UIYALK OL' IL VOI S PLAIRA
Une barque légère s’en détacha, et glissa vers nous; un seul rameur la dirigeait; il nous fit un signe.
— Encore ce pas, dis-je ii Walter.
Soudain une jeune et belle femme, qu’un rocher avait cachée à nos yeux, s’avança vers nous ; elle était vêtue de deuil :
« Si vous avez une femme, si vous avez un enfant, me dit-elle, en me montrant ses vêtements noirs ; si vous n’êtes pas seul en ce monde, si vous aimez, c'està-dire si vous vivez ailleurs qu’en vous-même, s’il est un lieu de la terre où vous soyez attendu, n’affrontez pas la mer! »
— Je ne partirai pas, dis-je à Walter.
En ce moment, des chants harmonieux venus du beau navire traversèrent l’espace, et, comme une musique céleste, arrivèrent jusqu’à nos oreilles en sons doux et caressants. — L’Aurore sortit du sein des eaux; — devant son front radieux, les vapeurs du matin disparurent, le ciel sans limites s’ouvrit devant nous, — la barque était à nos pieds, apportée par la vague paisible.
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Celui qui contemple l'abîme, lui appartient; déjà nous avions quitté la terre, et la brise empressée, soulevant doucement notre esquif, nous avait poussés vers le brillant navire.
Sur sa poupe, on voyait représentée en relief, et avec un art exquis, l’histoire de tous les navigateurs célèbres qu’il avait conduits aux découvertes dont s’est agrandi le monde, et les faits principaux qui avaient signalé ces découvertes. Les voiles étaient d’un tissu si fin et si solide, si transparent et si impénétrable, qu’elles se confondaient avec le vent, dont elles avaient la couleur, sans en perdre le plus léger souffle.
Des banderoles, vert et or, que la main d’une fée pouvait seule avoir brodées, flottaient au-dessus de chacun de ses mûts, qui, si grands qu’ils fussent, semblaient être sortis des ateliers d’un bijoutier, tant les ciselures et les incrustations de toutes sortes dont ils étaient ornés jusqu’à la cime étaient d’un travail précieux;— et, pour couronner cette œuvre merveilleuse, — on voyait des groupes de petits anges, avec leurs ailes déployées, voltiger entre les cordages, qui étaient tous, même les plus gros, tressés de fils d’or, d’argent et de soie, et faire l’oflice de mousses avec une grâce extraordinaire et un ordre parfait.
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Les passagers avaient ces mines hautes et liéres qui appartiennent à ceux qu’attendent de nobles destinées; et quant aux matelots, ils avaient tous l’air d'ôtre pour le moins des princes déguisés.
Debout sur le pont et parée d’une robe aux mille couleurs, les cheveux ilottauts, un bras tendu vers nous comme vers des hôtes attendus, se tenait, entourée de ses compagnes, gracieuses comme elle, une femme, que dis-je? une déesse au sourire divin. Des fleurs naissantes couronnaient sa tète ; sur son front brillait une étoile, et sur son sein dormait un enfant beau comme l’Amour, si ce n’était pas l’Amour lui— môme.
— Je suis l’Espérance, dit-elle; soyez les bienvenus.
— L’Espérance! dit Walter troublé en jetant sur elle un regard de défiance.
— L’Espérance, dit le fou, c’est-à-dire la sœur du Sommeil qui suspend les peines, et de la Mort qui les finit.
A peine avions-nous mis les pieds sur le navire enchanté, qu’un vent propice enflant ses voiles diaphanes, nous fûmes emportés vers des régions inconnues.
Et les gais matelots chantaient ainsi :
VOYAl.E OU IL VOUS PLAIDA. 119
« Celle qui embellit le présent, toujours triste, des rêves brillants de l’avenir, c’est l’Espérance.
> Le moment n’est rien ;
« Hier était quelque chose, aujourd'hui n'est que la veille de demain ; mais demain est si beau !
