‹ Voyage pittoresque à Naples et en Sicile [microform]Chapitre 43 sur 96 · IV. jj · texte numérisé non relu

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cet endroit même, sur lesquelles on voit d'un côté une tête de femme, avec cette inscription : HKAP , et de l'autre côté un loup ou un chien.

On a trouvé encore à deux milles plus haut , en se rapprochant de Carini , d'anciennes médailles d'argent de Segeste , avec quelques chapiteaux et des bases de colonnes en marbre , ce qui pourrait faire imaginer que le territoire d'Hyccara ayant été donné aux habitans d'Egeste ou Segeste, ils avaient rebâti une ville plus avant dans les terres, et qu'à son tour cette ville fut détruite , ou par les Romains, ou par les Sarrasins qui rebâtirent Carini , appelée ainsi du nom corrompu d'Hyccara. On commença sans doute à construire des cabanes sous la protection du château , et la bonté du pays a fait créer successivement le riche bourg qui y existe aujourd'hui.

Rochers de la Indépendamment de la richesse et de la ferti- 'b-'X' lité d«s environs de Carini, on peut dire que peu de parties de la Sicile offrent autant de sites curieux et extraordinaires que toute cette extrémité du cap ou promontoire où était située l'ancienne ville d'Hyccara. On en peut juger par la vue de ces roches suspendues et isolées de la manière la plus imposante. Il paraît qu'on avait anciennement construit une tour de garde sur la sommité d'un de ces rochers, pour défendre un passage très resserré dans ce lieu , appelé la Favarotta, La tour est entièrement abandonnée ,

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et ne sert plus aujourd'hui que d'ornement à ce site pittoresque et sauvage.

Nous traversâmes , en sortant de ces gorges de site général

1 et environs

montagnes, et en suivant la mer pendant trente da temple de

... *" 1 / . . Seffeste,

milies, un pays assez beau , arrose par trois pe- n^ôj. tits fleuves; savoir, le San-Cataldo, le Calatanno et le San-Bartolomeo , qui viennent se jeter dans la mer près Castellamare ; c'était autrefois le port de l'ancienne Segeste , situé assez avantageusement à l'angle d'un golfe, et sous le mont Inici, qui le tient à l'abri du nord. La position de ce Castellamare de Sicile ressemble fort à celle d'un autre Castellamare que nous avons vu près de Napjes ; c'est le même site , une anse pareille , une côte qui a la forme de celle de Sorrente, et un cap appelé San-Vito, qui ressemble beaucoup au cap Minerve ; mais tout ce pays est bien inférieur, pour la salubrité, l'agrément et l'abondance, à celui de Sorrente. Nous ne trouvâmes dans ce lieu qu'un mauvais château à peine habitable , et rien d'intéressant à voir que ses magasins de blé, Castellamare étant un des sept caricatori de la Sicile, c'est-â-dire un des lieux où se font les chargemens et les exportations des blés pour l'étranger.

Ce fut là que nous mangeâmes, pour la première fois, des figues d'Inde, le fruit de l'opuntia, plante plus connue en Amérique, et fort commune dans cette partie de la Sicile , où elle

croit d'elle-même dans les parties les plus incultes. Cette plante, qui, dans ce pays, vient jusqu'à douze et quinze pieds d'élévation, rapporte une quantité prodigieuse d'un fruit sucrin , assez agréable, surtout lorsqu'il est glacé. Ce fruit est à très bas prix, et le peuple en fait une grande consommation.

11 y a peu de pays où la nature soit en général aussi riche , aussi féconde que dans la Sicile , non seulement en blé, mais en fruits, en productions de toute espèce; mais, malgré cette abondance et les ressources que le pays peut offrir en tout genre , il en est peu qu'il soit aussi embarrassant de parcourir, et où on ait plus de peine à se procurer souvent les premières commodités de la vie : à l'exception de Palerme, où nous avions été reçus parfaitement, et de quelques villes principales, les villages, les bourgs, les campagnes, y sont absolument dénués de tout; et, sans la ressource des maisons religieuses, les voyageurs , y seraient souvent dans le plus grand embarras , même pour se loger : mais4a vue d'un lieu célèbre dans l'antiquité, d'un monument, ou d'un site curieux , pittoresque , console et dédommage de tout.

