‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiquesChapitre 39 sur 84 · II · texte numérisé non relu

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qui s'ouvrant au sud et au nord permettraient aux vaisseaux d'y entrer ou d'en sortir avec tous les vents. Tous les établissements militaires pourraient être placés sur nie, et la ville , bâtie sur la rive opposée, s'étendre tout autour du rocher de Machouka, qui semble ne s'élever au-dessus du terrain environnant que pour le défendre avec plus de facilité. On pourrait même défendre toute la plaine en occupant avec quelques ouvrages avancés , d'un coté les défilés du cap Blanc , et de l'autre ceux de la vallée du Léontès.

De Tyr à Sidon il y a sept lieues. On passe à deux lieues et demie le Léontès, nommé aujourd'hui la Qasmié, qui descend, comme l'Oronteet le Jourdain, des sommets du Liban. La vallée qu'il arrose s'ouvre, en remontant les eaux , du sud-ouest au nord-est , et forme la Célé-Syrie ou Syrie creuse, ainsi nommée parce qu'elle est très-profonde. La montagne k l'ouest est le Liban proprement dît , et la montagne à l'est , TAnti-Liban. Au fond et à la tête de la vallée est Balbêk, célèbre comme Palmyre par la beauté de ses ruines. La ville moderne n'est plus qu'un bourg de mille à douze cents habitants; mais la ville ancienne a dû être très-florissante , à cause de sa position sur la route de Tyr à Palmyre. Un mur ruiné, flanqué de tours carrées, en dessine l'enceinte, encore remplie de décombres qui attestent sa grandeur passée. On ne découvre Balbêk qu'en y arrivant , parce qu'il est caché dans un pli du terrain et masqué par un rideau de noyers et de platanes.

La vallée de Balbêk est habitée par les Mutualis, et parait être une des plus fertiles de la Syrie. Elle peut avoir douze à treize lieues de long sur trois à quatre

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de large. Elle était autrefois couverte de villages ; mais presque tous ont disparu , et la population y est rare et clair-semëe.

Du Léontès à Sidon il n'y a plus que quatre lieues et demie. Le chemin côtoie le Liban, dont le pied est couvert d'orangers et de vignes, tandis que son front, élevé jusqu'aux cieux, est couronné de neiges éternelles.

Sidon, nommée aujoi^rd'hui Seyde, est située sur un plateau peu exhaussé, derrière un rocher qui sa-> vance dans la mer. Au nord-est du rocher est un îlot, que l'on a joint par une jetée au continent et sur lequel on a construit une tour carrée. Un vieux môle, presque entièrement ruiné, joigns^it l'îlot au rocher et renfermait l'ancien port, qui était très-petit et ne pouvait recevoir que des bâtiments légers, comme ceux des anciens. La rade actuelle est au sud , de l'autre côté du rocher, et elle est défendue par une grosse tour , nommée le Fort*Neuf. La ville moderne s'étend le long du rivage, et n'est fermée que d'un simple mur. Il paraît que la ville ancienne s'étendait à deux milles plus loin vers l'est , et vers le lieu nommé depuis le Yieux-Sidon. Sidon est encore une ville assez commerçante , parce qu'elle est l'entrepôt de la vallée de Balbék et de celle de Damas : on y compte environ neuf mille habitants , six mille Turks , et trois mille chrétiens. Quelques vieux môles , un port comblé et quelques pans de murs, voilà tout ce qui reste de l'ancienne 3idon.

De Sidon à Beyrout il y a 10 lieues. Le I^iban serre la côte , et l'on voit à mi-chemin sur la pente des montagnes le bourg de Déïr-el-Iiamar, le siège de

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l'émir ou prince des Druses, qui commande également aux Druses et aux Marronites, et qui est à moitié chrétien et à moitié Musulman. Ce prince va publiquement à la mosquée, et il a dans son palais une chapelle chrétienne. Les Druses sont des Musulmans de la secte d'Ali , qui mêlent dans leur culte des pratiques idolâtres , et les Marronites sont des chrétiens du rit grec, unis à l'église romaine, qui ont conservé «ne liturgie et dès coutumes particulières. Ils vivent les uns et les autres dans les mêmes lieux et (Jonfondus sous le même gouvernement; mais les Druses habitent phis particulièrement cette partie du Liban, qui est entre Sidon et Beyrout, et les Marronites celle qui est entre Beyrout et Tripolis et qui est connue sous le

nom de Kesrouan.