« Entre le passé enchante et l’avenir enchanteur, que peut faire le présent, lui qui n’est qu’un simple mortel, si ce n’est de nous conduire de l’un à l’autre, guidé luimême par l’Espérance? »
Et une des jeunes filles, prenant une harpe, chaula il son tour :
« Celui qui a tout perdu n’a lieu perdu, si je lui reste ; car c’est moi qu’on a nommée l’indomptable Espérance, celle que rien n’abat, celle qui survit à tout.
« C’estgrêccà moi qu’on supporte la vie;
« C’est grâce à moi qu’on cherche la mort ; car le temps lui-même m'appartient, et je suis ce qui manque à chacun.
« J’ai pour sœur l’illusion, qui a des chants divins pour les douleurs humaines, qui endort tous les maux ; j'ai pour ennemi le Vrai, qui de sa voix grossière les réveille.
« Le Vrai est l'ennemi de l'homme.
VOYAGE OU IL VOIS PLAIllA.
« Quand, las de déchirer en vain le sein d’une terre ingrate, le laboureur épuisé abandonne sa charrue, c’est moi qui lui montre ses moissons déjà mûres, et le sillon interrompu s’achève.
« Vient l’orage qui détruit tout, — mais il a espéré.
« Quand une tombe vient de se fermer, et que sous la lourde pierre semblent ensevelies à jamais, avecceque lu as aimé, toutes les joies de ta vie, c’est moi qui soulève cette pierre et qui en fais sortir celui d'où te viendra, qui que tu sois, la consolation, — mon frère, l’aimable Oubli.
« L’Oubli, par qui lu seras infidèle sans remords. ■
Le navire fendait toujours les Ilots dociles; mais la jeune fille avait cessé de chanter et les matelots avaient cessé d’écouter.
Le soleil s’était emjiaré de l’univers. C’est à peine si un nuage, mais léger et qui semblait comme un point sur la pourpre du ciel, faisait tache à la splendeur de celte belle journée.
La main sur le gouvernail, le pilote contemplait l’espace et semblait l’interroger.
Bientôt, sur un geste de lui, les barques furent mises à la mer.
Loqlemps nous la suivîme des yeux, mais elle ne detail point revenir
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L’Espérance avec son charmant cortège y descendit. — Elle nous jeta, on nous quittant, un doux adieu et un plus doux sourire; puis elle s’éloigna, et celte séparation fut si subite, que nous ne songeâmes même pas à la retarder.
Longtemps nous suivîmes des yeux la voile inconstante qui la poussait vers de nouveaux rivages; mais elle ne devait point revenir, et le regard qu’elle nous avait jeté en partant avait été le dernier.
Quand la barque eut disparu tout à fait, et que nous reportâmes les yeux sur ce qui nous entourait, tout était changé autour de nous. — Et, comme l’Espérance, le soleil lui-même semblait nous avoir abandonné; des nuages s’étaient amoncelés sur nos têtes, et notre navire ressemblait à tous les navires.
« Que me contez-vous là? nous dit l’homme sans cervelle; — ces matelots ont toujours été de pauvres matelots; ces passagers sont de bonnes gens, qui maudissent, à l’heure qu’il est, l’envie qu’ils ont eue de courir le monde; — ce pont n'a pas cessé d’être ce que vous le voyez, c'est-à-dire fragile. — Le soleil s’était levé, je vous l’accorde, mais la tempête l’a chassé, et si vous
ISi VOYACK OU II. VOUS PLAIRA.
voulez bien regarder le pilote, vous lirez daus les plis de son front que nous sommes perdus. — »
Et en effet nous étions perdus.
Les vents, tout d’un coup déchaînés, courant à travers nos cordages, secouaient nos voiles avec furie, et courbaient notre navire sur les Ilots, dont la colère nous repoussait bientôt vers les deux ; la l'eur aux pieds de plomb' avait fait de chaque homme de l’équipage une statue, pas un ne bougeait, et la mort était si près de nous, que pas un non plus ne criait, — les plaintes ellesmêmes ayant cessé.
