CHAPITRE II
De la zone orientale de la Syrie.
La Syrie, située entre la Méditerranée et l'Arabie, est naturellement divisée en deux zones , Tune longeant le désert et l'autre la Méditerranée. La première comprend la chaîne 4)rientale , les deux plateaux d'Alep et de Damas qui bordent cette chaîne à l'est , et
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les deux vallées de l'Oro^te et du Jourdain qui la bordeat à l'ouest.
Le mont Amanus, qui se détache du mont Taurus pour aller se ràoiifier dsins la Syrie, s^jétend depuis le golfe d'Issus jusqu'à l'Ëuphrate et feriiie au nord la Syrie comme un rempai^t. C'est au pied de ce mont et 4ans la courbure^ formée par une de ses branches,, qu'est située la. ville d'Aïotab, dont les inaisons, élevées eu amphithéâtre les iines au-dessus des autres, présentent des terrasses servant de rues. Cette ville, une des principales, clefs de la. Syrie ^ peut avoir dix à douze, mille habitants et il'est environnée que d'un simple mur, au milieu duquel est un réd^it fermé, qui tient lieu de citadelle.
On descend d'Aïntâb à Alep avec le cours du Chalus qui va se perdre dans un marais, au sud de cette ville, vers le village de Kijàesrin. Haleb nommée vulgairement Alep, l'ancienne Chalybon, est^ituée sur uae plaine âevée, arrosée p^r le Ghalus, et elle oc* (iupe plusieurs petites collines, sur utie desquelles est sa citadelle , qui est un ovâle flanqué de tours et encombré de maisons. La ville ^ groupée autour de la citadelle, peut avoir une lieiiie et demie de tour, et n'est ferinee que d'une simple enceinte crénelée, do* minée . vers le nt»*d par une hauteur , sur laquelle on voit un couvent de derviches^ d'où on pourrait la balïtre avec succès. On lui donné plus de loo mille haMtants, mêlés de Musulmans et de chrétiens, et elle ie^t l'entrepôt de t^ut le commerce de la haute Asie avec. la Syrie. La plupart de ses maisons sont bâties en pierres , et couvertes de terrasses au lieu de toits. Aucune autre ville turke ne peut lui être comparée
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pour la propreté des maisons, ni même pour la régularité des rues, et elle est le siège d'un pacha de premier rang. "
Alep jouit d'un air pur et d'un ciel serein. Le sol environnant est d'une nature crayeuse, où la marne domine. Sut* certains points il est pierreux, et le tuf s'y montre à peu de profondeur ; mais il est en gêné* rai fertile, et produit du coton, du sésame, du millet, du tabac, de l'huile, du vin et des fruits exquis, parmi lesquels on distingue les pistaches et les abricots. Au nord vers Aïntâb et vers le pied des montagnes qui bordent le plateau de l' Asie-Mineure, sont de beaux pâturages où les Kourdes font paître leurs troupeaux, et à l'ouest vers Antioche et vers les lacs qui bordent l'Oronte, sont des plaines désertes encore plus riches en herbages, où errent les Turkmans.
Le chaînon qui sépare le plateau d'Alcp de la vallée de l'Oronte est peu élevé, et sur certains points à peine sensible. On le traverse vers le village de Dana ou vers celui de Têl-Akbérin quand on va d'Alep à Antioche , vers ceux de Maarât-Mesrin pu de Sarmin quand on va d'Alep à Schoghr, et vers le bourg de Marra quand on va d'Alep à Hama. Tous ces villages sont habités par les Ansaris , parmi lesquels il y a des familles pauvres qui prostituent leurs filles aux voyageurs.
