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assirent leur camp entre ces deux lignes, en les liant Tune h l'autre par un mur en terre flanqué de tours de bois, et en couvrant leur front d'un fossé large et profond, garni de palissades. Aux deux flancs ou aux deux extrémités opposées étaient h quartier d'Achille et celui d' Ajay , ^ux, mêmes lieux où l'on montre encore leurs tombeaux, et au milieu le quartier d'Ulysse et la tente d'Agamemnon , où se tenait le conseil des Grecs. En avant, vers l'ouest, s'élevait )a longue colline de Throsmos qui bordait la mer Ég^e, et à l'opppsite, vers l'est, la CaUicolone ou belle co}line qui séparait la vallée di; Simois de celle où poule le Thymbfius, et où l'on voit bs ruines d^ temple d'Apollon Tbymbréen. Cette dernière colline est encore trèsagréablement ombragée, et fslla se prolonge par les mouvements les plus doux jusque sur le plateau où Ton bâtit depuis la nouvelle Uion '. Le théâtre de la guerre s'établit dans la plainje occidentale. Au milieu coulaient le Simois et le Scamandre , 1 un à l'est , l'autre à l'ouest; et au fond, sous les murs de l'iintique
I. La nouvelle Ilion, on liiitm reeens, était regardée par les RomaiDS comme leur berceau , et elle fut érigée par eux en un municipe, qui avait son conseil général et son sénat parmi les principaux citoyens, et son magistrat suprême dans le grand* prêtre de Minerye. Son territoire ét$it divisé en ^rois phratries ou tribus , ayant chacune un phylarque y un stratège et une administration particulière, sous la dépendance de l'administration centrale d'Ilion : c'était un petit état dans un grand. Quelques voyageurs ont confondu les deux Ilion, mais à tort, puisqu'on voit encore les ruines de l'une vers le village de Bounar-Bachi et les ruines de l'autre vers celui de Khalil-Eli- Kenï.
DANS l'empike othomaw. ^99
Ilian, était le camp des Troyens qui s'étendait d*un coté vers la Callicolone, et de l'autre vers le mont Throsmos ; d'où l'an pouvait aisément attaquer et mémo tourner le camp des Grecs. Sur la premièt^e colline étaient assis les diauiL protecteurs des Grecs , sur i'au tre ceuK des Troyens^ et le champ de bataille était entre les deux fleuves, les Grecs à l'ouverture de la vallée, les Troyens au fond, les dieux tout autour, et le prix de la victoire, Troie, sur un site élevé, environné à l'est et au 9ud par le Simoîs, à l'ouest par la colline de TÉrinéos, le seul point qui pût favoriser les approches de la ville, et au nord par une esplanade où l'on voyait le camp des Troyens, en regard de celui des Grecs.
Quand on examine les diverses positions de cette plaine, on reconnaît que la position de Bounar est encore la meilleure , parce qu'elle donne les sources du Scamandre et le cours du Simoîs, et qu'en ouvrant les vallées de l'Ida^ et en particulier celle d'^nai, elle ouvre toute l' Asie-Mineure ; mais quelle que soit la beauté de cette position , elle n'est pas aussi favorable que celle de la Chersonèse dç Thrace pour tourner THellespont. Les Grecs n'avaient rien à craindre de leur temps en entrant dans le canal: ils devaient donc entrer d^ns Ja plaine de Troie par l'embouchure du Simoîs. Mais on ne pourrait y entrer aujourd'hui par cette embouchure, sans essuyer la bordée des deux premiers iihâteaux. Il faudrait donc, pour éviter ces cbât0ai||t i débarquer en face de Ténédos et pénétrée* dans la vallée par le nouveau lit du Scamandre. On po^irràit ensuite monter sur la plateforme qui borde la mer Egée, tourner le. cap Sigée et descendre des
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hauteurs de ce cap sur le premier château â*Asle; mais ce château pris, on ne pourrait parvenir au second qu'en longeant la côte ou en remontant la vallée du Thymbrius : or, par l'une et l'autre de ces routes , on aurait à traverser des gorges étroites et un terrain difficile, marécageux, où une petite troupe pourrait en arrêter une grande. Il vaut donc mieux tourner lUellespont par la Chersonèse de Thrace que par la
Troade.
La Chersonèse de Thrace est cette langue de t«rre qui semble se détacher de l'Europe comme pour s'unir à l'Asie et qui est comprise entre l'Hellespont et le golfe de Saros. L'isthme, par le^uerdle tient à la Thrace, n'a que deux lieues de large, et il était jadis fermé par un mur qui joignait les deux mers et qui était flanqué des trois forteresses de Ciàrdie, Lyzimachie et Pactiée. Cardie était au fond du golfe, Ijyzimachie au milieu de l'isthme et Pactiée sur l'Hellespont, entre Gallipolis et Ganos. La presqu'île est si escarpée sur sa côte septentrionale, que la sonde li'y trouve point de fond; mais il y a derrière le cap Bâcla, dans la baie de Cardie, un bon mouillage où il serait aisé à une flotte d'opérer un débarquement, et d'où l'on pourrait monter par des hauteurs faciles jusqu'au noyau de l'isthme. Ce noyau n'a pas en ligne droite plus de 4iOOO toises d'épaisseur, et on pourrait le défendre par une chaîne de redoutes, que l'on armerait avec l'artillerie tirée de la flotte. Le terrain est trèshaché autour de l'isthme et se prêterait à une bonne défensive. L'attaque par l'isthme a cet avantage qu'elle isole tout-à-coup la Chersonèse du reste de la Turkie, et qu'eu l'isolant, elle la prive de tout secours. Il suffit
djltxs l'empire othoman. Soi
d'ailleurs d'occuper Tisthine, pour être maître de toute Li péninsule, parce qu'on occupe alors la tête de toutes les hauteurs qui la traversent et que des plus grandes on peut descendre sur les plus petites, et même sur tout le littoral. On peut donc tourner l'Hetlespont par l'isthme de la Chersonèse de Thrace et tourner ainsi tous les forts du canal qui défendent la rive euro* péenne. Or cette rive étant plus élevée que celle d'Asie et la commandant sur presque tous les points , les défenses de la rive asiatique ne pourraient tenir et seraient obligées de capituler. On se rendrait ainsi maître des deux rives du canal; et si l'on voulait fortifier, dans le cercle des positions intérieures, les deux positions de Gallipolis et de Tchardâk, on pourrait fermer aux Turks même l'Hellespont et les emprisonner dans le bassin de la . Propontide. La Chersonèse de Thrace est donc un des points les plus sensibles de la frontière othonàane, et les Turks ne peuvent s'y défendre contre une armée de débarquement qu'en relevant la forteresse deCardie, pour offrir à leurs propres troupes un abri sous cette forteresse. Autrement, ils s'exposeraient à se faire enfermer dans la presqu'île, s'ils voulaient la défendre, ou à se faire jeter dans les marais du golfe de Saros, s'il se détachaient de la presqu'île pour couvrir la route de Constantiuople.
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