C'est ce qui nous arriva. Comme nous couchâmes sur le plancher, nous fumes le lendemain matin à cheval de très bonne heure. Nous découvrîmes bientôt de loin le superbe temple de

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Segeste, parfaitement conservé au milieu d'un désert, où la vue n'est distraite par aucun autre objet: nous y arrivâmes au lever du soleil, et comme ce temple est précisément tourné au levant, et bâti sur une hauteur, c'est de tout le pays l'objet le plus frappant; aussi l'aperçoit-on de fort loin. Il nous semblait qu'ainsi élevé dans cette solitude , il y produisait un effet encore plus imposant; il est fort extraordinaire qu'un édifice aussi isolé soit resté dans presque tout son entier, et sans qu'on puisse reconnaître dans les environs le moindre reste d'aucun autre monument.

Segeste ou Egeste , ainsi qu'il parait que cette ville a été appelée dans son origine, fut sans contredit une des plus anciennes de la Sicile. Aussi son origine est-elle entourée de tant de fables , que nous nous garderons bien de nous en occuper ici. Nous voyons seulement que les auteurs les plus graves et les plus célèbres , Cicéron lui-même, assurent qu'elle fut bâtie par Énée lorsqu'il fuyait de Troie. Oppidum pervetus in Sicilia est, dit cet orateur, quod ab JEnea fugiente a Troja, atque in hœc loca veniente, con~ dituni demonstrant. C'était l'opinion de toute l'antiquité, et Virgile, conduisant son héros en Sicile , ne manque pas de lui faire tracer l'enceinte de la nouvelle ville , dont il distribua les premières maisons à ses compagnons.

rj

Interea Mneas urbem désignât aratro Sortiturque domos , etc.

Ce fut d'après cette tradition que les Segestains élevèrent dans leur ville un temple à Énée , et lui accordèrent les honneurs divins. Dans la suite des temps, Segeste, qui était devenue Tune des plus riches et des plus florissantes de la Sicile, s'étant révoltée contre Agathocles, elle fut ravagée par ce tyran, qui changea alors son nom et lui donna celui de Diceapolis.

Quoique rapportés par tous les historiens de l'antiquité, ces événemens sont si éloignés de nous qu'ils ne peuvent nous intéresser. Nous ne saurions cependant douter que Segeste n'ait joué un très grand rôle dans les premiers âges de la Sicile. Elle fut long-temps la rivale de Selinunte, fut alliée des Grecs, et soutenue par Athènes, lors de l'expédition malheureuse de Nicias. Elle passa ensuite entre les mains des Carthaginois, qui occupèrent long-temps toute cette partie de la Sicile; mais on ignore quelle a été l'époque certaine de son entière destruction. Nous voyons , même par les détails dans lesquels Cicéron entre à son sujet, que de son temps cette ville devait être encore très magnifique, puisque ce fut d'un de ses temples que Verres fit enlever une statue de Diane qui était regardée comme un chef-d'œuvre de l'art, et pour laquelle les Segestains avaient tant de vé-

nération qu'ils n'osèrent même y toucher, lorsque l'avare préteur la fit enlever de force par les habitans de Lilibée. Tels furent les regrets et le deuil des Segestains dans ce désastre affreux , que toutes les femmes, les enfans et les vieillards raccompagnèrent en pleurs hors de leur ville, après l'avoir parfumée d'huile odoriférante et couronnée de fleurs.

On voit encore, dans le récit que Cicéron fait de cet événement (ce qui rend l'action de Verres plus criminelle), que lorsque les Carthaginois étaient en guerre avec les Segestains , et qu'ils vinrent ravager leur ville , ils emportèrent cette précieuse statue à Carthage ; mais que , dans la suite, au temps de la troisième guerre punique , lorsque Scipion l'Africain s'empara de Carthage et de tous les trésors qui y étaient rassemblés, il fit rendre aux SegesUins la statue de Diane qui leur avait été enlevée.

