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le Kaire, Alexandrie, Rosète et Damîète: toutes les autres, évaluées au moins à la moitié du territoire de rÉgypte, furent concédées, comme des fiefs, aux Mamelouks , à la charge du service militaire ; mais depuis la destruction des Mamelouks, toutes ces terres ont passé dans les mains du pacha, qui les fiiit cultiver pour son compte par les fellah», en leur laissant seulement les deux tiers du produit, et en percevant encore sur ces deux tiers le miri, ou impôt territorial réservé au gouvernement turk. Le pacha, égyptien peut donc en quelque sorte être regardé comme le propriétaire usufruitier de la plus grande partie des terres de rÉgypte : de là ses richesses immenses , auxquelles on ne peut comparer que celles des rois. Le pacha actuel^ qui exploite TÉgypte comme son héritage , a fait dans ce pays beaucoup d'améliorations : il y a établi plusieurs manufactures, et y a introduit la culture du coton en grand, en sorte que 1 Egypte peut maintenant approvisionner de ce lainage les contrées méridionales de l'Europe; mais il s'est emparé de tout le ^^inmerce et il a ruiné tous les habitants, et prindpalemeot ks cultivateurs qui , obligés de lui vendre leurs produits au prix qu'il fixe luiméme, sont soumis en outre à toutes sortes d'exactions. Ajoutez aux extorsions du pacha les rapines auxquelles ils sont exposés de la part des Bédouins , et vous aurez une idée de l'état malheureux des felUhs égyptiens.
On sent combien cette manière d exister doit nuire au& progrès de l'agriculture. Tout l'art des cultivateurs consiste à suppléer aux pluies par des arrosen^ents. Quand le Nil a débordé, toute l'Egypte ressemble à un lac et tous les villages à autant d'îles. Alors le fei-
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lah quitte sa longue robe ou la noue sur sa tête, et passe à la nage d'un village à un autre, pour aller arroser ses terres. Les plus productives sont celles qui reçoivent naturellement l'inondation du fleuve : les âutt*es sont arrosées artificiellement, les plus élevées au moyen de roues à godet, les plus basses par des canaux dérivés du Nil , dont on soutient les eaux avec des digues à une distance plus ou moins éloignée de la prise. On inonde d'abord le terrain compris entre le fleuve et la digue: puis on fait écouler les eaux dans uncaual inférieur qui, grossi par de nouvelles dérivations, les porte contre une seconde digue, où elles s'élèvent de nouveau pour inonder le terrain adjacent, et ainsi de proche en proche on inonde tout le pays.
Le paysan égyptien ne donne que deux labours à la terre : le premier avant l'inondation, pour briser le terrain gercé par la sécheresse : l'autre après , pour le niveler et l'aplanir. Il sème ensuite et attend patiemment la récolta, qui est plus ou moins abondante, selon que l'inondation a été plus ou moins étendue. Il n'a guère que deiix fléaux à redouter : l'un est l'insuffisance de rinondatîon, qui ne lui permet pas d'ensemencer tout le terrain préparé : l'autre , l'apparition hâtive ou la durée trop longue des vents du sud, qui dessèchent les plantes avant leur maturité.
'L*Égypte est favorable à presque toutes les cultures; mais celles du doura et du maïs conviennent mieux à la haute Egypte, et celles du blé et des autres grains à la basse. On cultive la canne à sucre à llièbes, l'indigo à Girgeh, le rosier, la vigne et l'olivier dans le Fayoum , le chartame à Djiz^, l'oranger, le citronnier, le bananier et tous les autres fruits à Rosète, le riz à
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Damiète, le lin dans le. Delta, le coton partout. Tout l'art du cultivateur est de varier ses cultures, et de faire alterner une plante avec une autre, parce que les terres de TÉgypte n'ont pas besoin de se reposer. Le limon du Nil supplée à tous les engrais. On n'élève de troupeaux que pour la consommation, et on n'emploie leur fumier que comme combustible, pour suppléer au bois , extrêmement rare dans le pays.
