II. a
belles de TÉgypte. Le temple de Tentyra existe enedre presque en entier : sa vaste enceinte et son élégance excitent tout à la fois la surprise et Tadmiration : le portique se compose de 24 colonnes, dont diacune a a 3 pieds de tour f et c'est au plafond de l'une des salles intérieures du temple que l'on voyait autrefois le Zodiaque circulaire , transporté de nos jours à Paris. L'intérieur de l'édifice était environné d'une double colonnade, dont une partie a été ensevelie dans les sables.
Rou&, qui fleurit sous les Califes, remplaça Coptos dans le commerce de la mer Rouge, et' elle a été elle - même remplacée de nos jours par Kenné , la ville la plus commerçante de la haute Egypte. De nombreuses caravanes y viennent de Qosséîr et y apportent du café et des gommes de l'Arabie , pour en rapporter du blé, de l'huile et du miel. Kous, Coptos et Kenné sont placées aux ti*ois débouchés d'une vallée qui rompt la chaîne arabique et qui conduit à la mer Rouge par différentes routes. Le puits de la Ghitâh , sur l'emplacement de Phénicon , e&t à l'étoile où ces routes se séparent. Les deux principales mènent, l'une à Bérénice, l'autre à Qosséir: la pre^mière se dirige au sud-est, à travers des montagnes d'émeraudes, habitées par la tribu des Arabes- A babdeh qui vivent dans des grottes, comme les Troglodytes : l'autre se dirige à l'est et conduit du Kil à Qosséîr en 4^ heures à travers des montagnes habitées par des Arabes pêcheurs, vivant de poissons comme tes Icthyophages* Il serait diRicile de se foire une idée des montagnes qui bordent cette route, des formes bitarteB de leurs somiaets, de leurs flancs nus^
DANS l'empire OTHOMAN. 387
tantôt polis et tantôt raboteux , des ravins profonds qui les sillonnent , des filons diversement colorés qui les recouvrent, parce que tous ces accidents varient sans cesse leur aspect. Le fond de la vallée , formée des débris de ces montagnes, est ferme et uni, et n'offre ni montées ni pentes roides ; et quoique la route , qui la parcourt , soit simplement Touvrage de la nature, elle est aussi commode que si elle était celui de l'art. Il n'y a qu'un seul passage difficile pour les charrois, et ce passage est à la descente sur la mer Rouge ; mais il serait aisé de l'adoucir, et alors on irait de Kenné à Qosséïr aveô autant de facilité que l'on va de Paris à Orléans.
Le port de Qosséïr occupe le fond d'une baie demi-circulaire qui s'ouvre, à Test. 11 est couvert au sud par on redan de la côte, et au nord par un banc de corail et de madrépores, qui s'avance à aSo toises dans la mer, et dont la marée basse découvre Farète : c'est une espèce de quai bâti par les polypes, et il est surprenant que les habitants de Qosséïr n'aient pas songé à l'exhausser un peu, pour y construire leur ville, au lieu de la bâtir sur la plage voisine , où elle est exposée aux incursions des Arabes. Sur cette plage est une éminence de cailloux roulés qui se prolonge du sud au nord ; et c'est au pied de cette éminence que l'on a bâti la ville, et sur son sommet le château. Ija ville ne consiste guère qu'en deux rues , s'élevant insensiblement des bords de la mer jusqu'à l'esplanade du château ; et le château est un simple losange de 35 toises de côté, flanqué de 4 tours et élevé sur un soubassement en pierres de taille. Qosséïr est, comme Suez , l'entrepôt du commerce de l'Egypte avec l'Ara^