11 parait, au reste, que la ville même de l'ancienne Segeste était éloignée de quelque distance de l'endroit où l'on voit encore aujourd'hui l'antique édifice dont nous allons nous occuper, et qu'elle était beaucoup plus voisine de la mer. Des fragniens d'anciennes voûtes toutes délabrées, les restes informes d'un théâtre qui à peine peut se distinguer, ainsi que des débris de citernes construites avec des pierres d'une grande proportion, tout indique qu'il y avait dans ce

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lieu une ville considérable; mais on n aperçoit rien au milieu de ces ruines qui puisse faire reconnaître quelle en était la forme et la grandeur. Tout ce qu on peut voir, c'est que la situation en était peu avantageuse, étant bâtiedans un terrain inégal et un pays aride, tourmenté par tous les vents, sans fleuve, sans port, et entouré de rochers escarpés et sauvages.

Vnesdniem- C'était à la droitc de ces débris antiques, et ^^tsTt^ avant d'arriver à la ville même de Segeste , ^^^^°' qu'était élevé ce superbe temple qu'on dit avoir été consacré à Gérés; c'est du moins la tradition du pays, tradition fondée sur ce que l'usage des anciens était, suivant Vitruve , de placer ordinairement les temples et les autels qu'on élevait à cette divinité dans des lieux retirés et solitaires. '

Rien n'est en effet plus abandonné , plus isolé aujourd'hui que cet ancien édifice. Nous parcourûmes inutilement tout le territoire qui l'environne sans y trouver le plus petit vestige d'autres constructions antiques, sinon des morceaux épars de mattoni , mais si dégradés par le temps, et si ruinés , qu'ils sont presque arrondis comme des cailloux. Nous vîmes aussi quelques

» Extra mœnia idfuit conditum quod Cereris templa semper inangulis acsecessibus, quo fréquenter homines non conjluehant , ex antiqua superstitiosa consuetudine {ut Vitruvius docet) , construisolerent. (Fazklli , de Rcbus Sic. , L. VIL)

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pièces de vases grecs dans le même état, mais pas une seule pierre qui eût l'air d'avoir été mise en œuvre, ni le moindre vestige de muraille et de construction.

L'emplacement de ce temple est tellement découvert et si aride que les serpens même n'y trouveraient pas un asile. On peut dire enfin que Segeste est une des villes antiques les plus ruinées de la Sicile , et dont on conserve cependant, par un hasard fort singulier, le monument le plus entier. Il est bâti sur une éminence entourée de trois côtés d'un ravin formé par un torrent. Il est à croire que cet édifice a toujours été isolé, et qu'il fut bâti hors l'enceinte de Segeste, el dominant la ville, où l'on descendait par deux vallons.

Le plan du temple est un carré long de cent Pian géomésoixante-dix-sept pieds sur soixante-quatorze de *ïe Sege^e/ large, formé de six colonnes de face sur qua- ^''^71. torze de profondeur ; celles des angles sont égales aux autres pour le diamètre, qui est de six pieds quatre pouces sur vingt-huit pieds six pouces de hauteur. L'entre-colonnement général est de sept pieds un pouce , excepté entre les deux colonnes qui formaient l'entrée, ce qui fait une différence de neuf pouces en plus, mais qui devient presque insensible. L'entablement a dix pieds dix pouces de hauteur : la proportion de cette partie de l'édifice semblerait devoir parai-

,^o VOYAGE PITTORESQUE

tre lourde et massive sur tout autre ordre, et

cependant elle devient d'un excellent effet sur

celui-ci. • . 1 <• »