Antioche, nommée maintenant Antakieh, est située au fond d'un coude que fait l'Oronte en se courbant à l'ouest pour aller se jeter dans la mer, vers les ruines de Séleucie , entre le mont Piérius et le mont Casius. La ville moderne est bâtie sur la rive gauche du fleuve, aU pied d'une montagne couronnée par
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une vieille citadelle , et n'a que 5 à 6 mille habitants, presque tous Turks, mêlés de quelques chrétiens. La ville actuelle n'occupe pas la sixième partie de l'ancienne, dont les murs s'élevaient en rampant des bords du fleuve jusque sur la montagne. Ces m\irs existent encore sur le front du sud*est, et ils sont percés de plusieurs portes : ils avaient 5a pieds de haut sur 6 à 7 d'épaisseur, et ils étaient flanqués de tours carrées, encore plus élevées^ que les murs : ils sont construits en moellons ou en briques et revêtus d'une pierre dure, ressemblant à du granit. La ville moderne n'a plus aucune défense ; mais on pourrait former avec les murs de l'ancienne un camp retranché , pour servir d'asile à une armée qui voudrait conquérir ou défendre le pays. La campagne tout autour est couverte de mûriers et d'oliviers, et forme le fond d'un berceau où viennent se rendre les eaux de tous les lacs voisins ,'^et en parti-^ culier celles du lac Bohaîré, l'ancien lac Ofrénus, au milieu duquel on voit un îlot qui porte les ruines d'un ancien temple. On passe l'Oronte sur un pont en pierre de trois arches , quand on sort d' Antioche du côté de l'ouest ; et côtoyant sa rive droite, on traverse une vallée fertile, resserrée entre de hautes montagnes et renommée pour la beauté de ses ombrages et de ses eaux : c'est la vallée de Daphné, par laquelle on débouche avec l'Oronte au fond d'un golfe, oîi l'on voit autour d'une pêcherie les ruines de Séleucie, dispersées au pied d'une montagne qui était occupée par sa ci* tadelle. Ce lieu est maintenant connu sous le nom de Souadié, et n'a plus qu'une douane turque. Séleucie était au fond d'un golfe, qui se termine vers le nord au cap Kanzir et vers le sud au promontoire qui porte
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Laodicée. Le littoral du golfe est resserré au nord par le mont Piërius et au sud par le mont Casius. Le port de Séleucie était jadis celui d'Antioc^e : il u^en reste plus de traces que deux jetées^ à moitié euseyelies dans les flots. Antioche était bien mieux située qu'Alep sous le rapport commercial, puisqu'on pouvait y porter les marchandises en bateaux, tandis quon ne peut les transporter à Alep qu'à dos de chameaux.
Quand on remonte d'Antroche l'Oronte vers ses sources, o^ trouve d'abord Schbghr, puis Apamée, ensuite Epiphanie , enfin Émèse. Schoghr , l'ancienne Séleuco-Bélus, est une petite ville ouverte, située sur la rive gauche dU fleuve , au pied d'une haute mon* tagne que l'on traverse en allant d'Alep à Laodicée. Cette petite ville offre une très*belle position de passage, parce qu'elle est sur une route très^fréquentée. Le fleuve n'est pas guéable vers ce point, et on le passe sur un pont de pierre. La vallée y est très-^ resserrée; mais elle s'élargit vers le sud, et offre une immense prairie , dont le vert foncé tranche agréablement avec le vert pâle de l'olivier qui lui sert de bordure. .
Famieh, l'ancienne Apamée, est situeeausud.de Schoghr sur la rive droite de l'Oronte, à l'origine d'un lac que traverse le fleuve, et elle a l'air d'une ville ruinée ; mais elle est toujours renommée pour la bonté de ses pâturages qui nourrissaient du temps des Séleucides jusqu'à 3o mille cavales et 3oo étalons. Cest le lieu de la Syrie le plus propre à un établissement de haras.
Hama, l'ancienne Epiphanie, située plus au sud, au détour d'un coude de FOronte , n'est plus renommée
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que par ses roues hydrauliques qui ont jusqu'à 3a pieds de diamètre et qui élèvent les eaux du fleuve dans des réservoirs publics ; d'où on les distribue dans les divers quartiers de la ville. On lui donne 7 à 8 mille habitants, et elle offre, comme Schoghr, une bonne position de passage^ parce qu'elle est dans une des gorges de la vallée et sur la route d'Alep à Tripolis. Cette route traverse la chaîne du Liban vers un de ses sommets les plus élevés, et elle est très-escarpée; mais on pourrait l'adoucir ^ti suivant la pente des eaux.
