‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiquesChapitre 63 sur 84 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Suite du précédent.

On peut tourner lUellespont par la Troade ou par la Chersonèse deThrace. La première de ces attaques serait renouvelée des Grecs, et elle est indiquée dans riliade. Que l'on se figure la plaine de Troie, telle que je l'ai décrite ailleurs, comme une vallée semicirculaire de quatre lieues de long sur une ou deux de large, qui s'ouvre du sud au nord sur l'Hellespont, entre le cap Sigée et le cap Rhétée, et qui s'élève par les plus douces ondulations depuis les bords du canal jusqu'aux premiers gradins^ du mont Ida. A lest de la vallée coule le Simoïs, et à l'ouït, parallèlement à la mer Egée , le Scamapdre. Le Simoïs descend comme un torrent du haut du mont Cotylus, une des plus hautes sommités de l'Ida, et va se jeter dans l'Hellespont derrière le cap Sigée , après un cours de 1 8 lieues. LeScamandre, au contraire, fleuve paisible, naît au fond même de la^^ilée, au pied d'une colline près de laquelle on voit le petit village de Bounar-Bachi , et n'a qu'un cours de quatre lieues. Les deux fleuves , après avoir arrosé la vallée, réunissaient autrefois leurs eaux à l'est du cap Sigée et n'avaient qu'une même

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embouchure; mais on a détourné dans ces derniers temps le cours du Scamandre, qui va se jeter maintenant dans la mer Egée, au sud du cap Sigée, vîs-àvis l'île de Ténédos. A la tête de la vallée est le village de Bounar, sur un plateau légèrement ondulé qui . s'élève par une rampe douce jusqu'à une hauteur escarpée dont le Simoïs tourne et baigne le pied , et plus à l'ouest une autre colline moins éleVée, au pied de laquelle sont les deux sources du Scamiaindre : l'une tiède et exhalant , quand l'atmosphère est refroidie , une fumée épaisse : l'autre froide et le paraissant encore davantage pendant leâ chaleurs de l'été. Il paraît, d'après le récit d'Homère , que la ville de Troie , l'ancienne Ilion, occupait le plateau de Bounar, et que sa citadelle, nommée Pergame, s'élevait sur la colline escarpée, baignée par le Simoïs, et où l'on montre encore les tombeaux de Priam, d'Hector et de Paris. La ville était ainsi environnée à l'est et au sud par les escarpements du Simoïs, à l'ouest par VÉrinéos ou colline des figuiers sauvages, d'où sort le Scamandre, et au nord par une esplanade, devant laquelle était la porte Scée qui faisait face à l'Hellespont. Il paraît aussi, d'après l'inspection des lieux, que les Grecs venus au siège de Troie débarquèrent avec leur mille vaisseaux, qui n'étaient que de simples barques, à l'embouchure du Simoïs, entre le cap Sigée et le cap Rhétée; qu'ils tirèrent leurs barques à terre , en les disposant sur deux lignes^ à cause du pteu d'étendue du rivage ', et qu'ils

I. Il n*y a guère d'un cap à l'autre que 3ooo toises, eu sui< vant la courbure du rivage.

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