ce pays n'ayant alors, à l'exceptioD de Gymnias, aucune ville dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, Xénophon est trop vague dans l'indication des lienx. Tout ce qui résulte de sa relation, c'est que l'armée fit sur ce plateau de longs circuits, peut-être pour y éviter les passages dangereux et y chercher des vivres, peut-être aussi, parce qu'elle y fut égarée par ses guides. Voilà ce que l'on peut conjecturer d'une marche aussi longue ^ que l'armée aurait pu abréger beaucoup , eu s'élevant directement de Lysa par la plaine de K.hénès sur le plateau d'Erséroum , vers Gymnias, et de Gymnias sur la chaîne des montagnes qui séparent les eaux de l'Ëuphrate de celles de la mer Noire , pour descendre ensuite à Trébizonde ; à moins que l'on n'aime mieux croire que Xénophon, écrivant son expédition de ménGM)ire et long-temps après l'avoir faite , n'eût alors oublié les distances, ou n'eût été porté à les exagérer pour mieux faire sentir les difficultés de son entreprise : ce qui au reste ne peut guère se concilier avec la véracité d'un historien tel que lui, tout à la fois guerrier et philosophe. J'ai donc dû me borner moi-même à suivre exactement le texte de l'auteur, pour ne pas ajouter à ses erreurs par mes conjectures.

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parce que les frondeurs des Grecs tinrent constamment éloignés ceux des Barbares. Les premiers avalent un grand avantage sur les seconds : ceux-ci ne se servaient que de pierres , au lieu que les autres se servaient encore de balles de plomb et les lançaient sous un angle très-élevé, pour qu'elles portassent plus loin : ce qui prouve que les Grecs ne tiraient pas toujours avec leu'rs frondes de but en blanc, et qu ils jetaient quelquefois leurs projectiles comme nous jetons nos bombes, en leur faisant décrire une courbe très-prononcée. La marche du lendemain fut plus pénible, parce quelle se fit à travers un terrain rompu. On reconnut alors que Tordre démarche en plaesion ou bataillon carré est mauvais, quand on a Tennemi sur les talons, parce que rinégalité du terrain force souvent à rompre le bataillon ou à le laisser flotter, et on adopta un autre ordre , mieux approprié à la nature du terrain. On se forma en deux colonnes, au milieu desquelles on plaça les troupes légères et le bagage, et Ton créa un corps de 600 hommes d'élite, divisé en six cohortes et destiné à se porter suivant le besoin sur le front ou à la queue des colonnes ^ en filant sur leurs flancs. Chirisophe , comme le plus ancien général , eut le commandement de la première colonne, et Xénophon, comme le plus jeune, celui de la seconde. L'armée fit ainsi quatre marches, sans essuyer aucuu échec, parce que les nouvelles cohortes, en se portant rapide* ment de la tête à la queue des colonnes, éloignèrent les Barbares ; mais à la cinquième marche, où elle eut à franchir les premières collines ' , qui servent comme

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. I. Au-dessus de Ninive, entre Hatar«i et Namar, sont des

DAPTS L EMPIRE OTHOMAN. fll^l

de degrés à la grande chaîne des montagnes > elle eut beaucoup ' à souffrir des archet*s etinemis , placés sur ces collines. Il fallut, pour les en chasser, faire sortir d'entre les colonnes les troupes légères, parce que les cohortes étaient trop pesamment armées pour gravir les hauteurs. On parvint ainsi de collines en collines jusque dans une plaine, où Ton trouva des provisions abondantes et où Ton campa ; mais les Barbares , selon leur usage, ne voulurent pas camper auprès des Grecs, et ils portèrent leur camp à 60 stades plus loin, dans la crainte d'être attaqués pendant la nuit; car rien n'était plus aisé que de les vaincre dans les ténèbres. Ils avaient la coutume de lier leurs chevaux et de leur mettre des entraves aux pieds, pour les empêcher de s'enfuir. Survenait- il une alerte ? Il fallait que le cavalier sellât, bridât et montât son cheval, toutes choses difficiles à exécuter la nuit dans un moment de confusion , et surtout dans un temps où l'usage des étriers était inconnu. Dans la marche suivante , même manœuvre de la part des Barbares , qui accoururent avec leurs archers pour occuper toutes les hauteurs bordant te chemin; mais Xénophon avec les cohortes d'élite et les troupes légères les y avait devancés, et l'armée descendit sans obstacle dans la plaine, jusqu'au pied des montagnes, qui encaissent le Tigre de ce côté '.Là, l'armée se

collines qui se prolongent dans la plaine et qui paraissent être celles de Xénophon.

I. C'est la chaîne de montagnes, qui vient se terminer au Tigre par une pente brusque, vis-à-vis Zahou, et que Ton appelle Zahou-Dâgh. Le Centrîtés ou Khabour se jette dans le

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