Les craquements de notre vaisseau, dont les flancs déchirés s’emplissaient de tous côtés, se mêlaient seuls aux mille clameurs de l’abime.
On nous fit jeter à la mer tous nos bagages. « Jetez, disait l’homme sans cervelle, jetez jusqu'au luth des séraphins, jusqu’aux ancres d’or! n’oubliez ni les banderoles, ni les devises; et quand vous aurez tout jeté, faites un dernier paquet de vos espérances, et jetez-le avec le reste.
» Réjouissez-vous donc, disait-il encore, tous tant que vous êtes ; vous allez mourir loin de ce que vous aimez : les larmes de vos amis vous feraient mourir une heure plus vite, et plus mal. »
VOYAGE OL' IL \OHS PLAIIM.
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Et à de pauvres diubles qui se désespéraient: « La tempête est un voleur de grand chemin qui sait son métier : — tout le monde ne peut pas arriver à bon port. — Que deviendrait la terre si la mort ne fauchait pas quelquefois ce pré, où la vie sème sans cesse? — C’est une surprise que nous fait le destin; aimeriez-vous mieux mourir de la peste ou de la faim? Priez, l'eau ne lave |>as toutes les souillures. »
Et s'agenouillant lui-même: « Le malheur fait plus d’amis à Dieu que le bonheur, et on dit que nous sommes braves! *
Nous songeâmes un instant à abandonner le vaisseau , mais l’homme sans cervelle s’y refusa. « Je m'y trouve aussi bien qu’ailleurs pour mourir, nous dit-il; le mal qu’on se donne pour vivre est incroyable. »
Tout à coup un dernier, un horrible craquement se fit entendre; Walter, que son sang-froid n’avait pas abandonné un instant, et qui aurait sauvé le navire s’il avait pu l’être , me saisit par la main. — Je sentis vaguement que le pont s'abîmait sous mes pieds, et je perdis connaissance
Quand je rouvris les yeux , Walter et moi nous voguions seuls, seuls avec la tempête, sur la mer en courroux; — il ne restait de notre navire que le mât sur lequel je me trouvais, grâce à Jean sans doute, accroché. « Voilà, me dit-il, une tempête qui doit être belle à voir du rivage. »
l'n coup <le tonnerre lui répondit!
— « Marie! Marie! » m'écriai-je.
Au même instant, et au milieu des mugissements des (lots et des éclats de 1a foudre, il me sembla entendre, mais entendre distinctement, trois petits coups, comme ceux qu’un visiteur discret aurait frappés à une porte.
fie bruit insignifiant, ce bruit impossible se faisant entendre dans un moment pareil, me remplit d'une terreur si grande que j’oubliai tout, et l’ouragan, et l’abîme, et les vagues montant jusqu'aux cieux, et la mort, dont un instant auparavant il me semblait déjà sentir sur moi la main glacée , pour prêter l'oreille de nouveau.
lit la tension de mon esprit fut telle , et je m’isolai si bien de tout autre bruit, que je créai autour de moi comme un silence nouveau, au milieu duquel je pouvais entendre et compter Ira battements même de mon cœur.
Ce fut alors qu’une seconde fois j’entendis, avec une
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YUYAUK OU II. VOI S PLAIHA. ISS
angoisse inexprimable, le bruit que fout trois coups frappés à une porte. Bien plus, ces trois coups me rappelèrent ceux que Walter avait frappés chez moi, quand, par sa présence inattendue, il était venu m'arracher à mes rêves de bonheur et au lendemain fortuné qui m’attendait.
Évidemment, ces trois coups étaient frappés à une porte; bien plus! c’était à ma porte même qu’on frappait, et mon oreille, devenue un instant infaillible, n’en pouvait plus douter.