L'Egypte est la terre la plus fertile du inonde entier; mais toutes les cultures ne lui conviennent pas également. Celles du sucre et de l'indigo exigent trop d'avances : la culture la mieux appropriée à son état actuel, parce qu'elle est la plus simple, est celle du ble et des autres grains. Le grand avantage des terres de rÉgypte sur les autres, c'est qu'elles demandent moins de travail. On a calculé que les terres de l'Angleterre» les mieux cultivées de toutes celles de l'Europe, en exigent neuf fois autant, et que la marine anglaise fait périr plus d'hommes en un an » que la construction des pyramides n'eu a pu faire' périr dans un siècle. lies bras ont toujours été en Egypte à vil prix, comme dans l'Indostan; et voilà pourquoi on y éleva jadis tant de monuments publics et tant d'édifices religieux. Tous les êtres, qui avaient quelque genre d'utilité, reçurent des hommages et un culte pviblic 'dans les temples égyptiens; mais ce culte était purement symbolique , et on a mal fait de le confondre avec Tidolâtrie, qui dans aucun pays n'a jamais été et n'a jamais pu être que la jeligion du peuple.
Deux causes nuisent également au développement de l'agriculture en Egypte , parce qu'elles tendent sans cesse à resserrer son territoire , les sables du désert
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qui poussés par les vents s'y glissent comme de longs serpents et y répandent la stérilité , et la mauvaise distribution des eaux du Nil qui, égarées aujourd'hui en trop de canaux et ne pouvant repousser celles de la mer, les oïit laissé pénétrer dans les terres. On peut empêcher par une meilleure distribution des eaux du Nil l'envahissement de celles de la mer; mais il est difficile de s'opposer à celui des sables. On ne peut que le retarder, en bordant le désert de sycomores et de palmiers : prévoyance qu'on ne doit guère attendre d'un peuple aussi opprimé que les Egyptiens*
La terre en Egypte est presque partout nue et dépouillée d'arbres, et elle afflige par son aspect et par sa nudité. Quelques palmiers sur leur tige grêle , semés de distance en distance ou groupés par bouquets, diversifient seuls la monotonie du paysage. On a réuni les habitations dans des villages murés, pour les garantir des incursions des Bédouins ; et pour garantir les villages des inondations, on les a presque tous bâtis sur des chaussées ou sur des terrains élevés. Tous les murs .d'enceinte sont en terre, ainsi que la plupart des maisons : les plus grandes n'ont qu'un étage, qui se termine ordinairement en un cône pointu, servant de poutailler ou de colombier. Les hommes , les chevaux , lies ânes , tous les bestiaux habitent pél6mêle le rez de chaussée, où il n'y a pour tous meubles, comme dans la tente du Bédouin, qu'une natte de joncs et quelques vases de terre ou de fer. Les meubles plus recherchés, les tapis, les sophas, les coussins, les ustensiles de cuivre ou d'argent sont réservés pour les habitations des villes, en général plus solidement bâties et recrépies de plâtre ou de chaux.
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On trouve en Egypte presque toutes les nuances de l'ctat social, depuis l'homme pasteur jusqu'à l'homme dépravé par le luxe ; mais on n'y trouve point l'homme perfectionné par les arts, parce que ce pays, qui en a été le berceau , ne les reçoit plus que par emprunt Les Turks seuls y jouissent de quelques comnoodités de la vie ; mais les Bédouins y vivent comme des sauvages, et les fellahs comme des serfs.