Le fronton est d'un caractère simple et tort surbaissé , ce qui fait que le temple n'a en tout que cinquante-huit pieds d'élévation , en y comprenant même les trois degrés qui régnent au pourtour. Les colonnes ont de dix à treize assises de pierres , et sont posées sur un socle qui ferme et entoure le temple, à l'exception de l'entrée , où ce socle est interrompu. Une singularité particulière au temple de Segeste, c'est que toutes les colonnes portent une espèce de tambour qui excède le fût de la colonne de deux ou trois pouces, et dont elle est entourée dans toute sa

hauteur. i- 'j

Les bossages, conservés pour la commodité de la construction , existent encore aux bases des colonnes, et à beaucoup des pierres du socle et des gradins du temple , qui ne sont point enterrées; ces mêmes bossages se trouvent répandus dans l'intérieur de l'édiBce, et notamment a

. Les moulures de rentablement ont en général peu de relief, mais ce qui forme le plus d'effet est la saillie de cette corniche, et en même temps une inclinaison asse. marquée dans les larmiers modillonnaires , qui ont de plus cet avantage de prévenir le retour des eaux sur le reste de renUblemen , et par conséquent les dégradations qu'elles occasionnent a l« longue.

quelques pierres du fronton , ce qui semblerait indiquer que ce temple n'a point été absolument terminé , ni même consacré, et que c'est peutêtre par cette raison qu'il a échappé aux incendies , aux pillages des Barbares , et que , ainsi isolé et éloigné de la ville, il a, comme celui de Métaponte, survécu à la destruction totale.

IJ ne manque, à l'extérieur de ce temple , que quelques pierres du fronton^ détachées et renversées sans doute par quelque accident particulier. La seconde colonne de la face orientale, endommagée par le tonnerre, a été réparée autant qu'elle pouvait l'être. La pierre est un tuf du même genre que celle avec laquelle a été construit le temple de Junon Lacinie dont nous avons vu les restes dans le Voyage de laCalabre, près de Crotone. L'intérieur de l'édifice est absolument vide ; on croirait cependant y entrevoir l'arrachement d'un mur, si les pierres de taille qu'on y découvre avaient une direction plus exacte.

Nous cherchâmes à l'entour du temple , dans l'espérance d'y découvrir quelques fragmens d'édifices , comme les logeraens des prêtres , qui devaient en être peu éloignés , mais nous ne trouvâmes, et à quelque distance encore, que deux morceaux de colonnes laissés au hasard , où on voit des entailles dans la pierre, à la ma-

N'ai !

nière des anciens , pour en faciliter le transport. Au reste , le plan géométral , les différentes vues, la coupe et les détails de ce monument, dessinés et mesurés avec une scrupuleuse exactitude , le feront mieux connaître que nos descriptions , qui , sans ce secours , seraient sèches et imparfaites.

Le gouverneur de Calatafîmi eut Thonnêteté de nous envoyer six hommes et trois grandes échelles; notre architecte parvint au sommet du fronton , et en mesura tous les détails. Pendant ce temps , un de nos dessinateurs prit , en se plaçant à quelque distance , une vue générale du site et du pays où cet imposant édifice est si entièrement abandonné. Un autre en esquissa deux vues plus rapprochées; Tune latérale , la seconde, de l'intérieur du temple.

A un mille environ du territoire de Segeste, en tirant un peu vers le nord, on trouve des sources d'eaux chaudes et minérales. 11 y avait même autrefois dans ce lieu, appelé aujourd'hui Calameth , du nom d'un vieux château sarrasin, des bains très fréquentés , ainsi que ceux d'Himère et de Selinunte. Ces eaux de Segeste ont de plus cet avantage que , quoiqu'elles soient très chaudes et également sulfureuses, ne passant point au travers des mines de sel, et n'en étant point imprégnées , comme les eaux d'Himère , de Siacca et de Selinunte , elles sont bonnes à

boire quand on leur a donné le temps de se refroidir.