Mais ce bruit, à cette heure suprême, ce bruit qui semblait annoncer une visite à un homme qui n’avait plus qu’à mourir, ce bruit que j’entendais et qui n’existait pas, et qui ne pouvait pas être entendu , d’où venait-il, et ou étais-je? Ma ra.ison s’égara, et mon épouvante fut
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telle que j’abandonnai le mât qui me séparait encore de l'abîme; mes mains crispées trouvèrent une dernière fois la force de se joindre : « Mon Dieu! m’écriai-je, mon Dieu et Marie! » Puis l'air me manqua. Je descendais dans un gouffre sans fond, mou sang battait dans mes tempes, des montagnes d’eau comprimaient ma poitrine, mes yeux éperdus entrevoyaient des monstres gigantesques, des créations bizarres, des forêts flottantes, des mondes nouveaux; j’étais tour à tour emporté dans des courants d’eaux chaudes, et arrêté par des écueils
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VOYAIïK OU IL VOUS HUI H A.
de glaces. — J’allais mourir, que sais-je? jetais mort peut-être.
A cet instant, au dernier souflle de ma vie en ce inonde, ou au premier de ma vie dans l’autre, j’entendis, pour la troisième fois et comme une moquerie du destin, le bruit de ces trois coups, qu'une main, je ne sais laquelle, aurait frappes à ma porte, — et ces trois coups étaient si nets, si précis, et ils témoignaient si bien de l'impatience obstinée, quoique timide, qu’avait celui qui frappait de recevoir une réponse, — que, cédant à un mouvement auquel je ne saurais assigner déraison, — et faisant un effort immense pour produire un peu de vide autour de moi, et parler :
— « Entrez! m’écriai-je, entrez donc! »
Dis-toi, lecteur bienveillant, que quand du sein des Ilots où j’étais englouti, je vis s’ouvrir la porte de ma chambre, — une porte qui devait bien être éloignée de moi de quinze ou dix-huit cents lieues, je dus être plus étonné que tu ne saurais l’être de l’entendre seulement raconter.
Ma porte s’ouvrit donc.
C’est l'balit de M Franz, me dit Kolb dut air Inompkail, son habit de noces1
Et s’étant ouverte, elle donna passade à un tout petit homme dont je n'ai encore rien dit parce que je n’ai rien eu à en dire.
Comme beaucoup de petits hommes, il était très-flros, et, pour le reste, il ne différait en rien, depuis les pieds jusqu’à la tête, «le ce que peut être un tailleur allemand. J'ajouterai qu’ainsi que la plupart de ses confrères, il s’appelait Kolb.
« C’est l’habit de M. Franz, me dit Kolb d'un air triomphant, son habit de noces! » Et il ajouta, mais avec plus de modestie : « Ec pantalon n’est pas encore tout à fait terminé. »
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LA VIE EST l!N SONOE.
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« — Que diable me dites-vous là! m’écriai-je indigné; il s’agit bien d’habit et de pantalon ! Parlez-moi de l’espérance, M. Kolb, et du vaisseau englouti, et de Walter, et de la mort, et des monstres sous-marins,
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et (le l'univers bouleversé, et de Marie à jamais perdue! »
Ici la ligure de Rolk prit une expression singulière ; au lieu de me répondre, il regarda la porte, dans l'intention évidente de s’enfuir; mais je m’opposai à son projet, et le saisissant par le bras: « Kolb, lui dis-je, mon bon monsieur Kolb, au nom de Dieu, dites-moi la vérité : où sommes-nous? comment vous trouvez-vous ici? est-ce que nous n’avons pas cent pieds d’eau par dessus la tête? »
Mais kolb était déjà bien loin : ayant fait un effort désespéré pour se dégager, il était parvenu à m’échapper, laissant entre mes mains — mon habit neuf!
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VOYAGE OU It VOUS PLAIRA.
■ M. Franz est fou ! » criait Kolb au milieu des escaliers.
l'eu à peu mon sang avait repris un cours plus régulier; l’air froid venu de In porte, laissée ouverte par Kolb épouvanté, avait frappé mon visage et réveillé mes esprits. Je restai quelque temps encore dans cet état qui
Je rtsUi quelque temps encore dans cet étal, qui n est di la veille di le sommeil, puis ma vue s'éclaircit tout i lait.