Les arts les plus nécessaires à la vie y sont encore dans l'enfance , et ils y sont presque tous exercés par des étrangers ou par 'des liommes, dont on a proscrit la religion. Les poteries que l'on fait à Ballâs, les toiles de lin faites à Siouth , les schâls de laine fabriqués dans le Fayoum, les toiles de coton que l'on tisse partout, sont l'ouvrage des chrétiens, et la grossière joaillerie , que l'on fait au Kaire et à Alexandrie, est l'ouvrage des Juifs. Les Européens ont envahi le commerce d'Alexandrie et de Bosète, les Syriens celai de Damiète, les caravanes de Sennâar et de Darfour celui de la haute Egypte, les caravanes de Djedda et d^ambo celui de Qosséir et de Suez , le pacha actuel "celui de tout le pays. L'Egypte échange avet l'Europe ses grains et surtout son coton contre du drap , des bonnets , des armes et des marchandises coloniales : avec la Syrie son riz contre de la soie et du vin : avec l'Arabie son blé contre dû café, des gommes et de l'encens. Les Arabes ne pourraient pas vivre sans ce corn-* merce , à cause de l'aridité de leur pays qui ne leur permet pas la culture du blé ; et voilà pourquoi l'Arabie sera toujours sous le rapport des subsistances dans la dépendance de l'Egypte.
Mais l'Egypte , par sa position entre l'Asie et l'A-
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frique sur la raute la plus courte de l'Europe dans rinde y ne fait pas seulement le commerce de ses produits propres , elle fait encore celui des pi'oduits étrangers, qui afflueiit de toutes parts dans son sein. L'A^ frique intérieure lui envoie ses drogues > ^& plumes d'autruches, ses dents d'éléphants et sa poudre d'or ^ l'Arabie ses parfums» l'Inde ses s€hals;^et c'e^t eU^ qui fournit les marchés de l'Europe de ces précieuses marchandises. Le Kaire , qui est le siège de son gouvernement, l'est aussi de son commerce, et les villes, qui bordent la Méditerranée , tilles qu'Alexandrie , Rosète et Damiète, ne sont en quelque sorte que ses comptoirs.
Marseille , avant la révolution , faisait presque tout le commerce extérieur de l'Egypte, qui depuis. a passé à Trieste, à Livourne et en Angleterre. Ce qui a nui à notre commerce avec l'Egypte, indépendamment du monopole exercé par le pacha, c'est l'excès des droits dont on a surchargé les marchandises ég}'ptienne6 à leur introduction en France et qui ne permettent plus aux Français de les acheter dans les marchés de l'Égypte , en concurrence avec les négociants des autres pays. Il faudrait modérer ces droits ou même les supprimer. Il est difficile d'évaluer avec justesse le montant du commerce extérieur de l'Egypte, parce qu'il est aujourd'hui dans les seules mains du pacha ; mais on le porte à près de loo millions de francs, et le l^é* iiéfice , qui en résulte pour lui, à plus de SkO millions. L'Egypte reçoit la balance de tous les pays et ne la paie qu'à T Arabie, par où son numéraire s'écoule dans l'Inde; mais d'un autre coté le commerce de l'Arabie lui est avantageux ,^ parce qu'elle y verse l'excé*
dant de ses grains, et qu'elle en retire les marchandises tes plus précieuses, qui entrent danS son commerce d'exportation avec l'Europe.
On évalue le produit territorial de l'Egypte à 80 millions de piastres fortes ou à 4oo millions de francs au moins, et celui de son industrie manufacturière et commerciale à 100 millions au plus. La Hollande et l'Egypte occupent les deux extrémités opposées dans l'échelle industrielle des nations. L'industrie manufacturière et commerciale donne à la Hollande près de la moitié de son re^nu : elle n'en donne pas un cinquième à l'Egypte , et le revenu général de ce pays ne peut pas être évalué au-delà de 5oo millions , sur lesquels le gouvernement prélève en redevances sur les terrés inféodées au moins 60 millions , en impôt territorial â5 millions, en produit de douanes 10 millions'y en autres impôts indirects 5 millions, en tout 100 millions, sans compter a 5 millions au moins arrachés aux Egyptiens par des extorsions de tout genre. C'est le quart du revenu général. Une partie de ce revenu passe en tributs ou en présents à Gonstantinople : le reste est employé à l'administration ou à la défense du pays. Le pacha actuel entretient à son service une armée de 3o mille hommes, qu'il pourrait aisément porter à 4o et même à 5o mille.