La route de Beyrout à Tripolis traverse l'Aoula et le Thamour, et côtoie le pied des montagnes qui présentent sur leurs pentes un amphithéâtre de terrasses élevées les unes au-dessus des autres au moyen de murs en pierres, construits sans ciment. C'est tout à la fois le canton le mieux cultivé de la Syrie et le plus varié dans ses cultures : on voit sur tous les coteaux des vignes , des oliviers et des mûriers, et dans tous les bas-fonds des prairies, des champs de blé,

de coton et de tabac.

La ville de Beyrout, l'ancienne Bérythe, est située sur un promontoire élevé, baigné par la mer sur trois côtés. Sur le reste de son pourtour , on l'a fermée d'un mur, pour la mettre à l'abri d'un coup demain; mais elle ne pourrait pas soutenir un siège, parce qu'elle est dominée sur le front de la, campagne par les hauteurs voisines. Sa rade est mauvaise, et son

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port, qui ne peut recevoir que des bateaux, est ferme par une simple jetée. Beyrout sert d'entrepôt aux Druses et peut avoir 6 mille habitants , 2 mille Turks et 4 mille chrétiens. La plaine triangulaire , dont elle est environnée, offre un riche tapis de verdure, parce qu'elle est toute plantée en mûriers-nains, en vignes^ en maïs et en coton.

On va de Beyrout à Biblos en 8 heures et en côtoyant le pied des montagnes habitées par les Marronites, dont on aperçoit les habitations à mi-côte, ainsi que les murs en pierres sèches qui soutiennent leurs champs. Leur chef-lieu est près du village d'Antoura, au monastère de Mar-Hanna, oiî réside ordinairement leur patriarche et où il y a une imprimerie arabe, la première que l'on ait établie en Turkie. On traverse audelà d'Antoura le fleuve Adonis sur un pont d'une structure légère, qui paraît être l'ouvrage des Arabes, et, à une lieue et demie du fleuve Adonis , on trouve Biblos, qui n'est plus aujourd'hui qu'un bourg de a à 3 mille habitants, situé sur une éminence voisine de la mer. On le nomme Djébaïl, et on nomme l'Adonis la rivière d'Ibrahim. Cette rivière, descendue du Liban , se charge dans ses crues d'une terre qui rougit ses eaux : ce qui peut avoir «donné lieu à la fable des anciens, qui croyaient qu'Adonis avait été tué à; la chasse par un sanglier, dans les montagnes où la rivière prend sa source. Ces montagnes, dont on côtoie le pied, quand on va de Biblos à Tripolis, sont les plus élevées du Liban , et elles vont se pyramider au nord de Balbêk, vers les sources du Leontès, de l'Oronte et de la Qâdicha; et c'est sur leur revers occidental , aux environs du village de Bécharraï et du

monastère de Kanobin, que Ton voit ces cèdres sî vantés, dont il ne reste plus que quelques groupe».

La distance de Biblos à Tripolîs est de la heures. On trouve à mi-chemin les ruines de Botrous dans le misérable village de Botroun; et après avoir traversé un contre-fort du Liban, qui projette le cap Beau, on entre dans la plaine de Tripolis, arrosée par la Qâdicha qui descend , comme le Leontès , d'une des plus hautes sommités de la chaîne syrienne : c'est la partie de cette chaîne, comprise entre ces deux rivières, qui forme le Liban proprement dit.

Tripolis, ainsi nommée parce qu'elle fiit formée dès l'origine de trois villes distantes entre elles d'un stade, et peuplées, Fune par les habitants d'Aradus, la seconde, par ceux de Sidon, et la troisième, jpar ceux de Tyr, est située dans une plaine resserrée entre la mer et le Liban , et elle est encore divisée en deux quartiers, celui de la marine et la ville proprement dite. Le premier n'est formé que de quelques groupes de maisons , et occupe le pourtour d'une baie demi -circulaire, qui s'ouvre vers l'ouest: la ville est bâtie à une lieue plus à l'est, au pied du mont Liban et au fond d'un vallon , d'où sort la Qâdicha : ce qui en rendrait la défense impossible, à caiise des hauteurs environnantes. Le quartier de la' marine est ouvert, et n'est défendu que par quelques tours; mais la ville est fermée d'un vieux mur, qui s'élève en rampant sur une colline, où l'on voit un mauvais réduit servant de citadelle. On lui donne 12 mille habitants, 8 mille Turks et 4 mille chrétiens : elle est la résidence d'uti pacha qui partage avec celui d'Acre le gouvernement de la Phénicie, et le siège d'une factorerie européenne qui

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exporte les soies du Kesrouan. Son territoire, ou croissent à l'envi le mûrier, le grenadier et l'oranger, est agréablement varié , et passe pour un des plus

fertiles de la Syrie.