Strabon et Diodore font mention de ces eaux et de ces bains d'Egeste. Ce dernier, surtout, en parlant des voyages qu'Hercule fit dans la Sicile, dit que lorsqu'il se trouva vers cette partie du rivage, des nymphes vinrent lui offrir de prendre des bains pour se délasser de ses voyages, et qu'il y avait dans ce lieu deux sources d'eaux chaudes ; savoir , celle d'Himère et celle d'Egeste , du nom des villes qui se trouvaient dans le voisinage. '

Si ces bains et ces eaux sulfureuses sont de nature à intéresser les observateurs et les naturalistes, le territoire de Segeste renferme aussi de quoi piquer la curiosité et exciter les recherches de l'antiquaire. Souvent, en fouillant dans les environs de ce monument, surtout parmi les ruines et dans l'emplacement de la ville antique , on a trouvé, et sans doute on pourrait trouver encore de ses anciennes médailles.

]>fous avo/is cru devoir en faire graver deux sur la même planche où sont les détails d'architecture du temple de Segeste; toutes deux en argent, et de la plus grande rareté. SurTune on

' Liltus vero ipso peragrante calidas a nymphis balneas feruntapertas fuisse^ quitus contraciam ex itineKlassiiudincm allevaret. Binœ cum sint , alterœ Himerenses , JEgesianœ alierœ, ab suis dictœ sunt. ( Diod. Sic. , L. IV. )

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voit une figure d'homme courbé, tenant une palme dans une main, et à ses pieds un chien buvant à un ruisseau. Le revers représente un guerrier conduisant un char de triomphe ou quadrige, et tenantplusieurs épis de blé ; leguerrier estcouronnépar une victoire ; dans Fexergue, au-dessus du nom 2ETE2Ta, il y a un poisson. "

L'autre médaille porte vraisemblablement une tête de Cérès, désignée par l'épi de blé qui est à côté, et sur le revers un homme également courbé, avec des chiens courant à ses pieds, et devant lui une espèce de terme, tel que les anciens en plaçaient sur les grands chemins ou dans les campagnes.

On trouvera dans la suite de cet ouvrage quelques autres médailles de Segeste , beaucoup moins rares. Le plus grand nombre, au revers d'une tète inconnue, portent un chien ou courant ou en repos. Et on verra que cette tête de femme est re-

. Qui primai ordine hoc procéda in tcdfula , numu.^ est mcu:imœ raritaiis. Eum serrai 3. Roiolo , ci.is ^grigentinus neque alibi similem inveni. Est in eo vir nudus incurvas sohs tamen cothurnis cruribus tectis , e cujus sinistre brachio Unteum , sive lorum dependet. Lœm manu nodosum tenet baculum dexterafemori applicata , inier ejus pedes stat canis lavibenti similis. Ab alia parte conspicitur vir insistens currui ab equorum citatis quadri^is tracta , qui dextera habenas régit , et spicarum manipuium sinistre brachie tenet. Victeria super^elans eum corenat . infra stat nomen cis^itatis SEFEXTA , et m irm exergo piscis . (Torrkmuzza.)

cardée assez généralement comme devant être celle de la nymphe Egesta, ce qui faisait allusion, ainsi que le chien représenté sur le revers, aux fables et aux anciennes traditions du pays.

Parmi ces médailles de Segeste , une, entre autres, nous paraît être d'autant plus curieusequ'elle se trouve conforme aux opinions reçues dans l'antiquité, sur l'origine même de Segeste, et sur les anciennes prétentions de ses habitans que leur ville avait été fondée par Enée, dans son passage en Sicile , et après la destruction de Troie. Aussi voit-on sur un côté Enée portant son père Anchise, et tenant Ascagne par la main. Une tête d'Auguste est gravée sur le revers, avec l'inscription ErHSTAiaN; ce qui prouve d'abord qu'elle fut frappée du temps d'Auguste , et ensuite le désir que les Segestains avaient de faire leur cour à cet empereur, et même à tout l'empire romain , auquel ils se faisaient gloire d'appartenir, non seulement par les liens de l'amitié et d'une alliance perpétuelle , mais comme ayant une sorte de parenté avec le peuple romain. C'est ce que Cicéron annonce dans ce même discours contre Verres, dont nous avons fait sou vent mention. Itaque Segestani^ non solum perpétua societate atque amicitia , verum eiiam cognaiione^ secum populo roinano conjunctos esse arbitrantur.

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