L'armée égyptienne est aujourd'hui organisée^ en partie, à l'européenne. L'infanterie est divisée en brigades, chaque brigade en deux régiments, chaque régiment en 4 bataillons, chaque bataillon en 8 corn* pagnies de 100 hommes. Ses armes sont le fusil à bayonnette et le sabre. L'habillement du soldat tient le milieu entre l'habit serré des Européens et l'habit
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ample des Orientaux. La cavalerie est restée organisée sur l'ancien pied, parce qu'il a été reconnu que la cavalerie des Mamelouks , la même que celle des Spahis Turks, est une des meilleures cavaleries légères qu'il y ait au monde. La principale force de la cavalerie est dans son agilité et dans la vitesse de ses mouvements : or nulle cavalerie n'a plus d'élan que la cavalerie égyptienne, recrutée parmi les Turkset les Mamelouks. Ces cavaliers montent presque tous des chevaux arabes : ils ont des étriers très-courts, et ils sont emboîtés dans une selle qui les couvre par-derrière jusqu'aux reins et qui leur offre par-devant un point d'appui dans un pommeau très-élevé : ils dirigent leurs* chevaux avec une simple bride , et ils les lancent au galop pour les arrêter ensuite tout court: ce qui ruinerait promptement ces animaux, s'ils n'étaient presque tous d'une souplesse, à se prêter à tous les mouvements. Les cavaliers Égyptiens ont pour armes une carabine et un cimeterre ou une lance. L'art de se servir de ces armes et de gouverner leurs chevaux fait toute la science des cavaliers. Ils s'y exercent dans une espèce de tournoi, où ils se poursuivent les uns les autres un javelot à la main. L'adresse consiste à lancer ce javelot avec justesse, et à l'éviter en se détournant. Du reste ils ne savent que caracoler, et on n'a jamais pu parvenir à les faire mouvoir de concert. Leurs turmes ou pelotons ne se forment qu'au moment du combat. Les plus hardis cavaliers composent les premières turmes; et quand elles sont repoussées, ils se précipitent tous en masse et avec une fureur aveugle sur l'ennemi. Leur choc est terrible , et si on se laisse entamer, on est enfoncé en un clin d'œil ; mais si on les reçoit sans se
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rompre^ ils fuient et disparaissent avec la même vitesse qu'ils sont venus. Il parait que leur manière de combattre est celle des anciens Parthes.
Les Bédouins forment en Egypte^ une seconde es* pèce de cavalerie. L'aspect du Bédouin a quelque chose de hideujL. A demi*nu, avec un long sabre à sa œialure et une longue carabine en bandoulière , il est presque toujours étendu nonchalamment par terre, à côté de son cheval qui paraît aussi maigre et aussi efflanqué que lui; mais à peine l'a-t-il monté, qu'il se redresse avec fierté, fend le désert avec la rapidité du trait, et qu'après avoir déchargé son fusil , au grand galop de son cheval dont il tient la bride entre les dents, il saisit son sabre et s'élance sur l'ennemi, comme un tigre sur sa proie.
L'artillerie est l'arme la plus négligée en Egypte. Cette arme est trop compliquée pour l'état social du pays. Celle de la marine, qui l'est encore davantage , n'est guère composée que de bâtiments et de matelots étrangers. Les Égyptiens ont toujours été peu propres à ce service. Le port d'Alexandrie est le seul, oii l'on entretienne des vaisseaux de guerre. On ne navigue sur le Mil qu'avec des djermes ou bateaux plats : de là l'aversion des Égyptiens, anciens et modernes, pour les voyages de long cours. Les Ptolémées , qui avaient emprunté la marine des Grecs pour naviguer sur la Méditerranée , n'eurent jamais sur la mer Rouge que des barques de joncs.