Le chemin de Tripolis à Laodicée côtoie le rivage. Le Liban, très -élevé vers ce point, $erre la côte, et fait dans la mer une saillie qui forme un des caps les plus avancés de la Syrie vers File de Chypre; et s'éloignant ensuite sur la droite , il laisse à découvert sur le littoral une longue zone sillonnée par la petite rivière qui vient du bourg d'Akkar, et par le Naar^el- Kébtr, Tancien Eleuthérus, qui descend comme la Qâdicha , d'une des plus hautes sommités de la diaîne syrienne. La campagùe of&é un paysage agréable: ici des vallons fertiles, là des coteaux couronnés de vignes et d'oliviers : plus loin dans les montagnes , qui bordent l'horizon à l'est , des villages perchés sur des pics et habkés par des Ansaris , restes de ces anciens Arabes eonnus par leur dévoûment à leur cheïk, nommé le f^ieux delà Moniagne.

On passe l'Éleuthérus à gué : puis laissant à gauche la petite île de Roâd , l'ancienne Aradus , connue par une source d'eau douce qui sort du fond de la mer et que l'on exploitait jadis avec un tuyau de cuir adapté à une cloche de plomb , ensuite les ruines de Tortose que les uns ont prises pour celles d'Or^ tfaosie, d'autres pour oelleë d'Anti-Radus , on passe devant celles de Marathus qui couvrent encore le plateau d'une colline , où l'on voit un vieux fort triangulaire à moitié délabré ; et l'on va à Laodicée par le bourg de Gbëbaïl , l'ancienne Gabala , où sont les restes du plus beau théâtre qu'il y eût autrefois en

Syrie. Laodicëe n'est qu'à 5 lieues de Gabala , et elle est à 1 8 lieues d'Aradus et à 3o de Tripolis.

Laodicée, nommée maintenant Ladikié ou Latakie, fut bâtie par Séleucus Nicator qui lui donna le nom de Laodice sa mère : elle est assise sur le plateau du promontoire le plus voisin de l'il^ de Chypre. Son port, fermé par une jetée à moitié rompue, ne peut plus recevoir que de petits bâtiments et n'est défendu que par une tour carrée. La ville, située à un quart ^ de lieue du port, est entièrement ouverte; mais elle est bien bâtie. Presque toutes ses maisons sont ornées de terrasses , où l'on cultive des fleurs et où l'on prend le frais en été. Le principal monument de Latakie est un arc de triomphe de 3o à l\o pieds de haut. La corniche est d'assez bon goût ; mais le style du cintre n'est pas pur et paraît de construction romaine : on présume qu'il avait été érigé en l'honneur de César qui , en allant de l'Egypte dans le Pont , passa à Laodicée et en affranchit les habitants. Près de cet arc est une mosquée, bâtie des débris d'un ancien temple, dont le portique était soutenu par des colonnes corinthiennes encore debout. Il paraît que la ville ancienne s'étendait plus à l'est, vers un coteau qui domine la ville moderne, où l'on voit les ruines d'une ancienne forteresse dont il ne reste plus que le tracé , et qu'elle descendait vers le nord jusqu'au pied du promontoire, où sont des grottes taillées dans le roc , qui paraissent être d'anciennes catacombes. Laodicée est la plus jolie ville de la Syrie, quoiqu'elle ne soit peuplée que de 7 à 8 mille habitants , mêlés de Turks et de chrétiens. L'air en est pur, et le territoire fertile , surtout en fruits. On y recueille des vins blancs , qui ont le mor-

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dant de ceux de Madère, et des tabacs qui par leur flagrance et leur parfum sont préférables à tous ceux du Levant. Son port est, comme celui d'Alexandrète, une des échelles d'Alep, et l'on y fait un assez grand commerce avec l'île de Chypre et surtout avec l'Egypte, où l'on envoie des tabacs et des vins, et d'où l'on reçoit du riz, du sucre et du café. C'est à Laodicée que finit le littoral de l'ancienne Phénicie.

Entre les deux ports de Laodicée et d'Alexandrète était autrefois celui de Séleucie, qu'un des rois Séleucides avait fait creuser à l'embouchure de l'Oronte et qui n'est plus aujourd'hui qu'une mauvaise pêcherie. La ville était au-dessus du port, sur le mont Coryphée, un des contre-forts du mont Piérius, et l'on ne pouvait y monter du coté de la mer que par un escalier taillé dans le roc , et du côté de la terre qu'à travers des ravins profonds et d'effroyables précipices : c'était sous les Séleucides la plus forte place de la Syrie.