Homs, l'ancienne Émèse , située au sud de Hama sur la rive droite de l'Oronte^^est assise autour d'un cône tronqué portant une citadelle en ruine, qui forme le centre d'un cercle, dont les rues de la ville sont comme les rayons. L'enCeiote de la ville paraît presque aussi dégradée que celle de la citadelle , et elle est environnée de vastes cimetières , que l'on prendrait de loin pour ses faubourgs. La blancheur des tombeaux , qui contraste avec le verd sombre des cyprès plantés à l'entour, donne à ces cimetières un aspect assez agréable. Cette ville n'a guère que trois à quatre mille habitants, presque tous Musulmans ; mais elle est le siège d'un Aga, dont dépend le village de Tadmour, situé à 36 lieues plus à l'est , sur la route directe d'Émèse à Tap^aque. Ce hameau n'est composé que de quelques huttes en terre, qui semblent n'avoir été élevées là que pour rehausser la magnificence des ruines dont il est entouré : ce sont les ruines de Palmyre, qui dut sa splendeur à son commerce et son commerce à sa situation sur la route de la Méditerranée au golfe Persique. La ville était au milieu de Tune de ces
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oasis 7 semées dans le désert , comme des îles au milieu de l'Océan , et elle était bordée à l'ouest d'un rideau de collines , d'où sortaient deux sources d'eau vive qui arrosaient son territoire. Palmyre ne devait pas être très-grande, si l'on en juge par l'étendue de l'oasis , et elle n'était formée que de deux longues rues, coupées à angles droits et bordées de portiques où l'on étalait toutes les marchandises de l'Orient. Au point de leur intersection était une place décorée de plusieurs rangs de statues, et dans l'intervalle des quatre angles, de petits carrés de maisons, servant au logement des'portefaix et des ouvriers. L'une des deux principales rues aboutissait d'un côté au temple de Jupiter, et de l'autre à celui de Neptune. Il ne reste plus de ces temples qu'un amas confus de colonnes ; mais ces ruiner», décrites par tant de voyageurs, présentent encore un aspect imposant.
Placée entre l'empire des Parthes et celui des Romains, Palmyre sembla tenir pendant quelque temps la balance entre eux ; mais il paraît qu'elle ne dut sa prépondérance qu'à la sagesse de quelques-uns de ses souverains , et en particulier à Zénobie , dont Longin dirigeait les conseils. Aussi, dès que cette princesse eut été vaincue par Aurélien et amenée à Rome, Palmyre perdit peu à peu son commerce qui prit insensiblement une autre direction ; et comme elle n'avait point les richesses de la terre dont les produits se renouvellent sans cesse et ne se transportent pas, rien ne pnt empêcher la dispersion de ses habitants.
Le terrain change d'aspect au-delà d'Émèse, les montagnes se resserrent , la verdure disparaît , et l'Oronte en descendant d'une des plus hautes sommités
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du mont Liban coule dans une vallée profonde , où il forme un lac connu sous le nom de Kadès. Il parait que c'est le lac Marsyas, ainsi nommé par les anciens à cause d'une ville de ce nom. On s'élève de cette vallée sur le groupe des montagnes qui forment le nœud des deux chaînes, et l'oii descend d'un côté vers l'ouest par un défilé très<-étroit dans la vallée de la Célé-Syrie, à la tête, de laquelle est Balbék, et de l'autre vers le sud au village de Maloula ; d'où l'on monte sur le plateau de Kotaîfa, pour descendre enfin avec le Chrysorhoas dans la plaine de Damas.