Quand on pense à ce que les écrivains anciens nous ont dit de l'Egypte et à ce qu'elle est aujourd'hui , on est porté à croire que les anciens ont été des imposteurs ou que le pays a tout-à-fait changé d'aspect. Ce^
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pendant le pays paraît avoir peu changé, et il offre toujours la même fertilité ; mais c'est qu'il est moins bien gouverné et plus exposé aux ravagea des Bédouins. Le Nil n'a pas diminué, comme on le croit; et s'il n'inonde plus aussi régulièrement la vallée qu'il parcourt , c'est qu'abandonné à lui-même et à ses caprices , il a rompu ses digues et trop élargi son lit. Enfin l'espèce humaine n'a pas non plus dégénéré en Egypte, comme on l'a dit; mais c'est que le gouvernement s'y est détérioré , et que les hommes ne sont que ce que le gouvernement les fait. Qu'on aii^éliore ce gouvernement^ el les Égyptiens modernes redeviendront ce que furent leurs pères.
L'Egypte diffère entièrement de l'Europe par son aspect, par son climat et par ses productions ; et de là tout le merveilleux que les anciens ont jeté sur ce pays. Tout les y a étonnés ; mais rien ne les y a, étonnés davantage que la grandeur et la multitude de ses monuments. On n'a pas songé que la marine ne pouvant employer les bras que l'agriculture laissait oisi&y ces bras devaient être employés à quelque chose, et que les rois égyptiens qui n'aimaient pas la guerre, comme Sésostris , n'avaient rien de mieux à faire que de creuser des canaux ou de bâtir des pyramides^ pour préserver leurs peuples de l'oisiveté, le plus grand des âéaux pour les nations, comme pour les individus.
Les Pharaons n'ont jamais pu lever sur l'Egypte plus de 3o à 4^ millions de francs ; mais la main d'œuvre a toujours été si peu coûteuse dans ce pays, qu'avec peu d'argent, ces princes ont pu exécuter de très-grands travaux. IjCS Ptoléraées furent plus riches
que les Pharaons, parce qu'ils introduisirent en Egypte les arts de la Grèce, et on leur a donné un revenu de 60 à 70 millions de nos francs, qui fut même porté, sous Philadelphe, à 80 ' ; mais les Ptolémées faisaient, comme le pàcha actuel, le commerce pour leur propre compte, et il paraît qu'ils tiraient la moitié de leur revenu, d'uue autre source que de celle de la souveraineté. Il n'est donc pas étonnant qu'avec iiu tel revenu ils aient pu entretenir des armées de 100 mille hommes et subjuguer la Syrie, qui dans d'autres temps avait souvent donné des lois à l'Egypte et qui jusqu'alors n'en avait jamais reçu d'elle.
Les anciens, en racontant de l'Egypte des merveilles qu'ils ne comprenaient pas, ne les ont donc pas inventées ; mais nous avons dans les limites naturelles du pays une preuve qu'ils ont exagéré sa population. En supposant que toute l'Egypte fût alors cultivée et que le revenu industriel et commercial formât un tiers du revenu territorial , ce qui est au-delà de toute vrai- ^ semblance, l'Egypte n'a jamais pu donner un revenu général de plus de 3 à 4oo millions de francs et nourrir plus de 5 à 6 millions d'habitants. Diodore ne lui en donne même que 3 millions. Tout ce que les Grecs ont rapporté de ses innombrables armées et de ses immenses richesses, doit donc être relégué au rang des fables.
I. L'argent valait alors trois fois plus qu'aujourd'hui, et 80 millions dans ce temps-là représentaient 240 millions de nos jours : ce qui forme à peu près le revenu public des états moyens de l'Europe actuelle.
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