Il y avait alors un chemin qui menait de Laodicée à Séleucie le long du rivage , eu côtoyant le pied du mont Casius, et de Séleucie à Alexandria-Kata ou Alexandrète, en côtoyant le pied du mont Piérius; mais ^ la corniche, taillée sur les flancs de ces montagnes, a été rompue, et l'ancien chemin n'est presque plus praticable : celui qui conduisait de Séleucie à Antioche, à travers la vallée de Daphné, n'est guère meilleur, parce qu'il est inondé par les eaux de l'Oronte, et il faut aujourd'hui aller traverser la chaîne des montagnes vers Schoghr, quand on va de Laodicée à Antioche. Ce chemin se dirige d'abord à l'est et passe aux villages de Balouliè, Giafar et Abdama, distants

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les uns des autres d'euviron 4 heures. L'aspect du pays change à chaque instant: des vallons agréables succèdent à des coteaux arides, et l'on trouve au milieu des plus âpres montagnes des vergers charmants, cultivés par les Ansaris. Au-delà d'Abdama , on traverse les derniers cols de la chaîne et l'on descend en 4 heures à Schoghr sur TOronte, que Ton passe sur un pont de pierre. Puis laissant à droite le diemîn qui s'élève par le village de Sarmin sur le plateau d'Alep y on se détourne vers le nord en côtoyant rOronte^ et l'on repasse le fleuve an-dessous des villages de Keftin et d'Hamzieh, d'oii l'on va directement à Antioche par la corde de l'arc que fait l'Oronte en se courbant vers l'ouest, pour aller se jeter, à travers la chaîne syrienne, dans la mer. Cette plaine est inculte, quoique de la plus grande fertilité, et l'on n'y voit plus que quelques tentes de TurLmans. Il faudrait y doubler les attelages, paix^e qu'elle est fangeuse en hiver, molle et crevassée en été. On passe une troisième fois le fleuve, lorsqu'on sort d' Antioche; et se dirigeant au nord, on s'élève à travers la plaine^ bordée à l'est par le lac Bohaïré, sur le mont Bhosus qui lie la chaîne syrienne au mont Amanus ; d'oii l'on descend sur le golfe d'Alexandrète par une vallée profonde , s'ouvrant insensiblement comme un entonnoir, et à la tête de laquelle est le bourg de Beylan. Ce bourg oiFre un aspect très-pittoresque. Ses maisons , appuyées des deux cotés aux escarpements de la montagne , s'élèvent en amphithéâtre ; en sorte que le toit des unes sert de terrasse aux autres. Au fond de la vallée coule un torrent, qui se répand en cascades et qui anime le paysage.

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Alexandrète n est plus qu'à trois lieues de Beylan , au débouché de la vallée et sur un terrain si bas, que les eaux n'y ayant point d'écoulement, y corrompent l'air. Cette place n'est plus aujourd'hui qu'une misérable bourgade, entièrement ouverte ; et si on pouvait l'assainir , il faudrait la fortifier, parce qu'elle est de ce côté la clef de la Syrie. Alexandrète sert aujourd'hui de port à Alep pendant l'hiver, et Ijao^icée pendant l'été. Le port d'Alexandrète n'est pas tenable dans l'une de ces saison^, à cause de son insalubrité, et celui de Laodicée ne l'est pas dans l'autre, parce que la jetée en est rompue et qu'il ne peut recevoir que de petits bâtiments. Il faudrait réparer le port de Laodicée et assaillir celui d'Alexandrète , en donnant un écoulement aux eaux. La plage d'Alexandrète se prolonge depuis le cap Kansir jusqu'au bourg de Pias et même jusqu'à celui d'Ayas autour d'un marécage infect, et elle est environnée à l'est par le montRhosus , et au nord par le mont Amanus qui se prolonge de l'ouest à l'est depuis le fond du golfe jusqu'à l'Euphrate et qui sépare la Syrie de l'Asie-Mineure. Le mont Amanus est comme la tête de la Syrie ; et si on voulait défendre ce pays , il faudrait relever les fortifications d'Alexandrète et celles de Zeugma, qui sont aux deux extrémités de ce massif de montagnes, et relever celles d'Aïntâb et de Djouma ou Gindare , qui sont à ses deux principaux débouchés. Quand on veut pénétrer directement du plateau de l'Asie -Mineure dans la Syrie , on traverse le mont Amanus vers £1- Bostan , et l'on descend par Âïntâb avec les eaux du Chalus dans la plaine d'Alep ; ou bien on le traverse vers Marach, et l'on descend avec les eaux du lac BohàJiré dans la plaine d'Antioche.

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