Balbêk, l'ancienne Héliopolis , célèbre par son temple du soleil, n'est guère plus aujourd'hui qu'une méchante bourgade ; mais ses ruines , presque aussi souvent décrites que celles de Palmyre, paraissent encore plus imposantes. Balbêk est à la tête d'une vallée creusée entre le Liban et l'Anti-Liban , et débouchant avec le Léontès sur le littoral de la Méditerranée, entre Sidon et Tyr : c'est la Célé-Syrie ou Syrie creuse des anciens, habitée aujourd'hui par les Mutualis. La crête, qui sépare cette vallée de celle de rOronte et de la plaine de Damas, est aride et pierreuse ; et quoiqu'elle soit très-élevée , elle le paraît moins que les crêtes du Liban , qui bordent à l'ouest la vallée de l'Oronte et qui sur le littoral de la Méditerranée dominent Tripolis et Beyrout. .
La ville de Damas, à l'est de celle de Sidou et à à peu près sous la même latitude, est située dans une grande plaine, s'ouvrant au sud-est sur le désert de l'Arabie, et bordée au nord-ouest par un cordon de montagnes ; d'où descendent les deux principaux affluents du Chrysorhoas, pour aller se réunir dans un
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canal commun, à trois lieues de leurs sources, vers le village de Maksan. Ce canal , très*resserré entre des montagnes coupées à pic , se divise à Tissue des montagnes en sept branches ou sept petits canaux parai* lèles qui coupent la ville en plusieurs parties et vont se perdre à sept lieues plus à Test dans un lac, au milieu du désert. La rivière, en se répandant dans les divers quartiers de la ville, lui donne l'aspect le plus riant : aussi les Musulmans la nomment-ils leur paradis terrestre. Damas s'élève comme une île au milieu de toutes ces eaux : elle a 3,2 5o toises de circuit, et elle est fermée sur les trois quarts de son pourtour par un double mur et défendue sur le quatrième par une petite citadelle carrée, flanquée de tours. IjCs approches dans un siège n'en seraient pas difficiles, parce qu'elles seraient favorisées par les hauteurs voisines et surtout par la colline des quarante Martyrs ; mais on pourrait en défendre les environs, parce qu'ils sont coupés par les eaux du Chrysorhoas. On lui donne près de loo mille- habitants , dont les trois quarts sont Musulmans, et le reste mêlé de chrétiens et de Juifs : elle est, comme Alep, le siège d'un pacha de premier rang , ordinairement décoré du titre d'Émir-Hadji ou de conducteur de la caravane de la Mekke. Damas passe parmi les Musulmans pour une ville sainte, parce qu'elle est sur la route de la Mekke : elle est renommée pour ses Êibriques de soie et pour la bonté de ses fruits, et surtout de ses abricots : on y voit plusieurs belles mosquées, entre autreft celle qui renferme le tombeau de Jean , fik de Zacharie , et qui est surmontée d'une magnifique coupole.
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La route de Damas à la Mekke traverse la plaine de Hauran , et celle de Damas à Gaze la vallée du Jourdain. La plaine de Haurau, l'ancienne Aurinitis, n'est séparée de cette vallée que par la chaîne orientale de la Syrie, et elle ressemble par son aspect et sa ferli*^ lité aux plaines de la Babylonie ; mais elle n'est presque plus habitée, parce qu'elle est exposée aux incur-» sions des Bédouins, et les voyageurs n'osent guère s'y aventurer, quoiqu'elle soit encore toute couverte de ruines d'anciennes villes.
La vallée du Jourdain, à l'ouest de la plaine de Haurap , est arrosée par le fleuve de ce nom , qui des* cend de l'Anti-Liban et va se perdre dans le lac A&« phaltite, après avoir traversé ceux de Houle et de Tibériade. Le Jourdain a deux sources principales : l'une près du villa^ge de Bania , l'ancienne Banias, l'autre au pied d'un rocher, d'où le Seuve sort en bouillonnant et roule en cascades. Son lit est encaissé enti^ deux chaînes de montagnes qui se dépouillent de verdure en s'approchant du lac Asphaltite et qui ont l'air de deux longs murs.