YOVAC.K OU IL VOUS PI.AlnA.
n’est ni la veille ni le sommeil, puis ma vue s’éclaircit tout à fait. Grâces au ciel, j’étais éveillé. — J'étais dans ma chambre, — ma chère petite chambre bleue, — pareille en tout à celle de Marie. — C’était bien cette belle image de la Vierge devant laquelle, dans mes bons jours, je ne passais pas sans émotion ; et sur ma cheminée était encore ce petit bouquet de bruyères roses et de violettes d hiver que m’avait donné Marie et que j avais cru emporter avec moi quand, dans mon rêve, W alter m’avait entraîné à sa suite. C’était bien ma pipe, pourquoi oublierais-je ma pipe? et à côté de ma pipe ce redoutable kanaster dont la fumée, mêlée aux souvenirs confus de mes années de voyage, avait produit tous les fantômes de cette nuit agitée.— C’était dans mon fauteuil que je m’étais endormi, que j’avais couru lesarentures, que j'étais parti enfinet revenu ; mais de coursiers ailés et de navires, de voyages, et de naufrages, et de morts, il n’était pas question. Je n avais fait qu’un rêve, et, — qu’on me le pardonne, — qu’un mauvais rêve.
Que si ce rêve te semble un peu long, cher lecteur, je te dirai avec un sage que la vie étant un songe, l’homme qui nait s’endort, que la mort seule le réveille, et que bien que lu te croies parfaitement éveillé en ce moment,
tu t’apercevras peut-être un jour — que tu nas fait qu’un rêve.
Pour moi, quand j’eus les yeux tout grands ouverts, je me jetai à genoux. — J’étais seul, mais je l’eusse fait devant l’univers assemblé, et je remerciai Dieu de m’avoir réservé pour leçon ce dernier, voyage, et de ne m’avoir puni qu’en songe; — puis, comme c’était bien mon habit neuf que j’avais entre les mains, — je l’essayai.
Je dois dire à la louange de Kolh qu'il m’allait à merveille; aussi n’eus-je rien de plus pressé que de m’en parer pour l’aller montrer à ma petite Marie.
Ainsi que moi, la ville de *** venait de s’éveiller. Je n’oublierai jamais que la première ligure de connaissance que j’aperçus en ouvrant ma fenêtre, ce fut, tout au haut de la maison de notre voisin le tonnelier, et gravement perchée sur la cheminée, une bonne vieille mère cigogne qui, depuis longtemps, y avait établi son nid ; vous dire le plaisir que j'eus à revoir, debout sur le seuil de sa paisible demeure, cet excellent oiseau, je ne l’essaierai pas, car je serais assuré de n’y point réussir : j’étais si heureux de retrouver ces maisons connues, ces lieux, ces visages amis, qu’autour de moi tout me semblait avoir un air de fête, et que je me sentais au comr comme une seconde jeunesse.
Bref, ayant, avant d’arriver chez Marie, rencontré le vieux major, j'appris de lui deux bonnes nouvelles : la première, c’est que mon mariage ne serait différé que jusqu’au lendemain (ah! lecleur, la belle chose que la veille d'un jour longtemps attendu! — on va avoir ce qu’on désire et on ne l’a pas encore) ; — la seconde, c’est que Walter venait d’arriver, non le Walter de mon rêve, mais le cher et bon et aimable Waller dont j’ai fait le portrait au début de ce récil.
VU Y ACE Oll 11. VOUS PI.AIRA.
Noire mariage se fit à quelques lieues de la ville, dans une jolie petite chapelle où, de temps immémorial, les gens du pays, qui tenaient essentiellement à être heureux dans leur ménage, allaient se marier de préférence.
Pendant le trajet, le vieux major, qu’on n’avait jamais
Kdre ooct, dit-oa . (ul superbe . elle àta ta lotjs jouis.