‹ Voyage pittoresque à Naples et en Sicile [microform]Chapitre 66 sur 96 · I- jj · texte numérisé non relu

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45o VOYAGE PITTORESQUE

chers qui n'ont pu changer de place ; le temps ni les efforts perpétuels de la mer et des courans n'ayant conséquemment altéré en rien leur forme ni leur situation.

Ces rochers , dont l'aspect est aussi effrayant qu'ils sont dangereux, sont toujours également bordés et soutenus par de grandes montagnes à pic qui n'ont jamais permis au canal de s'élargir de ce côté , et Ton voit qu'à la rive opposée la plage est basse , et le terrain composé entièrement de sable et des ponces du Stromboli : il s'est même allongé assez sensiblement dans toute cette partie pour laisser en arrière la tour du Phare; ce qui prouve incontestablement que le détroit, kwn de s'élargir, se sera plutôt

rétréci.

11 est encore très vraisemblable que le lac qui occupe cette partie basse aura été formé de même par Famoncellement des sables et des ponces qui lui auront fait une digue, et f ue ce côté, ménagé par les courans qui vont toujours frapper les cotes de la Calabre, se sera allongé; Tembouchure du détroit s'est donc resserrée, et par conséquent le danger des ocueils n en a pas diminué. Si les descriptions qu'on en fait aujourd'hui ne le rendent plus si terrible, si effrayant, c'est que ce ne sont plus les poètes qui se chargent de les faire; que la marine s'est bien perfectionnée depuis Homère , et que nos navigateurs n'y voient

plus de monstres comme autrefois; cependant il est certain qu'ils ne s'y engageraient pas avec moins de dangers qu'au temps d'Ulysse, si on enlevait tout a coup les pilotes côtiers de Messine et du Phare , qui deviennent bien nécessaires dans toute cette partie de la mer et des côtes de la Sicile.

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