Quand on va de Damas en Egypte, on remonte d'abord un des affluents du Chrysorhoas : puis on franchit la. branche de l'Anti-liiban qui lie la chaîne orientale de la Syrie à la chaîne occidentale, et l'on descend avec le Jourdain sûr le petit lac de Houle ; d'où l'on va par deux routes sur le littoral de la Méditerranée. L'une traverse le Jourdain entre le lac de Houle et celui de Tibériade, au pont d'Yacoub;et après avoir franchi les montagnes peu élevées qui bor* dent; le Qeuve à l'ouest, elle descend vers Sàfad ou vers Lôubi à la tête de la vallée transversale qui se-*
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pare TAnti* Liban du mont Carmel et <qui conduit, en tournant le mont Thabor, d'un coté à Acre , et de l'autre à Caîfa : c'est la. route la plus facile. L'autre traverse le Jourdain au-dessous du lac de Tibériade , au pont de Giz-él-Mékanieh , et côtoie le fleuve sur sa rive droite jusqu'à Bisan , où elle se divise en deux autres routes : la première va traverser la chaîne occidentale vers Samarie ou vers Naplous, pour descendre sur le littoral de la Méditerranée vers le village de Miski : la seconde côtoie le Jourdain jusqu'à Jéricho , vers l'origine du lac Asphaltite y et va traverser la chaîne vers Jérusalem ou vers Hébron pour descendre sur le littoral de la Méditerranée, vers Jaffa ou vers Gaze.
La chaîne , que l'on traverse par ces deux dernières routes, formait autrefois le royaume de Juda ou de Judée, pays itiontagneux, hérissé de rochers et presque partout dépouillé d'arbres et de verdure; mais la vallée transversale qui le borde au nord , depuis le lac de Tibériade jusqu'au mont Carmel, et le littoral de la Méditerranée qui le borde à l'ouest, depuis le mont Carmel jusqu'à Gaze, sont des pays très-fertiles; et voilà pourquoi ces pays ont toujours été exposés aux incursions des montagnards de la Judée, cantonnés autrefois à Samarie et à Jérusalem , et aujourd'hui à Naplous et à. Hébron.
Sâfad et Loubi offrent chacun une bonne position de passage , parce qu'ils sont situés au débouché des montagnes et à la tête de la vallée transversale, creusée entre l'Anti-Liban et le mont Carmel. Cette vaU lée , qui forme le cœur de l'ancienne Galilée , est parsemée de petites collines isolées et groupées autour du
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mont Thabor, comme autour de leur roi. Ce mont est un côue tronqué d'environ 4oo toises de hauteur , ayant sur son sommet une aire d'environ i,ooo toises de diamètre ; d'où l'on domine , d'un côté sur le lac de Tibériade, et de l'autre sur la Méditerranée. Au nord est la plaine de Nazareth, au fond de laquelle s'élève la petite ville de ce. nom, et au sud la plaine de Jezraël ou d'Esdrélon, s'étendant jusqu'au pied du mont Carmel et arrosée par le Cison. Ces deux plaines communiquent l'une avec l'autre autour du mont Thabor, et sont encore couvertes de nos trophées. Loubi, Cana, Nazareth furent témoins de la valeur de nos armées dans la dernière expédition d'Egypte, comme ils l'avaient été dans les guerres des Croisades.
La vallée d'Esdrélon, entre l'Anti-Liban et le mont Carmel, est un des points les plus intéressants de la Syrie, parce. quelle offre la communication la plus aisée de la vallée du Jourdain avec le littoral de la Méditerranée , et ce sont les deux bourgs de Sâfad et de Loubi qui sont les. deux clefs de cette communication. Sâfad, l'ancienne Béthulie, est situé au pied d'une montagne couronnée par un vieux fort, et passe pour avoit* les plus jolies femmes de la Judée. Les Safadiennes ou Béthulienties se font surtout remarquer par la finesse de leurs formes et la vivacité de leurs yeux. A leur taille svelte et dégagée, à leur démarche, vive et légère, on les prendrait pour les Sylphides de l'Orient; et elles rappellent plutôt par la douceur de leur physionomie la grâce de Jephté , que le mâle courage de Judith.
Loubi est un bourg absolument ouvert. Le fort de. Tibériade, célèbre du temps des Croisades et situé